AUX SOLDATS DE U FRANCE
Non» la France par yous ne sera pas trompée 1 Yoos êtes fils de ceux qui sont morts par Tépée; Vos mères» en songeant à leurs époux lointains, Autour de vos berceaux chantaient nos bulletins; C'est l'airain du canon qui sonna yos baptêmes ; Vous fûtes en naissant promis à mes poèmes ; Si déjà j'ai suivi» dans mon épique essor» Vos pères glorieux de Mantoue à Luxor ; Si, retrouvant des pleurs sous mes sèches paupières» Du triste Waterioo j'ai ramolli les pierres» Comptez que cette fois» et j'en ai fait le vœu, Nimésis^ pour vous voir» marchera dans le feu. Vos triomphes vivront en rimes triomphales : Je veux fondre en un vers chacune de vos balles ; Le papier sulfureux» déchiré par vos dents» Servira de vélin à mes hymnes ardens : A tous les noms obscurs que Torgueil pourrait taire» J'inaugure un feuillet» Panthéon militaire ; Ma muse plâoéienne accepte ce mandat ; Elle voit du même œil le chef et le soldat, La torsade d'argent, l'épaulette de laine; Vous serez tous égaux sur la brûlante plaine. Pour ceux qui tomberont dans le péril commun. Ha pieuse épitaphe aura quelque parfum :
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1T8 NiMÉfllS.
Et sans doute qu'an jour d'inconsolables mères Rouleront dans leurs yeux des larmes moins amères, Quand, songeant à leur fib, le soir, près du tison. Elles liront ici sa funèbre oraison.
Partez ; ne jetez point vos regards eu arrière 1
La YiGTomE en chantant vous ouvre la barbièrb I
Criez tous, vers le ci^l en éleyant le; yçqi: :
Nous reviendrons ici dignes de nos aïeux I
Partez ; pour accomplir yotre sublime rdle,
Vous avez avec vous le glaive et la parole ;
Soldats intelligens, apdtres citoyens,
Baptisez par le feu tous les peuples païens ;
Que notre liberté, déesse au vol agile.
Les armes à la main prêche notre évangile ;
Portez la vérité dans les stupides Cours ;
Et puisqu'après trente ans les rois sont encor sourds.
Qu'à ces débris caducs de la Sainte-Allianee
La bouche du canon demande une audj »ce.
Voilà votre destin 1 Certes, ne croyez pas
Qu'Anvers doive borner vos gigantesques pas;
Quoi I vous seriez venus pour combattre un GuiVaume I
Eh I vous manqueriez d'air dans son étroit royaume !
Une œuvre plus ardue est remise à vos mains :
La Belgique est un point rayonnant de chemins ;
Il faudra devant vous pousser les étincelles
De ce grand incendie «ilumé dtos Brus^es ;
Il vous faudra rouvrir tous les sentiers connus
Où vos pères vaiHans imprimaient leurs pieds nps :
Douze mois de repos ont aigri votre attente ;
Non, non, vous n'avez pas abandonné la tente
Pour passer la revue, amusement d'un jour.
Et rentrer dans la viUe à l'appel du tambour.
Aujourd'hui que vos pieds <mt touché la Bdgique^