AUX SOLDATS DE LA FRANCE
Fut par nos cavaliers conquise à Fabordage ; Tous ces fiers roitelets, gazoaillant sur le Rhin, Ont fait hommage-lige à l'aigle suzerain ; Ce fastueux Berlin, qui d'orgueil se prélasse, C'était notre relais quand l'armée était lasse; Le Danube a reçu de nos vieux régimens Ces lourds chaînons de fer ravis aux Ottomans ; * Quand, vers le Nord, la guerre allumait sa fournaise, Nous avions pour abri la France polonaise. Et l'Europe soumise ouvrait son grand chemin A ce grand général dont la fête est demain. *" Oui, quand les froides nuits et les soleils arides Auront plissé vos fronts de belliqueuses rides ; Quand vous aurez couché sur le sol ennemi Dans les mêmes bivacs où la France a dormi, Vous reviendrez : alors les maisons pavoisées Ouvriront, pour vous voir, leurs joyeuses croisées ; Sous cet arc triomphal, digne des temps anciens. Que le grand Empereur a fondé pour les siens. Nous verrons déborder vos vieilles compagnies Avec leurs habits vieux et leurs faces brunies ; Le bois élyséen que nous dépouillerons, De couronnes de chêne embellira vos fronts : Puis, vous irez appendre au ddme des victoires Les drapeaux ennemis blasonnés d'aigles noires ; Les vdtres, dentelés par le fer et le feu. Où ne restera plus qu'une frange de bleu. Comme de vieux bourdons au retour des croisades. Vous en déclarerez la rue aux six façades.
* On m*a montré dans le magnifiqae arsenal de Vienne la chaine eolostale qiie les Tores avaient jetée snr le Dannbe poar empêcher la navigation dans one de leurs guerres avec l'Empire.
^ Demain , 1 5 AOUT !! I La place Ywdème.
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Et devant la colonne, inclinés à genoux,
Vous direz, en passant : Es-tu content de nous?^
Adieu donc, dignes fils d'une héroïque race ; Sur le seuil, en partant, le peuple vous embrasse : Votre destin est beau ; soit qu'un jour, arrivant. Vous portiez de vos faits le bulletin vivant, Soit qu'un sol étranger vous garde un cimetière. Heureux les citoyens qui vont à la frontière 1 Plaignons ceux qui, de loin, saluant nos drapeaux. Trouveront sous leurs toits un vulgaire repos ; Hélas ! il nous faudra dans nos maisons oisives Dévorer, saiis combat, des heures corrosives ; Il faudra contempler nos insolens commis Gorgeant d'or et de croix leurs complices soumis ; Le Journal des Débats, sur la chaise curule, A la France écolière infligeant la férule ; Les lévites du centre, à cinq heures du soir. Sur Guizot-Damoclès suspendant l'encensoir; Notre Corse Lebeau buvant jusqu'à la lie La honte que Frimont lui verse en Italie ; Il nous faudra souffrir, avec leurs airs moqueurs. Les vaincus triomphans en face des vainqueurs ; Ces égoïstes froids dont la cohue errante Croit régler notre pouls sur le pouls de la rente. Qui, pour faire hausser ou le cinq ou le trois. Font manger la Pologne au grand festin des rois.
Esfr-il dit qu'au Aiilieti de ces ignominies Nous traînerons long-temps nos turpes agonies? Quand donc brûlerons-nous ces ulcères lépreux? Hélas ! notre courage est impuissant contre eux : Leur chute tant prédite est presque une chimère. Soldats ! pour consoler la France votre mère.