PROLOGUE
Par Tbémis condamnée et par le peuple absoute, Néméiii va finir la moitié de sa route ; Sans faillir une fois elle a vu deux saisons ; Déjà cinq mille vers chargent ses livraisons : Elle a tout exploré des yeux de la satire ; Mais son domaine est vaste, elle n'a pu tout dire, Et dans le champ public où sa faux a passé, Quelques faibles épis sous le fer ont glissé. Oui, Ton aime à revoir après bien des années Les chroniques du jour, fleurs si vite fanées. Sable d'évènemens épars sur le chemin.
Que chasse vers l'oubli le vent du lendemain. Eh bien ! quittons un peu le pinceau de l'histoire ; De futiles détails formons un répertoire ; Resserrons aujourd'hui, d'un cadre plus étroit, Ces esquisses d'album qu'on feuillette du doigt ; Après, nous reprendrons notre satire ardue. Œuvre grave et sévère une fois suspendue ; Néniéiis poursuivra son vol dans l'horizon Quand elle aura glané dans sa propre moisson.