‹ Œuvres de Barthélemy et MéryChapitre 52 sur 79 · À M. DREUX-BRÉZÉ · texte numérisé non relu

À M. DREUX-BRÉZÉ

Depuis que ce bâton n'a plus ton bras pour tige, Le pavillon Marsan a perdu son prestige, Le château de nos rois n'est plus qu'une maison ; L'œit-de-bœuf est éteint ; le Carrousel fourmille De cochers d'onmibus^ de chevaux sans famille Et de voitures sans blason.

Plus de jours d'audience où le prince maussade Sans prononcer un mot recevait l'ambassade ; Plus de ces grands couverts où le roi dînait seul ; Plus de ces grands levers où toujours endormie Aux yeux des courtisans la royale momie Se prélassait dans son linceul.

C'en est fait ! désormais toute chose est permise : Une reine aujourd'hui peut changer de chemise Seule, impudiquement, sans un ordre de toi ; Ils ne sont plus ces jours où, touché jusqu'aux larmes. Un garde s'inclinait et présentait les armes Devant le potage du roi.

Et devant ces affronts qui contristent les âmes Tu n'aurais rien dit, toi, vieux ami de Fitz-James ! Ton front aurait pâli devant Barbé-Marbois I Quelques pairs jacobins dans leur déserte enceinte Auraient mis sur ton banc une coupe d'absinthe, Et la Chambre t'aurait dit : Bois I

Et tu n'aurais rien dit, géant parlementaire I Le grand-maître eût fléchi devant le ministère ! Non : tu rêvas long-temps penché sur ton bureau ; Long-temps pour le grand jour tu méditas ce rôle, Et le glaive prudent de ta vive parole Resta quinze mois au fourreau.

t08 NÉHËSIS.

Bien I ta Yoix a flétri le joar des barricades ; Elle aura des échos par-delà les Orcades ; Walter-Scott te prendra poar héros de roman ; Dans son livre futur que Defauconpret guette, Il te fera marcher avec une baguette Sous la forme d'un nécroman.

Tant de fldélité mérite un grand salaire, Charles-Dix t'ouvrira son refuge insulaire ; Aux salles d'Holyrood va ressaisir tes droits ; Là de nos condamnés erre la colonie.

Pars donc, et d'un pas grave entre en cérémonie Dans la Botany*Bay des rois.

NOTES

En Tain, pour vous prouver que votre ile s'allume, Manchet ter a vingt foia retenti snr Fenclome.

Avant les désordres épouvantables qui ensanglantèreat Bristol, vers la fin de Tanaée 1831 , et dont la lenteur apportée dans la réforme fut le prétexte , quelques villes de l'Angleterre avaient déjà été agitées de violentes secousses. Manchester, ville peuplée d'ouvriers , a plusieurs fois été le théâtre de dangereuses émeutes. Ou a vu jusqu'à cent mille ouvriers s'y donner rendezvous pour y protester énergiquemeut de leurs droits et de leur volonté.

Roland de la Gironde.

M. Barthélémy a voulu dire que Roland était poussé par les girondins; car ce ministre , mari de la célèbre madame Roland , était de Lyon. Il vint au château sans boucles à ses souliers , ce qui était une grave infraction aux lois de l'étiquette. Mais, à cette époque, l'étiquette était la seule loi que les courtisans voulussent observer.

Les logogriphes de Chérin.

Ghérin était un célèbre généalogiste et blasonniste. Il fut le père du général Ghérin, un des officiers les plus distingués de l'armée française , l'ami et le conseil de Hoche.

Ni le noir écriteau qnî transforme en mairie La nef de Germain-l'Anzerrois.

Après la révolution de Juillet , l'église Saint-Germain l'Anxerrois fut fermée , et on cloua à son fronton un écriteau sur lequel était écrit : Mairie du 4^ arrondissement.

300 NËHESIS.

Ni Fhôtel moscovite aax cent vitres brisées.

Lors des évéDemens de Pologne, le peuple de Paris brisa les vitres de Pb6tel de Fambassadear russe.

Un garde s'inclinait et présentait les armes Devant le potage da roi.

Sous la restauration , au moment où le dîner du roi traversait la salle des maréchaux , le garde*du-corps de faction devait présenter les armes.

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