‹ Œuvres de Barthélemy et MéryChapitre 55 sur 79 · LE PALAIS-ROYAL EN HIVER · texte numérisé non relu

LE PALAIS-ROYAL EN HIVER

Des Frères étemels , trinité provençale.

Les Trois Frères provençaux , an des restaurans les plus renommés du Palais-Royal.

La fille de Joseph, la Rébecca da change.

On n'a sans doute pas oublié la catastrophe arrivée au changeur Joseph y assassiné > il y a quelques années, par deux Italiens y Haiagutti et Rata^ qui lui volèrent une somme fort considérable. Un fait assez remarquable , c'est que Joseph mourut de ses blessures le jour même où ses assassins furent conduits à Téchafaud. Mais M. Barthélémy fait erreur quand il dit la fille de Joseph : la personne qui tient aujourd'hui le comptoir du change, et devant laquelle on s'arrête autant pour sa beauté que pour son brillant étalage , est la femme du successeur de Joseph.

De Malthns et de Say.

Deux célèbres économistes , l'un anglais et l'autre français. Le premier est mort à Londres dans les derniers jours de 1834.

L'héroïque DqcIos.

S'il est un personnage dont on s'est occupé long-temps à Paris, où l'on oublie si vite les hommes et les choses, c'est le fameux Ghodruc-Duclos, cet hôte éternel du Palais-Royal, et surnommé Phomme à la longue barbe. On a fait sur ce personnage singulier une foule de commentaires : mais l'on sait aujourd'hui que Duclos, royaliste ardent, qui avait vingt fois, dans la révolution, compromis sa vie pour les princes déchus, ne fut pas récompensé comme on le lui avait promis alors qu'on avait besoin de lui , et comme devait le lui faire espérer la haute position de M. de Peyronnety son compatriote et son ancien ami. Ce fut alors que , privé de toutes ressources et couvert à peine de méchans haillons, il vint se fixer dans l'enceinte du Palais-Royal , où il se promenait, silencieux et fier, plus de quinze heures par jour, comme une preuve vivante de l'ingratitude des grands. Depuis la révolution de Juillet , Duclos a compris que son rôle était fini , et il est vêtu à peu près comme tout le monde ; de son ancien costume , il n'a conservé que sa longue barbe.

3ia NËMÉSIS.

Oq raconte beaucoup de traits remarquables de cet homme singulier; nous en citerons un qui donnera une idée de sa bizarrerie. Dans l'un des trois jours de Juillet , le jour où les Suisses défendirent le Palais-Royal , Duclos, qui n'avait pas quitté ses galeries , vit un jeune homme qui tirait avec plus de courage qae de bonheur contre les habits rouges : aucun de ses coups ne portait — Tous perdez votre poudre , lui dit Duclos en lui prenant le fusil des mains; tenez , voilà comme on fait. Le coup part et un Suisse tombe mort. Puis Duclos rend le fusil au maladroit tirailleur.— Puisque vous êtes si adroit, lui dit ce dernier, pourquoi n'êtes- vous pas des nôtres? — Oh ! moi, c'est différent, répond Duclos , ce n'est pas mon opinion.

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