‹ Œuvres de Barthélemy et MéryChapitre 72 sur 79 · AUX PATRIOTES DE LA R0MA6NE · texte numérisé non relu

AUX PATRIOTES DE LA R0MA6NE

Voilà les Sarvaainsl Gardiitai. Bkmiitti.

OhI le bonheur a lui sur vos nobles figures^ Enfans des vieux Latins I saluez les augures, Déposez à Tinstant un deuil silencieux, L'oiseau de la victoire a passé dans vos cieux ! Arc-en-ciel du bonheur, propice météore ! Vos palais se sont teints d'un reflet tricolore, Un éclair a doré les rivages amis; Voilà le Spartacus que je vous ai promis I * Savez-vous que jamais, depuis cet âge antique Où glissait la trirème au flot adriatique ; Depuis que Duilius, sur sa nef, oscilla ** Dans le syrte aboyant de Charybde et Scylla ; Depuis que le Troyen guidait sa flotte errante Des bouches du Timave au golfe dé Tarente,

* Allusion aux vers prophétiqaes qvti se trouTent dans la Némésîs sor r Italie

** Gains Duilius, créateur de la marine romaine, dans ]ft première gaerre punique. On lai érigea une colonne rostrale. Il fit construire les premières galères romaines d'après le modèle d^nne trirème carthaginoise échouée sur les côtes d'Italie.

kS6 NÉMÉSI8.

Jamais les vents qu'Éole enchaîne sous ses lois N*ont soufflé plus heureux du rivage gaulois, N*ont en moins de soleils, sous la voile docile. Montrant à des vaisseaux Tangulaire Sicile, Secondé, sans retard, leur vol aérien Sur les flots tourmentés du golfe d*Adrienl Ne vous étonnez point quand Tagile carène S'avance mollement sur la mer de Tyrrbène, Et qu'une voix lui dit : « Cours, on t'attend demain « Sur l'autre mer qui baigne un rivage romain, x» Oh ! sur la haute poupe un cri de joie éclate. On arbore la flamme au reflet écarlate, Le vaisseau, sous un ciel ou pur ou nuageux. Yole, comme un cheval, aux olympiques jeux. Et dans le port lointain, entrant voile tendue, Montre aux fils de Brutus la France inattendue.

Ainsi, que ce drapeau que vous voyez dans l'air Ne brille qu'un moment comme un rapide éclair; Qu'une erreur favorable et bientôt reconnue L*ait fait au même jour descendre de la nue. Soyez toujours contens, car vous avez appris De quel zèle pour vous nos vaisseaux sont épris ; Vous savez aujourd'hui, si la Romagne pleure. Qu'un vaisseau de Toulon file vingt nœuds à l'heure, Et qu'on peut maintenant, comme l'a fait Gallois, Vous porter en deux jours l'aigle ou le coq gaulois. Et puis, s'il faut encor que la noble Italie Dans la tasse d*affronts boive jusqu'à la lie. N'est-ce pas que ce signe un instant arboré, A réjoui vos cœurs comme un songe doré ? Que des pleurs ont noyé votre noble paupière En le voyant planer sur les clefs de Saint-Pierre ? N'est-ce pas que l'écho du rivage Jatin,

Page 1