‹ Œuvres de Barthélemy et MéryChapitre 73 sur 79 · LES TROIS COULEURS EN ITALIE · texte numérisé non relu

LES TROIS COULEURS EN ITALIE

Que le flot de la nuit, que le yent du matid, Ont, pour le saluer, passant sur l'Ausonie, Inventé dans ce jour quelque sainte harmonie, Un de ces grands accords d'instrumens et de voix Qu'on n'entend que chez vous pour la première fois? Nous l'avons recueilli sur l'opposé rivage, Ce chant qui consolait le sol de l'esclavage, Quand vous êtes venus, en cortège joyeux, Pour bénir l'étendard et le voir de vos yeux. Quel beau concours 1 Jamais, depuis son moyen Age, Rome n a vu passer plus saint pèlerinage ; Jamais relique auguste enlevée au tombeau N'aligna sur ce sol un cortège plus beau ; Comme aux antiques jours des fêtes Éleusines, Soit des faubourgs lointains, soit des cités voisines, Les vieillards et leurs fils se sont levés la nuit Pour voir à l'horizon l'astre nouveau qui luit : C'est qu'un large trésor de joie et d'espérance Est pour vous en réserve au drapeau de la France ; C'est qu'aux peuples captifs son vol jamais ne ment. Et que pour le bonheur de le voir un moment Vous avez oublié vos récentes injures.

Vous avez vu dans lui de propices augures. Et que vos nobles voix, qui venaient le bénir. N'étaient que l'ouverture à vos chants d'avenir.

Oh 1 les a-t-il troublés au fond de leur conclave. Tous ces hommes de sang que l'eau bénite lave, Ces louches cardinaux, ces odieux prélats» Qui sous le froc impur ceignent le coutelas ; Qui, d'un dieu de pardon implacables vicaires. Jettent l'or de l'Église à d'infftmes sicaires ; Et ce pape orgueilleux, ce saint bourreau qui rend Aux mains de ses légats les verges d'Hildebrand ;

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Et ce uoir Albani, son horrible concierge, Tout suant des parfums de l'absoute et du cierge. Qui, dans le long tableau des Saints italiens. N'a choisi pour patron que Saint-Pierre-aux-liens? Quel bruit dut éclater dans leur hideux cénacle Quand ils eurent appris ce terrible miracle, Que les saints gonds, scellés d'apostoliques sceaux. Venaient d'être rompus au vol de nos vaisseaux ; Qu'une cité, papale, au Saint^ége fidèle. Avait des trois couleurs paré sa citadelle. Et que, sans nul effroi, tous les peuples voiâns Étaient venus bénir les nouveaux Sarrasins I Oh I qu'ils doivent avoir puUié de nenvaines Du rivage d'Ostie aux couvens de Bavenies ! De combien de canons, tons pointés au hasard. Ont-ils dû foudroyer notre impie étendard. Ce fantéme d'enfer, cette impure Gorgone Qui se hissait debout sur le vieux fort d'Anctoe ? Il aurait fallu voir dans les couvens romains Les moines consternés au ciel levant les mains. Pâles, lui demandant dans leur vive prière De courber l'aro-en-ciel sur la barque de Pierre, D'entr'ouvrir la «née à 1* Ange aérien Qui dans les noires nuits frappe le Syrien.

Et voilà ce qui doit vous consoler encore I En voyiHAt s'éclipser Totre Dieu tricolore. Nobles 9n&iDs, an moins vous avex tous appris Quelle terreur il donne à vos pères couacrits ; * Combien il iMidra peu» dans les chances prochaines. Pour bris<3r en un jour d'apostoliques cbatnes,

* Les cardinaux sont aajonrdlrai les pères conscrits de Home : patns eonscfipti, Cee^»«dUtee B*atteii4ront pa» les Gaalo&i iur Wn^s chnses carnles.

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