‹ Œuvres de BeaumarchaisChapitre 252 sur 319 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

Guillaume. — Oui, mais çh'assure pas...

FIGARO à part. — Cela Se peut : il »jst fourré dans tout. (A Guillaume.]

On pourrai! voir au timbre, et s'assurer...

Guillaume. — Çh'assure pas; pourquoi"? Les lettres il vient chez M. O'Connor; el puis, je sais pas quoi c'est timbré, moi.

figaro vivement. — O'Connor, banquier irlandais?

GUILLAUME. — Mon foi !

FIGARO revient à lui, froidement. — Ici près, derrière l'hôtel"?

Guillaume. — Ein fort choli maison, partie! tes riiens 1res... beaucoup gracieux, h j'ose dire, h se retire à l'écart.)

figaro à lui-même. — 0 fortune! é, bonheur!

Guillaume revenapt. — Parle pas, fous, de s " t »'■ banquier, pour personne, entende-fous"? eh'aurais pas dû... Tartaïfle! (n frappe du pied.)

figaro. — Va, je n'ai garde; ne crains rien.

Guillaume. — Mon maître, il dit, meissieïr, vous âfre toul l'esprit, et moi pas... Alors c'esl chuste... Mais peut-être eue suis mécontenl d'avoir dit à fous...

figaro. — Et pourquoi"?

Guillaume. — Ché sais pas. — Le valet trahir, voye-fous... l'être un péché qu'il est pârpare, vil, et même... puéril.

figaro. — Il est vrai: mais tu n'as rien dit.

Guillaume, désolé. — Mon Thié! mini Thié! ché sais pas, là... quoi

tire... nu non... (Il se retire en soupirant. Ali! Il regarde niaisement les livres de la bibliothèque.)

FIGARO, à part. — Quelle découverte ? Hasard ! je te salue, il cherche ses tabicf.es.) Il faut pourtant que je démêle commenl un homme si caverneux s'arrange d'un tel imbécile... De même que les brigands redoutent les réverbères... Oui, mais un sot est un falot; la

lumière passe à travers. H dit en écrivant sur ses tablettes.) O'Collllur,

banquier irlandais. C'est là qu'il faut que j'établisse mon noir comité' de recherches. Ce moyen-là n'est pas trop constitutionnel; ma! perdio! l'utilité! El puis, j'ai mes exemples! il écrit.) Quatre ou cinq louis d'or au valet chargé du détail de la poste, pour ouvrir dans un cabaret chaque lettre de l'écriture d'Honoré-Tartufife Bégearss... Monsieur le tartuffe honoré! vous cesserez enfin de l'être! Un dieu m'a mis sur votre piste, (n serre ses tablettes. Hasard! dieu méconnu! les anciens l'appelaient destin! nos gens te donnent un autre nom...

SCÈNE IX. — LA COMTESSE, LL COMTE, FLORESTINE, BÉGEARSS, FIGARO, GUILLAUME.

BÉGEARSS aperçoit Guillaume, et lui dit avec humeur, en prenant la lettre ;

Ne peux-tu pas me les garder chez moi?

Guillaume. — Ché crois, celui-ci, c'esl toul comme... il sort.

la comtesse, au comte. — Monsieur, ce buste est un très beau morceau : votre fils l'a-t-il vu?

bégearss, la lettre oarorte. — Ah! lettre de .Madrid! du secrétaire

du ministre! Il y a aot qui vous regarde, i mit. «Dites au comte

Almaviva que le courrier qui pari demain lui porte l'agrément du roi pour l'échange de toutes ses terres. Figaro écoute, et se fait, sans

parler, un signe d'intelligence.)

la comtesse, — Figaro, dis donc à mon Mis que nous déjeunons tous ici.

figarii. — Madame, je vais l'avertir, (h sort.)

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