‹ OEuvres de Berryer. Discours parlementaires (volume 2)Chapitre 16 sur 104 · INTERPELLATION DE M. DE KKMDSAT · texte numérisé non relu

INTERPELLATION DE M. DE KKMDSAT

clara que la politique du gouvernement n*était pas changée et qlie le message présidentiel du t2 novembre 1850 restait le programme du cabinet nouveau. — M. Berryer prit alors la parole.

M. Berryer. (Profond silence.) Messieurs, en entrant, il y a peu de moments, dans cette enceinte, j'étais, je vous l'assure, le plus déterminé peut-être des membres de cette assemblée à ne pas prendre la parole.

Mais il n'est pas possible de garder le silence en face de la réponse qui vient d'être faite à notre honorable ami, M. de Rémusat. (Mouvement.)

La question qui a été adressée à M. le Ministre était une question sur un fait actuel, sur un fait d'aujourdTiui; la réponse est vague et contradictoire avec l'événement. (Mouvement en sens divçrs.)

Expliquons-nous. Le ministère nous dit qu'il est étonné d'être interrogé sur la politique qu'il se propose de suivre; qu'il prétend continuer la politique qu'il a pratiquée jusqu'à ce jour, politique à laquelle la majorité de l'assemblée marchait associée fidèlement.

Comment se fait-il que ce cabinet qui était si unanime, si complètement d'accord avec l'unanimité de la majorité, se soit séparé en deux? Gomment s'est-il séparé en deux? Dans quelle occasion? Quel jour? Vendredi dernier des interpellations ont été adressées au ministère, ou plutôt à l'honorable général Changarnier. Ces interpellations étaient motivées sur une publication faite par un journal. Je ne recherche pas 'quelle est la position de ce joiu*nal ; je ne veux pas examiner s'il a plus ou moins de rapports connus avec le pouvoir exécutif. Une publication avait été faite ; on interpelle le général. Le ministère avait une attitude bien simple. Le général était près de lui ; il demandait à s'expliquer. Il était impatient de répondre et à la publication et aux interpellations. Le ministère

n'avait en quelque sorte point à se mêler du débat. L'acte lui était, à vrai dire, étranger ; les instructions qui étaient publiées étaient antérieures à l'entrée dans le ministère de M. le ministre de la guerre. 11 n'y avait pas d'explications à donner, ou plutôt les explications étaient vivantes; elles étaient pressantes ; le général était impatient; et quand il était sous le poids d'une publication accompagnée de réflexions offensantes ; quand il était sous le poids d'interpellations qui, dans leur contexte, étaient encore plus blessantes pour lui ; quand il sollicitait une explication immédiate et si facile pour lui, le ministère a demandé un ajournement que la majorité n'a pas compris.

L'assemblée a donc voulu qu'il y eût une explication immédiate ; le général Ta donnée, il Ta donnée complète, netle^ absolue. L'immense majorité de l'assemblée, prise sur tous les bancs, a voté l'ordre du jour pur et simple contre les interpellations, c'est-à-dire a donné un témoignage de satisfaction et de confiance au général interpellé. (Très-bien ! très-bien !) Qu'avait dit ce général interpellé en déniant le fait? Une seule parole bien digne d'occuper les membres d'une assemblée nationaleTll avait dit : a Je reconnais les droits de l'assemblée, je les ai toujours respectés, je saurai les respecter et les faire respecter toujours. » C'est quand ces paroles ont retenti, c'est quand la majorité de l'assemblée, une immense majorité a donné un assentiment solennel à ces paroles, que le cabinet,' le soir môme, sortant de cette enceinte, comme effrayé du langage qui y a été tenu, déclare qu'il donne sa démission et qu'il se retire. (C'est cela 1 Très-bien !)

Quelques membres. Ce sont là des faits !

M. Berryer. Dans un cabinet unanime, dans un cabinet qui veut continuer sa politique^ qui éiait lié.

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