INTERPELLATION DE M. DE RÉIIUSAT
par sa politique, avec la majorité de rassemblée, on crée une crise qui alarme, qui inquiète, qui préoccupe tous les esprits, qui laisse huit jours le pays sans ministres, en proie à l'agitation de tous, impatient de savoir et quelle est la véritable cause, et quel est le but, et quel serait le résultat de ce démembrement d'un ministère uni, d'un ministère qui était lié avec la majorité. Huit jours durant, le pays a souffert de cette préoccupation de^l'acte ministériel; on en demande au cabinet Texplication; Texplication, il Ta donnée en partie par un décret qui est aujourd'hui dans le Moniteur. (Mouvement.)
Messieurs, je n'ai à rendre d^hommages à personne ; c'est à l'assemblée tout entière, c'est à la majorité de l'assemblée qu'il appartiendra de rendre à quij^a mérité l'hommage qui peut lui être dû et lehauttémoi* gnage d'estime et d'entière confiance. (Bravos et applaudissements sur plusieurs bancs de la majorité.)
Je ne parlerai pas des individus, je parle des choses. Je comprends et j'en rends grâce à la sagesse, à la prudence, à l'esprit d'abnégation de cette assemblée, je dis abnégation , et j'en ai le droit comme tout autre, car, dès le premier jour, toute préoccupation personnelle est sortie de mon intelligence et de mon cœur, pour m'occuper des intérêts, des affaires du pays, et pour aider le pouvoir toutes les fois qu'il s'est montré véritablement serviteur des intérêts de la nation*. •
Une voix a gauche. Même à Wiesbaden !.«
Plusieurs VOIX DE la droite. Ne répondez pas! ne répondez pas !
M. Berryer. Je réponds oui à l'interpellation. Je garde le mot, et j'y répondrai complètement ; mafs je ne veux pas plus sur cette question que sur aucune autre, précéder le moment où nous aurons tous à nous
expliquer ici catégoriquement. (Très-bien! très-bien! — Applaudissements sur plusieurs bancs à droite.)
Messieurs, je crois que le moment est venu, pour la France, de tout dire. (Oui! oui I — Très-bten I) Je crois qu'il n'y aurait pas dignité, je crois qu'il n'y aurait pas honneur, je crois qu'il n'y aurait pas droit à continuer à être de la vie active et politique, dans ce pays-ci, pour tout homme qui^ dans la situation où nous sommes, ne dirait pas le fond de sa pensée, n'ouvrirait pas son cœur devant le pays (Très-bien ! très-bien I), n'épancherait pas son cœur devant le pays, n'expliquerait pas la sagesse des précautions qu'il veut prendre. (Nouvelle approbation à droite.)
Mais, quant à présent, il ne s'agit que de l'interpellation adressée aux ministres. Or je dis qu'ils ont à expliquer un fait qui a eu pour objet, qui a eu pour résultat la démission du ministère dans la soirée de vendredi dernier.
Jusqu'à présent, M. le ministre de l'intérieur a dit que le cabinet continuerait de suivre sa ligne de conduite; qu'il a cherché à se reformer avec des hommes aussi sérieux, pénétrés des mêmes sentiments, pénétrés des mêmes idées, pénétrés des mêmes vues que ceux qui étaient unis la veille ; en disant cela, il a rendu hommage à ceux qui sont sortis, mais il n'a rien expliqué de la dissidence de cette portion du cabinet.
Je n'ai point, pas plus que pour les interpellations de vendredi, pour la disparition de certains hommes, à parler des individus; cependant il est un des ministres partis qui, pour tout homme qui a dans les veinqs quelque sentiment national, a été l'objet d'un regret profond. (Vive approbation.)
Il y avait longues années que nous n'avions eu une sorte de vengeance de la dignité française; eh bien,