‹ OEuvres de Berryer. Discours parlementaires (volume 2)Chapitre 22 sur 104 · DISCUSSION SUR LE RAPPORT DR M. LANJUINAIS · texte numérisé non relu

DISCUSSION SUR LE RAPPORT DR M. LANJUINAIS

des intérêts étroits des partis, pour n'envisager que l'intérêt général de la nation, pour n'envisager que l'intérêt du pays, sentir par où on se touche, par où on se comprend, par oîi on est uni d'intention, de volonté, de convictions, et constituer ainsi une armée vigoureuse qui résiste au nouvel envahissement &es barbares sur l'Europe. (Acclamations chaleureuses sur les bancs de \â majorité. — Bravos et applaudissements. — exclamations ironiques et murmures à gauche.)

J'ep conviens^ les grands et terribles événements de 1848 ont opéré déjà ce rapprochement en partie ; mais je veux dire toute ma pensée (Dites I dites I) : ce rapprochement entre les partis, il a été fait plutôt en vue du péril imminent que par un sentiment de mutuelle confiance, que par un sentiment profond de la nécessité, c'est-à-dire de cette vérité -que nous sommes, dans l'intérêt commun de la France, éminemment nécessaires les uns aux autres. C'est cette nécessité qu'il faut faire sentir, qu'il faut démontrer; c'est ce besoin de mutuelle et entière confiance qui nous doit unir et qu'il faut fortifier de jour en jour.

Quelle politique, quelle conduite faut-il tenir? (Mouvement redoublé d'attention.)

Cette politique^ la voici: Cette politique, c'est qu'il faut resserrer les liens de la majorité par une résolution commune, par une résolution sincère de ne pas violenter la marche des événements, par la volonté ferme, par la volonté loyale de ne pas prétendre ni dominer ni surprendre ce pays au nom d'un parti. (Très-bien ! très-bien I)

Ce qu'il faut pour renouer cette majorité qu'on déchire, c'est de fuir, c'est de détester, au nom du pays, toute politique de récrimination ; ce qu'il faut, c'est de montrer à tout homme honnête qu'on veut

marcher vers un avenir où il se sentira en possession de la plénitude de sa dignité personnelle. (Très-bien I)

Voilà la politique qu'il fout suivre sans conspirationsy sans intrigues^ sans tentatives apparentes ou cachées : c'est vers ce but qu'il faut marcher, et laisser la France juge de ses vrais intérêts, libre maltresse de ses destinées. (Approbation à droite.)

Messieurs, cette politique est la mienne«et celle de mes amis.

Yoix NQMBRBUSBS il droiteI G'est vrai ! c'est vrai I — Bravo I

M. Berbter* Cette politique, j'ai épuisé tous mes efforts, mais Dieu me donnera des forces, afin de Tins* pirer à tous ceux qui sont ou qui furent mes amis, à tous ceux qui sont encore ou qui ont été mes adversaires.

Tous me parlez de conspirations, vous me parlez de complots ; eh I vraiment, je n'en ai pas fait d'autrès 1 Mon travail, dans le but de constituer ainsi la majorité, de la consolider, de former, je le répète^ cette armée de la résistance; mon travail dans ce but est patent, il est public. Tous parlez de voyages à Wiesbaden, de «voyages à Glaremont^ de conspirations 1 Oui , pendant que des membres illustres de cette assemblée allaient au lit de mort du vieux monarque qu'ils ont servi; pendant qu'ils allaient partager ou les anxiétés ou les douleurs de jeunes princes qu'ils ont aimés, et qui ont eu cet avantage que nos soldats les ont connus à Saint-Jean-d'Ulloa, àMogador, à Constantine... (Ai^clamations sur plusieurs bancs.)

Unb voix- a l'extrême gauche. Et à Waterloo! (Hilarité générale. — Longue interruption.) Un membre a droite. G'est une infamie ! Un autre membre. Dites plutôt une absurdité I

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