DISCUSSION SUR LE RAPPORT DE M. LANJ DINAIS
M. BsBItTEii.... Pendant qu'ils cédaient aux inspirations d'un souvenir reconnaissant, auquel je ne reproche pas à plusieurs de MM. les ministres d'avoir obéi eux-mêmes.... (Ah I ah 1 — On rit. — Très-bien I) moi, messieurs, laissez-moi toute ma liberté et toute ma franchise, moi, messieurs, pendant ce temps, j'allais, avec un grand nombre de mes amis^ voir un autre exilé qui est étranger à tous les événements accomplis dans ce pays, qui n'a jamais démérité de la patrie, qui est exilé parce qu'il porte en lui le principe qui, pendant une longue suite de siècles, a réglé en France la transmission de la souveraineté publique ; qui est exilé, parce que tout établissement d'un nouveau gouvernement en France est nécessairement contre lui une loi de proscription; qui est exilé, enfin, laissez-moi le dire, parce qu'il ne peut poser le pied sur le sol de cette France, que les rois ses aïeux ont conquise, agrandie, constituée, sans être le premier des Français, le roi I (Vive approbation à droite. — Exclamations, murmures à gauche.)
Mais ne croyez pas que je veuille dire qu'en me rendant à Wiesbaden, j'aie seulement obéi à un sentiment d'attachement, de respect ou de sympathie ; noql non! J'ai fait autre chose; j'ai fait plus : j'ai fait un acte de politique dont je veux rendre compte. (Marques d'attention.)
Oui, je suis allé... Écoutez-moi jusqu'au bout; la très-bonne foi est une grande puissance dans notre pays. (C'est vrai I) Le respect de la bonne foi est une grande élévation du caractère national. (Très-bien I très-bien I) Les réticences^ les malentendus, messieurs, font les défiances, les préventions, les haines, c'est-à-dire sont la source de tous les maux publics* Écoutez-moi donc I (Nouvelle approbation.)
Oui, je suis allé faire à Wiesbaden un ^te politique. Oui^ avec mes amis, j'ai porté à Wiesbaden cette politique à laquelle je vous ai dit que j'avais dévoué ces trois dernières années, et que je n'abandonnerai pas tant qu'il me restera un souffle de vie; cette politique d'union de tout ce qui est honnête, de tout ce qui est respectable dans mon pays, avec un entier oubli de tous les dissentiments, de toutes les luttes, de toutes les divisions passées. (Nombreuses marques d'assentiment à droite.) Oui I au nom de la société française, j'ai été y porter cette politique; mais ma besogne était faite ; l'œuvre était accomplie d'avance; j'ai trouvé dans le cœur du prince tous ces sentiments, tous ces ^principes, toutes ces pensées, toutes ces convictions. (Agitation et rumeurs à gauche.)
M. AuBRT (du Nord). Il n'y a pas de prince ici I Dites : M. de Ghambord !
M. Berrter. Il n'est plus sous vos lois, vous l'avez exilé, je l'appelle par son nom I
A DROPTE. Très-bien !
M. Berrter. Oui I il a dans le cœur, il a dans la tête cette même détestation des complots, des conspirations, des guerres civiles.
Ne parlez pas de trames secrètes : lui et ses amis ont besoin de respirer à l'air libre, au grand air, à découvert. (Approbation à droite.) Ne parlez pas de conspiration; non, non, il n'y a pas de tentatives de restauration subreptice.
Croyez-vous donc, messieurs, que celui qui n'a connu que les douleurs des demeures royales soit si impatient d'y rentrer, au risque d'appeler sur le pays des malheurs et des désastres qui le feraient maudire? (Rumeurs et rires ironiques à gauche.)