‹ OEuvres de Berryer. Discours parlementaires (volume 2)Chapitre 24 sur 104 · DISCUSSION SUR LE RAPPORT DK M. LANJUINAIS · texte numérisé non relu

DISCUSSION SUR LE RAPPORT DK M. LANJUINAIS

A DROITE. Attendez le silence ! — Très-bien I

M. Berrter. Et croyez-vous qu'il soit un ami dé* voué qui puisse lui conseiller ce jeu terrible et coupable? Non I je le répète encore une fois, non I Je l'atteste sur l'honneur que j'ai dans mes veines, non I Il n'y eut autre chose à Wiesbaden que cette pensée, que cette déclaration, qu'il fallait unir dans l'oubli de toutes les révolutions, de toutes les dissensions passées, les bons vouloirs et les intelligences honnêtes de ce pays ; qu'il fallait déraciner de tous les cœurs les ressentiments, les haines, les préventions que les malheurs passés y ont fait germer. Yailà le compte-rendu complet, vrai, de notre voyage à Wiesbaden ; tout autre compte-rendu est altéré ou complètement dénaturé. (Vive adhésion sur une grande partie des bancs de la droite. — Quelques applaudissements s'y font entendre. — Des rumeurs et des interpellations confuses éclatent sur les bancs supérieurs de la gauche.)

Plusieurs membres. Et la circulaire ^? Et le ministère ?

Plusieurs voix a droite. Ne répondez pas !

* Ces întenuptions faisaient allusion à une publication qui avait Threment ému, quelques mob auparavant, l'opinion publique. Après le voyage des royalistes français à Wiesbaden, où ils avaient été rendre hommage à M. le comte de Chambord, les journaux avaient reproduit, en la présentant comme écrite sous Tiuspiration du prince, une lettre signée de M. de Barthélémy, et datée de Wiesbaden, le 80 août 1850. Uans cette lettre, on annonçait que M. le comte de Chambord se réservait désormais la direction de la politique générale, et, après quelques développements, on ajoutait qu'il aTait délégué en France, comme investis de sa confiance pour l'application de cette politique, MM. le duc de Lévis, le général de Saint-Priest, Berryer, le marquis de Pastoret, le duc d'Escars. On verra, par la • suite du discours, comment M. Berryer jugeait ee document.

M, LE Président, s'adressant à textrême gauche. N'interrompez pas ! Choisissez un orateur qui répondra ! (On rit.)

M. Berrter. Si! il faut répondre; je ne veux point que d'un coin de cette assemblée, que d'une partie quelconque de cette assemblée, que de la bouche d'hommes à côté desquels je siège, il sorte d'interpellations puériles et ridicules. Je viens de vous faire ma révélation : dans toutes nos conversations, dans tout notre langage, il y a eu l'abandon de toutes prétentions, le sacrifice de tout intérêt de parti, pour ne songer qu'à l'union, à la fusion, qui seule peut protéger la société française (Rumeurs à gauche), et on vient vous présenter l'idée que des hommes qui ont rejeté le pouvoir à eux offert dans des temps plus stables, auraient été solliciter je ne sais quel pouvoir ridicule, insignifiant et vain I (Mouvement à gauche.) Ah! vraiment, vous n'honorez pas suffisamment, vous ne respectez pas suffisamment des hommes auxquels vous accordez cependant quelque peu d'intelligence et quelque peu de bon sens I

Je ne répondrai pas à cette supposition d'im ministère créé, je ne répondrai pas à ce qu'on a dit de manifestes, de circulaires. J'en ai dit assez en faisant un compte-rendu vrai. Voulez- vous que j'ajoute un' mot? £h bien 1 je vous dirai tout.

Si vous avez lu, avec intelligence, le document dont vous me parlez, vous devez bien être convaincus que ce n'est pas à moi qu'il faut en demander compte. Ce document, vous lui avez accordé, on a voulu lui attribuer une importance à laquelle il n'avait aucun droit; et, pour tout dire en un mot, si M. le comte de Ghambord avait cru qu'il fût utile, qu'il fût temps de dire à la France ses sentiments.

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