‹ OEuvres de Berryer. Discours parlementaires (volume 2)Chapitre 25 sur 104 · DISCUSSION SUR LE RAPPORT DE M. LANJUINAIS · texte numérisé non relu

DISCUSSION SUR LE RAPPORT DE M. LANJUINAIS

ses convictions, ses inspirations, il n'aurait emprunté ni le nom, ni la pensée, ni le langage de personne. (Vive approbation sur plusieurs bancs de la droite. •— Nouveaux rires à Textrème gauche.)

Je résume donc cet examen de notre situation, et ce que je viens de dire sur les complots et sur les voyages : H n'y a au fond de tout cela, je le répète, que la vie, l'action libre et patente des partis, des partis à la veille du jour fixé pour la révision et la modification totale ou partielle de la Constitution ; il n'y a pas autre chose, dans les efforts de ces hommes que vous appelez monarchiques, il n'y a pas autre chose que la résolution de former, de maintenir dans son entier une majorité liée par la communauté de principes politiques dansHntérètdelavéritableliberté. (Rires à gauche.) Oui, j*ai pu voua parler avec précision, en évitant toute équivoque, j'ai pu vous parler avec liberté, pourquoi ? C'est parce que la majorité, sous la république, a su comprimer les excès, les violences ; la tribune serait muette sans nous. (Ru* meurs et rires à gauche» — Approbation à droite.)

Maintenant, MM. les ministres n'ont-ils pas commis la témérité coupable d'exposer cette majorité à un déchirement? (Mouvement.)

Je crois à leur bonne foi quand ils me protestent de leurs efforts pour la reconquérir et la rallier : je crois à leur bonne foi ; mais ils n'ont pas plus de bonne foi, ils n'ont pas plus de droiture, ils n'ont pas plus de sympathies dans cette assemblée, que le ministère qui a précédé le 34 octobre ; mais ce ministère, avec sa bonne foi, avec sa droiture, avec son talent, avec ses sympathies dans l'assemblée, a été renversé par une prétention d'omnipotence personnelle. (Mouvements en sens divers.)

Et je dis à l'assemblée : Arrêtez-vous au premier pas ; si la majorité qui sauva la société française est brisée; si elle est scindée, comme je le vois en contemplant l'agitation et les votes divers au sein de la commission, et les frémissements qui ont régné $ur ces bancs depuis deux jours ; si elle est brisée, si la nation cesse de voir en elle son plus ferme appui et sa plus certaine ressource, je déplore l'avenir qui est réservé à mon pays; je ne sais pas quels seront vos successeurs, je ne sais p*as si vous aurez des successeurs ; ces murs resteront peut-être debout, mais ils seront habités par des législateurs muets. (Vive agitation.-:-Très-bien ! très-bien I — Réclamations au banc des ministt*es.)

M. Vieillard. Vous n'avez pas le droit de dire cela.

M. LE Ministre de l'intérieur. N'ayez pas peur.

M. Bbrrter. Encore une fois, je n'accuse, écoutezmoi bien, je n'accuse les intentions, les projets de personne dans cette enceinte. (Exclamations. — Rires sur plusieurs bancs.) Non, Je ne vois qu'une chose : c'est la marche, c'est la puissance, c'est la domination des événements, si la digue de la résistance ne reste pas debout. C'est là ce que j'entrevois, et je dis que si la majorité de cette assemblée est brisée, nous aurons à subir en France ou le mutisme qui nous sera imposé par une démagogie violente, ou le mutisme qu'un absolutisme absurde tentera de faire peser sur le pays.

A DRorrE. Très-bien ! très-bien I

(L'honorable orateur, en descendant de la tribune, reçoit les félicitations de ses amis.)

La séance reste suspendue pendant un quart d'heure; il règne dans l'assemblée une grande agitation.

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PROPOSITION CRETON. i09

Après une discussion fort animée, i laquelle prireut part MM. de Lamartine, Thiers, les généraux Changamier et Cavaignac, Tassem* blée adopta par 415 voix contre 286 un ordre du jour proposé par M. Sainte-Beuve et ainsi conçu :

a L'assemblée déclare qu'elle n*a point confiance dans le minis- • tère et passe à l'ordre du jour. »

Le ministère du 9 janvier donna sa démission après ces quelques jours d'existence. Il fut remplacé par une administration provisoire, intérimaire, composée d*horomes pris eu dehors de rassemblée et qui conduisit le pays jusqu'au ministère du 10 avril.

PROPOSmOH CRETON, TBlfDANT A L*ABOLITIQN DBS LOIS

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