PBOJET DE LOI SCR LES ÉLECTIONS. — URGENCE
M. Berrter. Ce n'est point une tactique de ma part, et je crois vous avoir accoutumés à quelque sincérité de langage... (Rires et murmures à gauche.)
A DROiTB. Très-bien I très-bien I
M. Berryer. Ne m'interrompez point par des murmures. Ceux que vous élevez contre moi me satisfont et me confirment dans mes résolutions et dans la conduite que j'ai tenue. (Exclamations et rumeurs à gauche. — Nouvelle approbation à droite.)
J'ai parlé avec modération, mais j'ai parlé en député consciencieux, et je dis que c'est un mensonge à tout ce que le monde a pensé, à tout ce que le monde a dit, à ce qui circule dans toutes les bouches, à ce qui est dans toutes les conversations, que de se taire sur la situation générale du pays...
A DRorrE. Très-bien 1
M. Bebrter... que de taire devant le pays, de taire devant le soleil de la publicité ce que Ton dit de toutes parts, ce que l'on murmure. Tous ces bruits secrets et souterrains sont l'objet de spéculations détestables au-devant desquelles nous voulons aller par desexplications nettes et claires. (Très-bien I)
M. Michel (de Bourges). Faites des interpellations!
M. Berrter. Qu'ai-je voulu? J'ai voulu qu'au retour de cette assemblée, avant qu'elle reprit le cours de ses travaux législatifs, il y eût une discussion sérieuse, méditée, complète, sur la situation politique du pays.
Le ministre reconnaît lui-même (et comment ne le reconnattrait-il pas?) que des explications sont nécessaires, et il demande que l'assemblée en fixe le jour. C'est là mon but.
On demande dès à présent que vous votiez la prise en considériition de l'urgence. Je demande que, dans
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rétat actuel, el jusqu'à ce que le véritable sens, la portée politique du message et de la proposition qui est faite soient compris par la discussion, je demande qu'on vote contre la prise en considération de l'urgence. (Très-bien I très-bien !)
L*urgeiice fut repoussée.
lIITBRPBLLATlOIf DE M. CRBTON.
Stance du 24 novembre 1851.
Dans U séance du 24 novembre, M. Creton déposa une demande d'interpellation « au sujet ttun complot contre la sûreté de VÉtat^ M dénoncé avec précision dans le numéro du Constitutionnel de ce « jour, »
L'assemblée ayant décidé que cette interpellation aurait lieu immédiatement, die fut développée par son auteiu*, auquel M. le ministre de la justice répondit :
« Nous ne sommes pas plus responsables des bruits qui circulent, « soit dans l'assemblée, soit dans les couloirs, soit ici, soit au de> « hors , que nous ne sommes responsables des articles de jour* « naux. M
M. Berryer prit la parole.
M. Bbrrter. Messieurs, notre honorable collègue, M. Creton, m'avait, dans le cours de la séance, fait part de l'intention qu'il avait d'adresser des interpellations à MM. les ministres à propos d'un article qui a paru ce matin dans un journal, le Con$titutionnel. Je l'ai engagé à n'en rien faire. (Sourires et chuchotements sur plusieurs bancs.)
Je ne partageais en aucune manière l'émotion trèsgrande dont je le voyais agité, soit à cause des dénonciations, soit h cause des menaces que renferme Tarlicle; et pour les dénonciations et pour les menaces surtout, ah ! j'avais une tranquillité qui me détermi-