‹ OEuvres de Berryer. Discours parlementaires (volume 2)Chapitre 35 sur 104 · LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE · texte numérisé non relu

LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE

Le ministre de Tintérieur :

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Des proclamations, adressées, l'une au peuple, l'autre à l'armée, accompagnaient ce décret.

Dans la proclamation adressée au peuple, le président de la République annonçait qu'il comptait soumettre au vote de la nation les bases fondamentales suiwntes d'une constitution que les assemblées développeraient plus tard :

1« Un chef responsable nommé pour dix ans;

2* Des ministres dépendants du pouvoir exécutif seul ;

30 Un conseil d'État fonné des hommes les plus distingués, préparant les lois et en soutenant la discussion devant le corps législatif;

4^ Un corps législatif, discutant et votant les loi», nommé par le suffrage universel, sans scrutin de liste qui fausse Télection;

5* Une seconde assemblée , formée de toutes les illustrations du pays, pouvoir pondérateur, gardien du pacte fondamental et des libertés publiques.

En même temps qu*étaient connues ces résolutions, et que se répandaient dans Paris les troupes destinées à en assurer le succès, on apprenait que, dans la nuit, les généraux Ghangarnier, Gavaignac, Lamoricière, Bedeau, les deux questeurs de rassemblée, MM. Baze et le général Le Fié, d'autres représentants, parmi lesquels M. Thiers et M. Roger (du Nord), avaient été saisis dans leur domicile- et emprisonnés.

A la nouvelle de ces événements, les représentants, qui voulaient protester contre la violence, essayèrent de se réunir. Quelques-uns avaient pu pénétrer dans Tune des salles du palais Bourbon ; la force armée les obligea bientôt à se retirer. D'autres se rencontrèrent chez quelques-uns de leurs collègues, notamment chez M. Odilon Barrot, et chez M. Daru, vice*président de l'assemblée. Des protestations furent rédigées et signées dans ces deux réunions.

M. Berryer, prévenu par M. Benoist-d'Azy, se rendit avec lui chez M. Daru. Mab ib trouvèrent les abords de l'hôtel occupés par les soldats que le pouvoir, à p«ine informé de la réunion, avait envoyés pour la dissiper.

Ds apprirent que les représentants s'étaient donné rendez-vous à la mairie du !(»* arrondissement, rue de Grenelle-Saint-Germain. Ils y allèrent aussitôt. M. Dupin, président de l'assemblée, était resté dans ses appartements. Le général Bedeau et M. Daru, tous deux vice-présidents, étaient, le premier en prison, le second arrêté dans sa propre maison. Les deux autres vice-présidents, MM. Vitet et Benoist-d'Azy, se trouvèrent à la mairie du X* arrondissement. M. Benoist-d'Azy invoqua son rang d'élection pour présider la réunion dans cette circonstance solennelle.

Les représentants étaient /lu nombre de 220. Plusieurs se présentèrent pendant la séance, mais les troupes les empêchèrent de pénétrer. Le compte-rendu de la séance a été conservé, grâce au zèle vigilant et courageux de MM. Augustin Grosselin et Bon-heur

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Lagache, sténographes de rassemblée, qui avaieut accompagné M. Vitet à la mairie et qui surent mettre à l'abri des recherches du pouvoir le texte authentique de ces dernières délibérations.

Nous extrayons de ce procès-verbal les passages où fut marquée rioterventiou de M. Berryer. Les témoins de cette séance ont gardé le souvenir de Tesprit de décision dont il fit preuve, écartant avec autorité toute parole inutile, toute discussion superflue, pour amener rassemblée à faire des actes.

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