‹ OEuvres de Berryer. Discours parlementaires (volume 2)Chapitre 41 sur 104 · BUDGET DE 1865. -^ LES TUILERIES · texte numérisé non relu

BUDGET DE 1865. -^ LES TUILERIES

Quelques voix. A demain I

M. Berrtbr. Je désire seulement présenter quelques courtes observations à M. le ministre d'État, et particulièrement à celui de messieurs les commissaires du gouvernement qui est chargé de donner des explications sur les travaux extraordinaires pour lesquels une demande d'allocation de fonds nous est actuellement soumise.

La loi demande un crédit d'un million pour les travaux du palais des Tuileries. Assurément, ce cré<dit n'est pas excessif, et je désire qu'il soit suffisant pour achever les constructions qui sont commencées. Mais on indique dans le projet de loi que ce crédit doit être en partie affecté à une entreprise nouvelle, ou à des constructions nouvelles.

Messieurs, j'ai observé, j'ai regardé avec beaucoup d'attention les constructions actuelles en voie d'exécution. Le système suivi par les architectes m'a paru tel qu'il devra en résulter une disparate fâcheuse entre le nouveau pavillon de Flore et l'ancien pavillon de Marsan. En outre, dans Tintérieiir de la cour des Tuileries et sur la place du Carrousel, le système de façades va être dans son dessin complètement différent de celui des façades des autres galeries de la rue de Rivoli.

Les constructions nouvelles faites de divers côtés pour le pavillon de Flore, et qui font disparate avec le pavillon de Marsan, rendront peut-être nécessaires, puisqu'on veut éviter le défaut d'harmonie dans un si grand monument, la démolition et la reconstruction du pavillon de Marsan lui-même.

D'un autre côté, on est obligé d'étayer, de soutenir une partie des Tuileries dont il n'a pas encore été question, je veux parler de ce lourd pavillon qui a

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été placé par Louis XIY enHre rancien cbât^ai^ deCa- IberinQ dp Médiois bâti par Philibert Oeiorme et le pavillon de Flore, et je vois que dans une grande pariïB de la cour, ^ l'intérieur, il faudra faire des consf trustions.

Nous entrons donc, comme 00 Ta dit dans l'exposé des motifs, dans une entreprise nouvelle qui n'est pas encore autorisée, et même à l'égard de laqu^le il n'a été donné à l'Assemblée aucune espèce d'emplicatioQ.

Je n'entre pas dans les détails que je crois en ce moment inutile3, mais pour qui voudra considérer les façades iitouvelles soit du côté du quai, soit du côté de la cour, soi4; du côté de la place, il est évident qu'on s'engage, à raison de l'harmonie à conserver dans ces constructions immenses, dans des travaux qui pourront être excessivement eonsidérables.

Mon observation n'a d'autre but que celui-ci : je voudrais que le gouvernement,' k l'ouverture de la prochaine session, si l'on doit appliquer à la partie de la galerie entre la grille du Carrousel et Le pavillon Lesdiguières une partie du million qui nous est demandé, noqs apportât un plan, ou du OKÛns nous donnât un état complet des travaux dans lesquels on veut s'engager. Les disparates qui pouvaient exister, et que l'on veut faire disparaître au moyen de constructions nouvelles, ces disparates existaient en réalité fort peu. En effet, les deux façades des deux galeries sur la place du Carrousel étaient dans le même ordre d'architecture ; lorsque l'empereur Napoléon l^' avait fait faire la galerie longeant la rue de Rivoli, il avait adopté le système d'architecture à grands pilastres qui régnait sur l'ancienne

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galerie diBs l'intérieur des Tuileries et de la eour du Carrousel.

Quoi qu'il eu soit, ce sont aujourd'hui des façades tout h Tait nouvelles que l'on construit, et nous serons conduits plus tard à faire ces mêmes façades sur tous les c6tés du monument pour rétablir Tbarmonie.

Or, en regardant les travaux commencés, il m'a paru impossible de ne pas reconnaître que, è l'instant même où Ton demande à entreprendre des travaux pour faire disparaître des disparates, à ce moment là^ pré* cisément, loin de les faire disparaître, on en crée de très-considérables.

Je n'arrête nullement ma pensée sur l'idée de m'opposer au crédit qui est demandé. Je répète que je le crois insuffisant pour ce qui est commencé, à plus forte raison pour continuer plus tard ce qu'on a commencé; mais je demande qu'avaat de s'engager dans de nouvelles constructions, on nous fasse connaître, soit actuellement, soit au retour de l'Assemblée, quel sera l'ensemble, quelle sera la totalité des travaux.

La commission dit dans son rapport qu'elle a demandé des explications, mais qu'elle ne les a pas obtenues d'une manière complète; c'est ce qui est écrit en toutes lettres dans le rapport. Je crois que la Chambre a le droit de recevoir des explications entières, de manière à savoir ce à quoi elle s'engage et dans quelles limites doit se renfermer l'exécution d'un projet qu'on reconnaît indispensable..

C'est là tout l'objet de mon observation. Je désire qu'il y soit donné suite par Messieurs les commissaires du gouvernement et qu'à la prochaine session nous n'ayons à voter, des constructions nouvelles

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qu'en sachant parfaitement jusqu'à quel point et pour quels travaux nous allons nous engager.

M. Chaix d'E^t-Ange, yice-président du conseil d*ÉUt, répondit à M. Berryer que tous ces bâtiments menaçaient ruine depuis longtemps et qu*on ne s'était décidé à de pareils travaux qu'en présence de dangers imminents constatés par les architectes.

Le projet en cours d'exécution devait d'ailleurs s'arrèler au pavillon Lesdiguières.

M. Berryer répondit :

M. Berryer. Les observations de M. le commissaire du gouvernement ne répondent pas à l'extrême réserve que j'ai gardée en présentant mes observations à l'Assemblée.

Il y a ici, messieurs, s'il fallait entrer dans le fond du débat, une question budgétaire, une question de règle de notre ordre financier, et enfin une question d'art considérable.

Au point de vue des travaux^ nous connaissons tous la législation.

La législation de 1852 a été réformée par le sénatus- consulte de 1860. Le sénatus-consulte porte que, malgré la disposition constitutionnelle qui mettait à la charge de la liste civile les réparations de toute nature dans tous les bâtiments faisant partie de la dotation, cependant les constructions et les reconstructions rendues nécessaires par cause de vétusté ou par suite de force majeure seront à la charge de l'État.

En 1861, on a présenté un projet de loi; on est venu devant l'Assemblée et on a justifié par des rapports d'experts tout à fait en règle, et dont je ne conteste pas l'exactitude, que le pavillon de Flore menaçait ruine et qu'il était dans un état de vétusté qui en exigeait la reconstruction.

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