‹ OEuvres de Berryer. Discours parlementaires (volume 2)Chapitre 68 sur 104 · MESURES SANITAIRES CONTRE LE CBOLÉRA · texte numérisé non relu

MESURES SANITAIRES CONTRE LE CBOLÉRA

BUDGET .DR L*A6RIGULTURB ET DU COMMERCE. — MESURES SANITAIRES A PRENDRE CONTRE l'INTASION DU CHOLÉRA.

Séance du t9 juiliet 1867.

M. Berrtbr, de sa place. J'avais désiré^ messieurs, à la fin de la séance d'hier, adresser quelques questions à M. le ministre des travaux publics^ relativement aux précautions sanitaires à prendre dans l'intérêt de la navigation et pour épargner des entraves» surtout à la marine marchande, entraves qui^ dans beaucoup de cas, sont fâcheuses.

On a abrogé, en France, la loi des quarantaines; on a supprimé les lazarets, le système des anticontagionistes a tout à fait prévalu. Cependant, il y a deux ans, on a pu suivre la marche du choléra en suivant les pas des pèlerins de la Mecque dans les contrées qu'ils ont traversées^ et partout où ils ont pénétré; ils ont porté le choléra dans tous les parages de la Méditerranée, ^ il y a eu particulièrement une invasion extrêmement grave et dont les ravages ont été cruels dans les environs de Marseille.

En ce moment-ci, nous recevons des nouvelles qui sont très-fâcheuses; le choléra sévit sur des territoires très-voisins de la France ; sur le littoral italien, particulièrement en Sicile^ et plus spécialement encore & Palerme, où il fait de très-grands ravages. II y a aussi de mauvaises nouvelles de l'Orient, nouvelles qui sont de nature à alarmer les populations. Or, en pareille matière, les alarmes sont presque aussi funestes que le mal même. Je crois que les faits actuels, les renseignements qui nous sont parvenus,

sont également arrivés à la connaissance de M. le ministre, sur le point que j'indique. Ds sont, je le répète, de nature à troubler les esprits et nécessitent des précautions pour que ce qui s'est produit il y a deux ans ne se renouvelle pas. Ces précautions doivent être prises par le gouvernement.. Quelles mesures veut-il adopter, que veut-il nous en dire? Sa parole rassurante, en môme temps qu'elle sera un avertissement pour la marine marchande, apportera la sécurité aux populations du voisinage infecté et inquiété en ce moment. C'est là l'objet de mes questions, et je les ai faites pour que M. le ministre puisse rassurer les populations ai:yourd'hui alarmées. (Trèsbien I)

M. de Forcade la Roquette, minîttre de Tagriculture et du commerce, tout en déclarant que le danger n'était pas de nature à inquiéter les populations, donna le détail des précautions qu'avait prises le gouvernement.

M. Berrtbr. C'est une grave question, messieurs, que celle de lasalub|îté. Je vois avec satisfaction qu'il y a progrès dans les idées' et que l'opinion des anticontagionistes n'est plus l'opinion dominante.

On posait en principe que les précautions étaient inutiles, que la contagion pouvait être parfaitement niée dans tous les cas.

De quoi s'agit^il ? D'un fléau qui est nouveau dans nos contrées d'Europe, car son apparition, si je ne me trompe, remonte à 1832. Nous ne le connaissions pas avant cette époque.

Ce fléau a différents caractères ; il se produit dans des conditions fort diverses ; il est épidémique dans beaucoup de cas. Désormais il est impossible de nier son caractère contagieux, après, comme je le disais

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tout à l'heure, qu'on a suivi sa marche sur les pas des pèlerins de la Mecque.

Qu'on ait pris en Orient, pour la traversée de la mer Rouge, pour les bâtiments qui les transportent, toutes les précautions désirables par suite de la conférence de Gonstantinople, j'y applaudis, et je ne doute pas de la persévérance avec laquelle on maintiendra les précautions convenues ; mais enfin, puisqu'il parait évident, d'après les renseignements qui ont été recueillis, que le choléra a un caractère épidémique, je crois que les facilités, les libertés nécessaires au commerce ne peuvent pas empêcher que, là où il y a un foyer pestilentiel et dans des cas spéciaux comme celui-ci, il y ait, à l'égard des provenances de pays infectés, des précautions spéciales prises par Tadministration.

Certainement^ établir des mesures générales, invariables, de nature à entraver les communications que crée le génie de l'homme, et qu'il cherche à rendre de plus en plus rapides, décréter des lois précautionneuses à l'excès qui arrêteraient ces communications entre les peuples, serait extrêmement fâcheux; mais des précautions spéciales, locales, dans des cas particuliers, doivent être appliquées avec le plus grand soin.

M. le ministre vient de nous donner sur l'invasion du choléra en Sicile des explications qui prouvent que là le choléra est contagieux et a un caractère épidémique. Il faut protéger notre littoral contre les arrivages de ce point qui est infecté. C'est là l'objet de mon observation. Je pense que l'attention du ministre se portera avec le plus grand soin sur tous les points du territoire où on peut être alarmé par le voisinage de la contagion ; je désire que les mesures

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prises officiellement dès à présent dans ces localités soient une raison de sécurité pour les populations. (Très-bien î)

DISCUSSION Dr PBOJBT DE LOI PORTANT FIXATION DU BUDGST OBDINAimB DBS DÉPENSES ET DBS BE(»TTES DE L'EXEB- CICE 186S.

Séance du 22 Juillet 1B67.

M. Picard et plusieurs de ses colLègues proposèrent l'article additionnel suivant au budget de 1868 :

«* Un compte spécial et détaillé, contenant toutes les dépenses afférentes à Texpédition du Mexique, ainsi que les recettes effectuées, seii établi et distribué à Touverture de la prochaine session. Il y sera joint un compte du knatériel de la guerre et de la marine absorbé par l'expédition. Il contiendra un état des recouvrements opérés au Mexique par Tentremise du gouvernement français au profit des créanciers nationaux, et un tableau indiquant les créances de nos nationaux au moment où la guerre a commencé. »

Après la discussion de cet amendement, qui ne fut pas pris en considération, M. Berryer demanda la parole.

M. Bbrrter. Je demande à faire une obser?atioa.

Quelques mbmbbbs. Sur quoi?

M. Berrtsr. Je vais vous dire sur quoi. C'est sur une question que j'ai indiquée déjà, sur la question financière uniquement.

Je ne viens pas demander les renseignements nécrologiques si douloureux dont il a été parlé tout à rbeure; je ne demande pas le compte de nos pertes sur les champs de bataille, de nos pertes par les maladies. Nous avons vu, au commencement même de Texpédition^ combien de douleurs nous aurions à éprouver dans cette guerre. Je ne prends que la question financière, et je vois dans un tableau des dépenses de Texpédition du Mexique que la totalité des

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