BODGET DE 1868. — LE MEXIQUE
Sous aucun régime, môme dans les temps les plus orageux, dans le commencement de la république de 1848, quand nous combattions le gouvernement momentané des premiers jours ^ jamais nous n'avons rencontré ces violentes interruptions. (Vive approbation sur quelques bancs. — Murmures et dénégations sur d'autres.)
M. LE PRisiDBNT SCHNEiDBR. Jc crois quc Thouorable M. Berryer exagère beaucoup en parlant de vio^ lentes interruptions* Je lui demande de ne pas s'arrêter à quelque observation qu'il peut entendre autour de lui.
M. BsRaTfiB. Je ne m'arrête pas à toutes les interruptions; il en est qui ne suspendent pas un instant le cours de ma libre pensée; mais quand elles sont presque générales^ quand elles retentissent sur tous les bancs, je dis qu'elles ne sont pas conformes à la dignité de l'assemblée. (Réclamations et rumeurs diverses. — Approbation sur quelques bancs.)
Quelques voix. Parlez 1 parlez 1
M. Li PEésmBNT Schneider. J'invite la chambre au silence.
M. Berrtsr. Je reviens au fond de mon observation, pour écarter, parce que c'est un besoin de mon caractèyre, c'est un besoin de la loyauté avec laquelle j'ai toujours figuré dans les assemblées, le reproche qui m'a été adressé. (Très- bien I)
Je n'ai pas un esprit tracassier; je ne cherche pas à susciter des difficultés. Mais j'ai un esprit soigneux, laborieux; venez chez moi, venez voir avec quelle assiduité, depuis trois mois, je passe mes journées entières à compulser tons vos documents, tous vos budgets, tous vos rapports.
Est-ce que je parle à la légère? Je puis me trom-
per, mais quand j'arrive ici, je parle en honnête homme et en digne député. (Très-bien! très-bien I sur quelques bancs.)
Laissez-moi donc réduire Tobsenration que je faisais tout à l'heure à ce qu'elle était et ne pas la laisser succomber sous ces interprétations générales que vient de présenter le ministre d'État.
Mon observation était simple. Je n'entreprenais pas, par une querelle de détail, de discuter la réalité des comptes et des dépenses de l'expédition du Mexique. J'ai, au contraire, dit tout d'abord, ce me semble, si je me rappelle les paroles qui sont venues sur mes lèvres, que la vérification du chiffre exact des dépenses de l'expédition du Mexique avait été réservée pour la session prochaine; mais, tout d'abord, j'ai cru pouvoir demander à la commission une explication sur une contradiction de chiffreâ qui me paraissait évidente.
Si nous voulons nous préparer, pour la prochaine session, à discuter réellement les comptes, quand une pièce nous a été produite, qui se trouve en contradiction avec un autre document, y a-t-il rien de plus simple, de plus naturel, de plus nécessaire que de demander à la commission, qui a vérifié les pièces, au gouvernement, qui les a fournies, d'où vient la contradiction qui nous apparaît?
Eh bien, sur cette contradiction , M. le ministre a donné des explications; il a dit qu'en se reconnais*sant créancier de 270 millions, au mois d'août i864, le gouvernement faisait une évaluation, et qu'on le condamnerait bien plus, s'il n'avait énoncé qu'une répétitipn de i50 millions. Ce n'est pas là Tobjet de ma question.
Je ne doute pas que, quand au mois d'avril 1864, on