‹ OEuvres de Berryer. Discours parlementaires (volume 2)Chapitre 8 sur 104 · BUDGET DE 1851. — INSTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

BUDGET DE 1851. — INSTRUCTION PUBLIQUE

recevoir cet enseignement spécial, uniquement dans le sein de TÉcole normale, fermée à tous.

La commission a eu contre l'Université, nous diton, cette pensée, pensée perfide, de proposer à M. le ministre, à côté du pensionnat, d'ouvrir un externat où des jeunes gens seraient admis, en dehors des élèves qui ont le bénéfice par le concours de l'enseignement gratuit; de manière à ce que les jeunes gens qui ne profitent pas de l'enseignement gratuit de l'école spéciale puissent, comme externes, profiter de l'enseignement sans profiter de la gratuité du pensionnat, puissent recevoir les leçons de ces maîtres habiles, se former aux doctrines de l'Université et se préparer au concours d'agrégation avec un avantage égal à celui des pensionnaires de l'école : voilà toute la pensée de la commission ; est-ce une pensée hostile à l'Université? Le ministre, ne repoussant pas l'idée de la commission, a dit qu'il Tétudierait; la commission ne fait pas la loi de l'externat, elle a seulement présenté ses idées, et elle a dit : Il y a un établissement unique en France, où sont payés par l'État les hommes les plus habiles, les plus capables de préparer et de former des professeurs pour l'Université. Il y a des pensionnaires qui sont admis à recevoir gratuitement cet enseignement, ce professorat; ceux-là seuls en profitent qui, par le triomphe du concours, ont conquis la gratuité de l'enseignement.

Eh bien, des externes ne pourraient-ils pas en profiter, et, en recueillant les leçons des professeurs les plus distingués, arriver au concours de l'agrégation avec un enseignement pareil , et devenir professeurs avec autant de facilité que les pensionnaires de l'École normale? Voilà la pensée de la commission. Et, assurément , ceux qui ont livré cette pensée au mi-

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nistre ti'étaient pas animés d'un esprit d'hostilité contre TUniversité.

La question fut agitée de nouveau dans la même séance, à Tocca* sion du chapitre V, relatif à l'École nonnale. Le Gouvernement demandait 230,820 fr.; la commission proposait seulement 223 mille 780 francs.

M. Barthélémy Saînt-Hilaire avait, à ce propos, relevé une erreur matérielle commise par le rapporteur au sujet du traitement du directeur de l'École normale.

M. Berryer répondit.

M. Bbrrybr, rapporteur. A la vérité, il y a une erreur, une erreur incontestable; c'est la faute, non pas de la commission, mais du rapporteur tout seul. J'ai vu la demande de crédit de 6,000 francs sur la lettre, et j'ai porté le chiffre à 6,000 francs, sans faire attention qu'il ne s'agissait pas seulement d'ajouter 4,000 francs, mais 6,000 francs, aux 2,000 francs d'indemnité déjà accordés. L'assemblée me pardonnera d'avoir laissé * échapper quelques inexactitudes; j'ai été très-pressé par les vœux de l'assemblée de terminer le travail... (Oui! ouil — Très-bien!) J'avais entre les mains la lettre du ministre , qui me disait que les deux fonctions étaient incompatibles , qu'il y avait alors un nouveau directeur, et qu'il fallait rétablir le traitement entier. Le chiffre de 6,000 fr. était à ajouter aux 2,000 francs d'indemnité; je n'ai porté que 6,000 francs en tout, c'est-à-dire 4,000 fr. d'augmentation.

Maintenant, si l'on dit que le directeur des études à l'École polytechnique a 10,000 francs de traitement, je répondrai qu'à l'École normale le directeur des études n'a que 5,000 francs de traitement. Si vous voulez regarder au budget, vous le verrez.

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