BUDGET DE 1851. — INSTRUCTION PUBLIQUE
H. Barthélémy Saint-Hilaire. Je ne le nie pas; loin de là ; je le regrette.
M. LE Rapporteur. C'est donc moi seul qui ai commis l'erreur. On demandait un crédit de 6,000 francs; j*ai cm que le crédit de 6,000 francs devait se confondre avec les 2,000 francs déjà alloués, et je n'ai fait la soustraction sur notre réduction de il, 000 fr. que de 4,000 francs, au lieu de 6,000 francs. Encore une fois, ce n'est pas une délibération de la commission, c'est un chiffre échappé au rapporteur.
M. LE Rapporteur. Je crois avoir donné à l'assemblée la setile explication de notre pensée qu'il fût possible de lui donner en très-peu de mots; je ne puis que la reproduire.
Il y a en France une seule institution où est organisé un corps complet de professorat pour préparer les jeimes gens à l'enseignement. Quels sont les jeunes gens qui profitent en France de ce professorat dans cette maison unique? Ce sont exclusivement les jeunes gens qui, après un concours, ont obtenu la gratuité du pensionnat
Que désirons-nous? Que les jeunes gens qui n'ont pas au concours obtenu la gratuité du pensionnat puissent participer au bénéfice de l'enseignement universitaire.
Nous demandons si cela n'est pas possible, et nous ajoutons : Sans porter le moindre trouble dans l'École normale, en établissant toutes les conditions qui peuvent assurer le maintien de la discipline et de la moralité dans la maison, car nous avons bien compris que le contact des externes avec les internes pouvait avoir quelques inconvénients. Nous demandons cela en faisant, dis-je, la recommandation de régler l'ex-
ternat de manière ù ce que les conditioDS de discipline intérieure ne soient altérées en rien; qu'il soit pris toutes les précautions qu'il est possible de prendre; mais nous disons qu'il peut y avoir des jeunes gens qui, sans jouir de la gratuité du pensionnat, peuvent jouir du bénéfice de renseignement qui est donné par l'État.
M. Delebecque. Vous diminuez le nombre des élèves !
M. LE Rapporteur. Nous ne diminuons pas le nombre des élèves pour cela.
M. Delebecque. C'est dans le rapport.
M. Barthélémy Saint-Hilaire. Si ; vous dfminuez le nombre des élèves.
M. LE Rapporteur. M. le ministre vient de reconnaître lui-même que la probabilité des besoins du professorat n'exigeait pas pour 1851 l'admission de plus de vingl-sept élèves, et nous avons dit : Si le système de l'externat étudié par le ministre est admis , s'il est possible d'avoir un certain nombre d'externes qui, sans nuire à l'École normale, puissent profiter aussi bien que les pensionnaires du bénéfice de l'enseignement, il y aura économie résultant de l'admission d'un nombre d'élèves moindre pour satisfaire aux besoins du professorat. Ce sera un avantage évident.
Voilà toute la pensée de la commission. (Mouvements divers.)
M. LE Ministre de l'instruction publique. Je ne pense pas qu'en votant les chiffres on vçte les notes qui sont à côté. La commission a exprimé le vœu que cette question fût étudiée. J'ai combattu l'idée au sein de la commission; mais je n'ai pu me refuser au désir de l'étudier, qui était manifesté par la com-