PROPOSITION DB M. DE BRICQUEVILLE
ils OBt tour à tour rempli la collection de nos lois dédis positions pleines d'anatbèmes. Il n'est personne qui, dans ces révolutions, dans ces événements, n'ait joué un rôle quelconque ; il n'y a personne qui ne se soit signalé comme leur ayant appartenu, et qui n'ait été sous le coup de toutes les lois monstrueuses dont le Bulletin est rempli. ^
Pourquoi donc aller sonder le fond des consciences , pénétrer cet asile secret de l'homme et lui supposer des intentions secrètes, perverses^ je ne sais quel besoin de jeter du désordre, et d'aller au vœu de son cœur, au rêve de son imagination, à travers l'anarchie qu'on voudrait susciter dans le sein de sa patrie?
Quel est ce besoin qui tourmente au fond certains hommes? quel est ce besoin de supposer de la haine, des projets ennemis, la pensée de déchirer le sein de son pays^ à ceux dont on ne partage pas les opinions? La générosité naturelle à tous les cœurs français s'oppose à ce qu'on leur suppose des vœux destructeurs, l'absence de l'amour de la patrie et Tintenlion de faire oublier les terribles leçons que le pays a reçues*
C'est dans ce sentiment qu'un homme de bonne foi, jeune encore, étranger à nos malheurs politiques, mais qui a vu les événements et qui les a suivis, a conçu qu'il ne devait plus y avoir de lois de proscription, qu'elles étaient non-seulement odieuses, mais encore inutiles, et que, comme inutiles, elles devaient être effacées des codes de nos lois.
Tel a été le but de mon amendement.
^ Je dis que les peuples ont dû recevoir depuis longtemps un haut enseignement résultant du spectacle de nos longues agitations, et qu'ils ont dû voir l'impuissance des lois de proscription»
BlSCOims PAALBMENTAIBfiS. — IM*
Mais il faut espérer aussi, pour l'honneur des hommes, qu'au travers des agitations diverses qui nous ont tour-à-tour tourmentés, les esprits se tourneront enfin vers des pensées de coneiliation, éprouveront le besoin de s'entendre, d'opérer un rapprochement sur des idées communes, et sentiront qu'il est temps de marcher d'accord avec bonne foi et loyauté vers un seul but, le bonheur du pays. Ce rapprochement est le premier besoin du pays si longuement agité.
Qu'ai-Je entendu ? On prévoit que de telles alliances peuvent se faire, on prétend qu'il peut s'en former au sein ou au-dehors de cette chambre, et l'on jette un cri d'alarme, on s'effraye de ce qu'entre des hommes qui ont été opposés, entre des partis qui ont été divisés, il puisse y avoir des rapprochements et des conciliations! (Rires ironiques et agitation au centre.)
Je ne m'étonne pas des murmures qui s'élèvent, et moins encore lorsque je vois de quelle partie de l'assemblée ils jaillissent. (On rit.)
11 n'est pas étonnant que ceux qui manient le pouvoir dans des temps difficiles, et qui ont attaché leur vanité à s'opposer à ceux qui autrefois exerçaient ce pouvoir, s'impatientent des difficultés qu'ils rencontrent. Il n'est pas étonnant qu'ils éprouvent le besoin d'accuser, non pas seulement les difficultés des temps dont leur génie ne peut triompher, mais même les passions secrètes de ceux qui n'adoptent pas tous leurs sentiments.
Ainsi, la possibilité annoncée de l'union des partis excite des murmures, le rire même au sein de cette assemblée; c'est en quelque sorte une justification de la puissance du génie de ceux qui se sont chargés des affaires. (On rit.)
Il n'en est pas moins vrai que nous sommes de bonne
pjtèê^sfm^m mm. tfà ntotooitfûiA IIP»
kÀy émcwe bien que n^Hieiireuscineikl peuê-ètre nous soyons loin cie yoir eesser complètement, en France, les division» et les éiscordes. Po«[?qiioi venir sttaquer ces germes d'al:)imee|M>s6Îbleieiiftirie'^B hommes trop' longtemps séparés? Sans doute, vous deveï surveiller, comme pouvoir, KacfioR des- pairtis^; mal9 vous ne devez pa» eaIomi»ev un' sentiment qtà peut être vrai^ généreux, loyal^ etrtte ém h^mmèfk Mignés im malheurs du pays.
Jmx Aw CERTRS. Odi, trè9*Ioyat L*. (Agitation prolongée.)
Messieurs, il est taqrars fedte àé smlever* ees sortes de questions ;! ed je ne mi'éeavte pas ici de mon amendement, pHisc^u'ila^été fait da»s cette* pensée. Il est eoeameée- de n« pos^'avr^ter seulewent ans ïaagage^ des homnnes, d'ftffier ^cove jmquf'à eel^ a»i}e oif personne n*a le d^oit de* pénétrer, leur^ eonseience, de s'écrier : «Oui, très-lojfaf,. » eomme ce m«»t vient de retentir à mes oreiites^ K est ftfeila de montrer (fu'il y a fuelqae ckose df'étrange dansce qu^on appeite Fia€cord OU) te' retour de certaiiis hommes opposés d'opinion à certaines idées qur deviennent communes et qui marehent actuellement ensemble. G'est réveiller le souvenir des eulamités passées, c'est dire sans cesse aux mis et anx autres : Rappelez-vous que vous avez été attae&és à tel parti, que vous avez suivi= telle banniérc) que vous vous êtes' trouvés dans des camps différents. Il faut qu'entre vous il y ait toujours guerre, et que nousy nous soyons placés entre vous.
Je iK'iaiiterai pas celui qui, devwt vous, a fait retentir des parole» imprudentes (i), et je n'expliquerai
(l)llt Vienmtt, qui, enr appuyant le projet de loi; avait ttèft-vive^ ttiBl «mqaé Ml de- OUatteuliMuidi
iSù piscouRs paulbhsntaibes. -* isu
pas pourquoi tel parti attaque si violemment les autres, se plaint de leur prétendue alliance^ et va chercher, dans l'accord des idées générales, des symptômes de conspiration flagrante contre le repos et l'avenir du pays.
Attaquer le parti qui nous attaque, ce serait tomber précisément dans l'inconvénient que je signale, et je veux l'éviter. Cependant la chambre me permettra de répondre à deux choses qui ont été dites par cet orateur. Je le fais, parce que ces deux choses rentrent dans la question de l'amendement.
J'ai demandé la parole pendant que cet orateur était à la tribune. Je l'ai demandée pour le rappel au règlement, je ne l'ai pas obtenue. La chambre a pensé qu'il n'y avait rien de contraire au règlement à ce que, dans une discussion ouverte dans son sein, on allât chercher un écrit composé par un homme qui ne fait pas partie de ses membres, et qu'on le citât à la barre hors de toutes les formes régulières.
Si l'on se fût borné à attaquer cet écrit, à combattre les idées qu'il développe, à réfuter les objections qu'il élève (et qu'il n'est pas seul à élever en France), il n'y eût eu rien de plus naturel , de plus simple et de plus légitime; car à cette tribune, où tout se débat, intérêts, passions, besoins, sentiments du pays, il était permis d'attaquer et de combattre les intérêts , les sentiments qui semblaient s'être réfugiés dans une brochure.
Mais on est allé plus loin ; et dans une chambre française qui veut la libre discussion de tout ce qui intéresse la justice et l'honneur, on a attaqué une personne. Vous trouverez juste. Messieurs, que je fasse entendre quelques mots de défense pour répondre au nom de celui qui n'était pas là ^ et ne pouvait
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pas répondre Ini-mCme aux insinuations, aux attaques dirigées contre lui.
(Voix diterses : Oui 1 oui 1 Parlez ! parlez ! )
Mes«eurs , c'est avec douleur que j'ai vu signaler d'une manière directe et personnelle l'écrivain dont il s'agit; son nom peut être prononcé ici, car îl est dans toutes les bouches, M. de Chateaubdand.
Cet homme, comment s'cst-il conduit à une époque où un gouvernement nouveau s'établissait enPrancc; à une époque où ce gouvernement crut qu'il avait besoin de donner des garanties à tous les partis^ et de consacrer son pouvoir nouvellement établi, en jetant une distance énorme entre lui et le pouvoir qui l'avait précédé ; à une époque où ce gouvernement nouveau crut qu'il était nécessaire et politique de faire usage de mesures de précaution , pour étouffer les espérances, les vœux, et jusqu'aux opinions d'un parti?
Quand cet homme vit ce pouvoir nouveau recourir à de semblables moyens pour se soutenir; quand il vit le sang couler dans le fossé de Vincennes, que fit-il? Il quitta les fonctions qu'il remplissait, il donna sa démission, et il exprima hautement, alors comme aujourd'hui, son opinion contre des mesures de sang.
Cet homme , depuis , a erré sur la terre étrangère , dans les plaines de l'Orient , et a recueilli avec un cœur palpitant de joie ces mots que la valeur française a laissés comme une marque de nos succès : En avant, marche ! mots répétés par les Bédouins du désert. Il est allé, dis-je, recueillir tout ce qui pouvait être cher et glorieux pour son pays.
Il y est rentré, et depuis, je le demande, quelle gloire française n'a-t-il pas vantée, illustrée, célébrée? Dans toutes les occasions , au péril de sa fortune et