‹ Œuvres de Blaise Pascal; publiées suivant l'ordre chronologique, avec documents complémentaires, introductions et notesChapitre 99 sur 191 · Addition de Bossut · texte numérisé non relu

Addition de Bossut

que les passages de l'Ecriture qui i [semblent] favoriser les Semi-pelagiens, ruinent les sentimens de saint Augustin, puis que tous les passages peuvent avoir deux sens ; au lieu que ceux qui établissent la Doctrine de saint Augustin, ruinent nécessairement les Semi-pelagiens, parce qu'ils sont univoques, et c'est ce qui a fait dire à Saint Prosper écrivant à Ruffin ce discours sur le même sujet 2

P. [semble].

P. (note marginale): chap. 3.

Saint Augustin et les Pères qui l'ont suivi, n'ont jamais parlé des Commandemens, qu'en disant qu'ils ne sont pas impossibles à la Charité, et qu'ils ne nous sont faits que pour nous faire sentir le besoin que nous avons de la Charité qui seule les accomplit.

(Aug. De nat. et grat., cap. 69 et de Perfect. justit. c. 10.) 2. Dieu juste et bon n'a pu commander les choses impossibles ; ce qui nous avertit de faire ce qui est facile, et de demander ce qui est difficile. Car toutes choses sont faciles à la charité. Et ailleurs : Qui ne sçait que ce qui se fait par amour n est pas difficile? Ceux-là ressentent de la peine à accomplir les préceptes, qui s'efforcent de les observer par la crainte ; mais la parfaite charité chasse la crainte, et rend le joug du précepte doux ; et, bien loin d'accabler par son poids, elle soulevé comme si elle nous donnoit des ailes. Et cette charité ne vient pas de nostre libéral arbitre si la grâce de Jesus-Christ ne nous secourt, parce quelle est infuse et mise dans

1. Ms. 124/19, P- 710 à 712 avec ce titre : « Copie d'un feuillet détaché. » — C'est là une version plus longue etplus encombrée de citations du passage imprimé ci-dessus, p. i64; il semble bien que ce soit une première ébauche. Bossut en a publié le premier passage dans sa Dissertation, p. 491-493.

2. Cf. ces textes de S1 Augustin empruntés à la Trias, supra p. 120 sq. et 122 sq.

nos cœurs, non par nous-mesmes , mais par le Saint- Esprit. Et l'Ecriture nous avertit que les préceptes ne sont pas difficiles, par cette seule raison qui est afin que Vame qui les ressent pesans, entende quelle napas encore receu les forces par lesquelles il luy soit doux et léger, etc.

(Fulg., lib, 2, De verit, prœdest. cap. h1.) Quand il nous est commandé de vouloir, nostre devoir nous est marqué : mais parce que ne pouvons pas l 'avoir de nous-mesmes, nous sommes avertis de qui nous devons le demander, mais toutefois nous ne pouvons pas faire cette demande, si Dieu n'opère en nous de le vouloir.

(Prosp. Epist. ad Demetriad. 2). Les préceptes ne nous sont donnez que par cette seule raison, qui est de nous faire rechercher le secours de celuy qui nous commande, etc.

(Aug. De Nat. et grat., cap. i5 et 163.) Les Pelagiens [s'imaginent dire] quelque chose d'important, quand ils disent que Dieu ne commanderoit pas ce quil sçauroit que l'homme ne pourroit faire. Qui ne sçait cela ? Mais il commande des choses que nous ne pouvons pas, afin que nous commissions à qui nous devons le demander.

i. Cf. ce texte de Sb Fulgence, infra p. 218.

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