‹ Œuvres de Boileau a l'usage de le jeunesseChapitre 20 sur 62 · AVIS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AVIS AU LECTEUR

Il serait inutile maintenant de nier que le poème suivant a été composé à P occasion d'un différend assez léger qui s'émut , dans une des plus célèbres églises de Paris , entt'e le trésorier et le chantre ; mais c'est tout ce qu'U y a de vrai. Le reste , depuis le commencement jusqu'à la Jîn , est une pure Jîction , et tous les personnages y sont non-seulement inventés , mais j'ai eu soin de les faire d’un caractère directement opposé au caractère de ceux qui desservent cette église, dont la plupart , et principalement les cluxnoincs , sont tous gens non-seulement d'une fort grande probité , mais de beaucoup d'esprit , et entre lesquels il y en a tel à qui je demanderais aussi volontiers son sentiment sur mes ouvrages , qu'à beaucoup de messieurs de V Académie. Il ne faut donc pas s’étonner si personne n'a été offensé de l’impression de ce poème , puisqu'il n'y a en effet personne qui y soit véritablement attaqué. Un prodigue ne s'avise guère de s'offenser de voir rire d’un avare , ni un dévot de voir tourner en ridicule un libertin. Je ne dirai point comment je fus engagé à travailler à cette bagatelle sur une espèce de défi ( i) qui me fut fait en riant par feu M. le premier prési-

L« démêlé du trésorier et du chantre parut si plaisant au premier président de Lamoignon , qu'il proposa un }our à Boileau

Page 1