‹ Œuvres de Boileau a l'usage de le jeunesseChapitre 30 sur 62 · SUR L*ODE · texte numérisé non relu

SUR L*ODE

Jter ce grand poète qu'en tâchant de faire une ode en français à sa manière , 'c'est-à- dire pleine de monvemens et de transports , où V esprit parut plutôt entraîné du démon de la poésie que guidé pat' la raison. C'est le but que je me suis proposé dans Vode qu’on va vo^\ J'ai pris pour sujet la prise de Ifamur , comme la plus grande action de guerre qui se soit faite de nos jours , et comme la matière la plus propre à échauffer Ü imagination dun poète. J'y ai jeté , autant que fai pu , la magnificence des mots ; et à l'exemple des anciens poètes dithyrambiques , fy ai employé les figures les plus audacieuses , jusqu’ày faire un astre de la plume blanche que le roi porte ordinah'ement à son chapeau ^ et qui est en effet comme une espèce de comète fatale à nos ennemis qui se jugent perdus dès qu'ils Vaperçoivent. K oilà le dessein de cet ouvrage. Je ne réponds pas d’y avoir réussi ; et je ne sais si le public , àccoi^ tumé [aux sages emportemens de Malherbe, s'accommodera de ces saillies et de ces excès pindariques . Mais , supposé que j'y aie échoué , je m'en consolerai du moins pat' le commencement de cette fameuse ode latine dllorace .• Pindarum quisquis studet æmulari, etc., où Horace donne assez à entendre que , s'il eût voulu luiméme s’élever à la hauteur de Pindare , il se serait vu en grand hasard de tomber.

Mu reste , comme parmi les épigrammes qui sont imprimées à la suite de cette ode on trouvera encore une autre petite ode de ma façon , que je n’avais point jusqu’ici insérée dans mes écrits , je suis bien aise , pour ne point me brouiller avec les Anglais d’aujourd'hui , de faire ici ressouvenir le lecteur que les Anglais que

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f attaque dans ce petit poème , qui est un outrage de ma première jeunesse , sont les cinglais du temps de Cromwel,

J'ai joint aussi à ces épigrammes un arrêt burlesque, donné au Parnasse , que fai composé autrefois , afin de prévenir un arrêt très-sérieux que VUniversité^ongeait à obtenir dU parlement contre ceux qui enseigneraient dans les écoles de philosophie d autres principes que ceux d* Aristote. La plaisanterie y descend un peu /jqs, et est toute dans les termes de la pratique; mais il fallait qu'elle fût ainsi pour faù'e son effet qià fut, très-heureux , et obligea ^ pour ainsi dire^ VUniversité à supprimer la requête qvêelle allait présenter.

'' Ridiculum acri

Fortiùs ac mcliiis magnas plerumquè secat res.

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