SUR LA PRISE DE NAMUR
Quelle docte et sainte ivresse Aujourd’hui me fait la loi ?
Chastes nymphes du Permesse ,
N’est-ce pas vous que je voi !
Accourez , troupe savante ;
Des sons que ‘ma lyre enfante Ces arbres sont réjouis.
Marquez-en bien la cadence ;
Et vous , vents , faites silence :
Je vais parler dé Louis.
^i) Louis XIV assiégea Namor le a 6 mai 169 a. La rillc fut prise le 5 juin , et le château se rendit le dernier jour du môme mois. Cette ode était d’abord de dix-huit stances. L’auteur en re > trancha une qui était la seconde. La roici :
Vn torrent dans tes prairies Roule à flots précipités :
Malherbe dans ses furies Marche à pas trop concertés.
J’aime mieux , nouvel Icare ,
Dans les airs cherchant Pindara ,
Tomber du ciel le plus haut ,
Que , loué de Fontenelle ,
^aser , timide hirondelle ,
La terre comme Perrault,
ODE suit LA PUISE Daus ses chansons immortelles ,
Comme un aigle audacieux ,
Pindare étendant ses ailes ,
Fuit loin des vulgaires yeux.
Mais , ô ma fidèle lype Si , dans l’ardeur qui m’inspire ,
Tu peux suivre mes transports ,
Les chênes des monts de Thrace N’ont rien ouï que n’efface La douceur de tes accords.
Est-ce Apollon et Neptune Qui , sur ces rocs sourcilleux ^
Ont , compagnons de fortune ,
Bâti ces murs orgueilleux (i)?
De leur enceinte fameuse ,
La Sambre unie à la Meuse Défend le fatal abord ;
Et par cent bouches horribles L’airain sur ces monts terribles Vomit le fer et la mort.
Dix mille vaillans Alcides Les bordant de toutes parts ,
D’éclairs , au loin homicides ,
Font pétiller leurs remparts ;
Et dans son sein infidèle Partout la terre y recèle .
(O Apollon et IVcptune s’étalent loués à Laon#don , roi de Troie , pour bâtir les murs de cette yllle.
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