‹ Œuvres de Boileau a l'usage de le jeunesseChapitre 31 sur 62 · SUR LA PRISE DE NAMUR · texte numérisé non relu

SUR LA PRISE DE NAMUR

Quelle docte et sainte ivresse Aujourd’hui me fait la loi ?

Chastes nymphes du Permesse ,

N’est-ce pas vous que je voi !

Accourez , troupe savante ;

Des sons que ‘ma lyre enfante Ces arbres sont réjouis.

Marquez-en bien la cadence ;

Et vous , vents , faites silence :

Je vais parler dé Louis.

^i) Louis XIV assiégea Namor le a 6 mai 169 a. La rillc fut prise le 5 juin , et le château se rendit le dernier jour du môme mois. Cette ode était d’abord de dix-huit stances. L’auteur en re > trancha une qui était la seconde. La roici :

Vn torrent dans tes prairies Roule à flots précipités :

Malherbe dans ses furies Marche à pas trop concertés.

J’aime mieux , nouvel Icare ,

Dans les airs cherchant Pindara ,

Tomber du ciel le plus haut ,

Que , loué de Fontenelle ,

^aser , timide hirondelle ,

La terre comme Perrault,

ODE suit LA PUISE Daus ses chansons immortelles ,

Comme un aigle audacieux ,

Pindare étendant ses ailes ,

Fuit loin des vulgaires yeux.

Mais , ô ma fidèle lype Si , dans l’ardeur qui m’inspire ,

Tu peux suivre mes transports ,

Les chênes des monts de Thrace N’ont rien ouï que n’efface La douceur de tes accords.

Est-ce Apollon et Neptune Qui , sur ces rocs sourcilleux ^

Ont , compagnons de fortune ,

Bâti ces murs orgueilleux (i)?

De leur enceinte fameuse ,

La Sambre unie à la Meuse Défend le fatal abord ;

Et par cent bouches horribles L’airain sur ces monts terribles Vomit le fer et la mort.

Dix mille vaillans Alcides Les bordant de toutes parts ,

D’éclairs , au loin homicides ,

Font pétiller leurs remparts ;

Et dans son sein infidèle Partout la terre y recèle .

(O Apollon et IVcptune s’étalent loués à Laon#don , roi de Troie , pour bâtir les murs de cette yllle.

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