A M. L'ABBÉ DES ROCHES
T. A principale raison pour laquelle l'auteur composa cette Epitrc , [ut pour conserver fa fable de l'fiuitr'e et des P/aidmirs, qu.il avoit retranchée < de VF.pître précédente. Il y décrit cnp.ut de mots la sottise de ceux qui ont la fureur de plaider.
■A- quoi bon réveiller mes muses endormies , Pour tracer aux auteurs des rèfllea ennemies ^ Penses-tu qu'aucun d^eux veaîllrt subir- mes lois , Ni suivre une raison qui paria par tiiaîvorx ! - ' ■ t O le. plaisant docteur , qui, sur les pas-d'Horace, "•■ Vient prêcher, diront-ila , la réforme au Parnasse ! • Nosecritssontmauvais,' les sieqs valent-ils mieux î J'entends déjà d'ici Linière furieux Qui m'appelle au combat sans prendre un plus long terme.
De l'encre , du papier"! dit-il ; qa^jn nous enferme !
Voyons qui de nous deux, plus aise' dans ses vers,
Aura plutôt rempli la pape et. le revers !
Moi donc ,-qui suis peu fait à ce genre d'escrime ,
.Te 'le laisse tout seul verser rime sur rime ,
Jit souvent de de'pit contre moi s'esercant.
Punir de mes défauts le papier innocent.
ÉPÏTRE It. . iî»
Mais toi , qui ne crains point qu'un rimeur te noircisse ,
Que fais-tu cependant seul en ton he'iie'riee l Attends-tu qu'un fermier, payant, quoiqu'un peu tard.
De ton bien pour le moins daigne te faire part ! Vas-tu , grand défenseur des-droÎFs de ton église , De tes moines mutins réprimer l'entreprise ?
Crois-moi, d'ut Auzanet (i) t'assurer du succès , > Abbé" , n'entreprends point intime un juste procès ; K'iuûte point ces fous dont la sotte avarice Va de ses revenus engraisser la justice ; Qui . toujours assignant , et toujours assignés , Soovt*atdemenrein;gnenx de vingt procès gagnes". Soutenons' bien nos droits : SOt est celui qui donne : C'est ainsi devers CaCO que tout Normand raisonne. Ce soiJ|là les leçons dont un nèr<> maaceaa Instruit son fijs novice au sortir du berceau. Mais pour toi. qui . nourri bien en- deçà du l'Oise, As suce' la vertu ^ioarne et champenoise , IS'on non , tu n'iras point . ardent bénéficier ; Faire, enrouer pour toi Corbia ni le Maaier (»). Toutefois si jamais quelque ardeur bilieuse Allunioit dans ton creur l'humeur litigieuse , Consulte-moi d'abord . et , pour la réprimer, Retiens bien la leçon que je te vais rimer.
Un jour, dit un auteur, n'importe en quel chapitre i" v 1 « • .
Deux vovageurs a jeun rencontrèrent une huître. Tous deux la contestobmt , lorsque dans leur chemin La Justice pas^a , la balance à la main.
(i) Pameux avocat a:i parlement de Paru, (a) Deux autre* avocats.
,3a É PITRE II.
Devant elle à grand bruit ils explicrucntla chose. Tous deux avec dépens veulent gagner leur cause. L:i Justice , pesant ce droit litigieux , Demande l'huître , l'ouvre , et L'avale à leurs yeux , Et par ce bel arrêt terminant la bataille ; Tenez , voilà, dit-elle, à chacun une écaille. Dca sottises d'autrui nous vivons au pilais.
Messieurs, l'huître e'toit butine. Adieu. Vivez ea paix.
KPITRE