H ODE
Eat-ce Apollon et Neptune:
Qui sur ces jôcs sourcilleux, Ont . compagnons de fortune , (t)
îiati ces inurs 'orgueilleux !
De Ieirr enceinte fameuse Ld Santbre , unie à la Meusé , Défend le ratai abord :
Et , par cent bouches horribles t L'airain sur ces monts terribles Vomit le fer et la mort.
Dix mille vaillans Àlcides , Les bordant de toutes parts , D'éclairs au loin homicides font pétiller leurs remparts ; Et dans son sein infidèle , Par-tout la terre y recèle ÎJn feu prêt à s'élancer j Oui soudain perçant son goufrèj Ouvre un sépulcre de soufre A quiconque ose avancer;
Nariiuf, devant tes murailles Jadis la Grèce eût vingt ans Sans fruit vu les funérailles De ses plus Gers combattans.
Quelle effroyable puissance Aujourd'hui pourtant s'avance , Prête à Foudroyer tes monts!
Quel bruit , quel feu l'environne !
C'est Jupiter en personne , Ou C'est le vainqueur de Mon*
(*) -ÏU s'étoiènt loués à LBonrédon pour rebâtirles mura « Tniw
ODË.
Tout brille en lui , tout eat roi.
Dans Bruxelles Nassau blême Commence à trembler pour toi»
En vain il voit le Batave , Désormais docile esclave , Rangé sous ses étendards :
En vain au Lion Belgique Il voit l'Aigle Germanique
-îPtein de la frayeur nouvelle - Dont ses sens sont agités , A son secours il appelle Les peuples Les plus vantés •»
Ceux-là viennent du rivage Où s'enorgueillit le Tage De l'or qui roule en ses eaux ; Ceux-ci , des champs où la neige Des marais de La Jiorwège Neuf mois couvre les roseaux.
Mais qui fait enfler la Sambre , Sous les Gémeaux effrayés (i) I Des froids turrens de décembre Les champs par-tout sont noyé* Cérès s'enfuit éplorée De voir en proie à Borée Ses guérets d'épis chargés .
Et sous les urnes faujv'useS Des Hyadcs orageuses , Tous ces trésors submergés.
(0 Le siège se Ht ân mois de juin , et il tomba durant ce temps àe furieuses pluies.
Déployés toutes vos rages , Princes, vcuts , peuples , frimas , Ramassez tous vos nuages .
Rassembles tous vos soldats t Malgré - vous ,/Namur en poudre S'en va tomber sous la foudre ui dompta Lille , Courtray, and la superbe espagnole , tiaiut-Onier , Besançon , Dole , Ypres , Maatricfat et Canibray.
Mes présages s'accomplissent :
Il commence à chanceler ; Sons les coups qui retentissent Ses murs s'en root s'écrouler.
Mars eu feu , qui les domine , Souffle à grand bruit leur ruine ; Et les bombes, dans les airs Allant chercher le tonnerre , Semblent , tombant sur la terre , Vouloir s'ouvrir les enfers. ,
Accourez , Nassau, Bavière , De ces murs l'unique espoir s A couvert d'une rivière, Venez , vous pouvez tout voir.
Considérez ce* approches*: , Voyes grimper sur ces roches Ces athlètes belliqueux ; Et dans les eaux , dans la flamme Louis à tout donnant l'ame , Marcher , courir avec eux.
Contemplez dans la tempête Qui sort de ces boulevards,
La plume (1) qui sur sa tête Attire tous les regards.
A cet astre (2) redoutable Toujours un soi t favorable S'attache dans les combats , Et toujours avec la gloire Mars amenant la victoire , Vole et le suit à grands pas.
Grands défenseurs de l'Espagne , Montre s-vous , il en est temps.
Courage ! vers la Méhagne (3) Voilà vos drapeaux (lotlans.
Jamais ses ondes craintives WoDt vu sur leurs fotbles rives Tant de guerriers s'amasser.
Courez donc ; qui vous retarde ?
Tout l'univers vous regarde :
N'osez-vous la traverser !
Loin de fermer le passage A vos nombreux bataillons , Luxembourg □ du rivage Recuit! ses pavillons.
Quoi ! leur seul aspect vous glace !
Où sont ces chefs pleins d'audace 3 Jadis si prompts à marcher, Qui dévoient, de la Tamise Et de laDrave (/|) soumise", Jusqu'à Paris nous chercher î
(1) Le roi porte. touioùrs à l'armée-uns plume bUiiche-
(2) Homère , liiaâe, ïiv. x]y , v- 3tll , dît quci'.;i £ rC t d'Achille Érinceloit comme un astre.
(3) UivUre près de Namur.
(41 Ririircqtii se jett* drins !c DanuVe prèî do Eeîsrsde en lion-ric.
Cependant l'effroi redoubla Sur les remparts de Naimir :
Son gouverneur qui se trouble S'enfuit sous son dernier mur.
Déjà jusquea à ses portes Je vois monter nos cohortes La flamme et le fer en main ; Et sur les monceaux de piques , De corps morrs , de rocs , de briques , S'ouvrir un large chemin.
C'en est fait. Je viens d'entendre Sur ces rochers éperdus Battre an signal pour se rendre.
Le feu Qesse : il sont rendus.
Dépouilles votre arrogance , Fiers ennemis de la France ; Et désormais gracieux , Allez à Liège , à' Bruxelles, Porter les humbles nouvelles De Nam u r pris a vos yeux.
Pour moi, que Phébus anime De ses transports les plus doux, Rempli de ce dieu sublime , Je vais , plus hardi que vous, Montrer que , sur le Parnasse, Des bois fréquentés d'Horace Ma muse dans son déclin Sait encor les avenues , Et des sources inconnues A l'autour de Saint-Paulin (i).
(0 Poème héroïque de M. Perraujt,
Surun bruit gui courut, en i656, que Cromwelet les Anglais alloient faire la guerre àia France.
Quoi ! ce peuple aveugle en son crime , Qui , prenant son roi pour victime, Fit du trône un théâtre affreux, Pense-t-îl que te ciel, complice, D'un si funeste sacrifice , M'a pour lui ni foudre ni feux t
Déjà sa flotte à pleines voiles , .*
Maigre les vents et les étoiles ,
Veut maîtriser tout l'univers ,
Et croit que l'Europe étonnée »
A son audace forcenée
Va céder l'empire des mers.
Arme-toi , France ; prends la foudre i C'est à toi de réduire en poudre Ces sanglans ennemis des lois.
Suis la victoire qui t'appelle, Et va sur ce peuple rebelle Venger la querelle des rois.
0 ) je n'avuis que diVhuit «ni quand je fil cette oJj , maii je l'ai racomiuoJea.
sgo ODE.
M s. on vit cea parricides , ; ( v :'a de noa soldas perlïdes , Chez, nous . an comble de l'orgueil , Briser tes plus fortes murailles' ■ Et , par le gain, de vingt batailles , Mettre tous tes peuples en deuil.
Mais bientôt îo ciel rn eolere , Parla inaïn d'une humble bergère Renversant tous leurs bataillons , Borna leurs succès et nos peines î ç* , Et lettf» wiFjw , pnuîris dans nos pleines , M'ont fait qu'en graieact nos aillons.
ÉFIGRAMMES.