‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 2)Chapitre 4 sur 58 · SV% LES TROIS MÀGDELÈNES · texte numérisé non relu

SV% LES TROIS MÀGDELÈNES

lendemain du sabbat , avec d'autres^ voir le sépulcre^ et verset 8, que ces femmes coururent porter la nouvelle aux apôtres.

Saint Marc, xv. 4^, compte Marie -Magdelène entre les femmes qui avoient suivi, etc. comme saint Matthieu, xxvii. 56; et verset 47 > il dit qu'elle regardoit oëi on mettoit le corps, qui est le même que dit saint Matthieu, xxvii. 6i. Idemj xvi. i, la nomme entre celles qui vinrent au sépulcre, comme saint Matthieu, xxviii. i. Ibidem j verset 9, il dit que Jésus apparut d*abord à Marie-Magdelène , et la désigne par les sept démons. Saint Jean, xix. 25, nomme Marie -Magdelène pour la première fois, lorsqu'il dit qu'elle étoit près de la croix ; et xx. i, il la nomme encore , disant qu'elle vint au sépulcre. Il est vrai que dans le même chapitre, vers. 1 1 et 16, il la nomme deux fois simplement Marie; mais la suite de l'histoire fait assez voir que c*est la même; et verset 18, il la nomme encore Magdelène, disant qu'elle vint porter la nouvelle aux disciples : ce qui convient avec saint Luc, xxiv. 10, comme l'apparition avec saint Marc, xvi. 9. Saint Jean parle de Marie, sœur de Marthe et de Lazare, XI. I, et par tout le chapitre, et dans le deuxième verset, il la désigoe par Fonction; ce qui ne doit pas faire croire que ce soit une autre onction que celle qu'il raconte au chapitre suivant : car ce deuxième verset est une parenthèse. Et il y a apparence qu'il la désigne ainsi, parce que cette action étoit fort connue , suivant la prédiction de notre Seigneur. Dans ces deux chapitres, oik il parle si souvent de la sœur de Marthe et de Lazare , il ne

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la nomme jamais que Marie , comme saint Lnc, x, 39; et toutefois dans les chapitres xix et xx^ oii il parle de Marie -Magdelène, il répète sauvent ce surnom.

Saint Matthieu, xxvi. 6, raconte Iliistoire d^une femme qui parfuma la tête de Jésus , et neU nomme point. Elle est autre que la pécheresse de saint Luc, Tii, 37, quoique, dans Tun et dans l'autre^ celui quitraitoit notre Seigneur soit nommé Simon; mais Tun est qualifié le Pharisien, l'autre le Lépreux. De plus, ce que saint Matthieu raconte arriva peu avant laPâque et la Passion. Saint Luc, qui est celui de tous qui suit le plus Tordre des temps, raconte fonction dont il parle, long-temps avant la Passion. Mais cette femme dont patle saint Matthieu est Marie sœur de Lazare, et il raconte la même chose que saint Jean, chap. xii. On le voit par les circonstances : I* Béthanie; a"" le murmure de Judas; 3"" la réponse de notre Seigneur, où au lieu de ut in diem sepul^ turœ nieœ servei illud^ Joan. xii. 7 , le grec dit : c*est ce qu*elle avait préparé pour ma sépulture çuelle me donne par avance; et qui se rapporte plus à ce que dit saint Matthieu*

Il est donc plus conforme à la lettre de TEvangile de distinguer ces trois saintes : la pécheresse qui vint chez Simonie Pharisien ; Marie, sœur de Marthe et de Lazare; et Marie«-Magdelène, de qui notre Sei* gneur avoit chassé sept démons,

16 Avril 1675.

Plures : Baron, an. 3a, n. 17, i8, 19. — Const. Apost. iii. c. 6. ^^Maria-Magdalena et Maria soror

6 SUR LES THÙIS MÂGDELÈNES*

Lazcai : Orig. et ex eo Theophil. in Marc, xir, et Euthym, in Mattb. xxvi. — Ghrysost. homil. lxxxi in Matth. et hom. lxi in Joan. — Hieron. inMatth. xxvi. — Ambros. in Luc. th. — August. in Joan. tract, xlix. Una : Orig. in Matth. tract. xxxv.Unaçuœ Chrisium sœpius unxiu — Id. contra plures y etc. Idem ^ homil. de Magdal, — Âmbros. lib. I de Salom, c. v. , — Gregor. honu x%y et xxxui. — Beda, in Luc. v. (*) Il ne s*agit pas de prouver qu'il est impossible que les trois soient la même ; il faut prouver que VEvangile force à n'en croire qu une, ou du moins que ce soit son sens le plus naturel.

W Ce font les i^atorîtés pour et contre qu^indique Bciuiiet,

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