‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 2)Chapitre 8 sur 58 · PRONONCÉ DANS L'ACADÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

PRONONCÉ DANS L'ACADÉMIE FRANÇAISE

i,B 9 àovr 1704»

Par m. L'ABBÉ DE POLIGHAC (♦),

honqtijl fat re^ à la place de M. BoMaet, évé^ie de llaans^

Messieurs,

CoHVEifT puis-je pRroiire derant T<m6 , qaand je songe li la place que vous me donoea, et au grand homme à qui je succède?

Quel homme fut plus célèbre que M. Fëvéque de Meaux ? Vous l'appelâtes dam un temps on sa réputation voloit de toutes parts. Jugé digne d'élever un Prince ^ l'espérance de l'Eut et le principal objet des attentions du Roi j il fut )ttgé digne de vous. Il apporta dans cette Compagnie tout le mérite qu'on vient y acquérir , une politesse parfaite , une éloquence vive, une vaste érudition. Vous fàtes moins touchés de la beauté de ses talens que de l'usage qu'il en avoit su faire. Il avoit paru dans la chaire de l'Evangile comiae un ChrjFSOstAme ; déjà la vérité l'avoit choisi popr son déiençeur comme un Atha* nase ; on ne parloit que du succès prodigieux de ses conférences et de ses disputes) rien ne résistoit à la force de «es raisonpemens ; et l'hérésie n'avoit point de présage plus certs^p de sa prochaine mine en France^ que les victoires qi^'il remportoit tous les jçui^ spyr les ennemisi de la foi.

Il persévéra jusqu'à la^mort dans ce docte et saint exer* dce^ toujours animé du n^éme zèle, toujours faisant servir les lettres à U relîgiop. De là sont sortis ces discours. vébé-> X^em qui saisissoient tous ses auditeurs, ces oraisons, fa-

C*) Depuis cardinal et aroheTéqae d'Aotih*

38 DISCOURS

meuses qtii nous apprenneot comment on peut instruire les vivans par l'exemple ieê morts ; de là ces merveilleux ouvrages auxquels semble attachée la grâce des conversions, qui pprtent Ijç %i)i)>ça)X d^ Ift véfit^ )U3q<i9 d)ui8. les plus épaisses ténèbres du mensonge, qui la peignent à nos yeux, et qui Fimpriment dans l'esprit avec des traits si nobles et si forte , qu'elle n'a plus besoin que de la bonne foi pour achever de le soumettre. Mais ce qu'on estima le plus en lui , c'est qu'il se regarda toujours comme un enfant de l'Église^ pendant qu'il en étoit le docteur, et qu'il borua toute l'étendue de ses connoi»sances à savoir simplement , et à nous enseigner ce qu'il falloit croire arec le commun des fidèles.

Tant de travapxne le détournèrent jamais de ses autres devoirs. G>mme l'étude qu'il avoit faite de l'antiquité lui a^oîbacqaiaFexpéfiîepcedë'tottsles temps, il comprenoit mieux quei person^ede quelle importance est aux États r.Qdtiucatfloa. de ceux qui d^ùveot les gouverner; U savoit que les premièDe^ impressioni de te jeunesse forment ordinairement le cafactcre de toute la vie, et que la vie' des.princes. forme celle de leitrs sujets. Il s'appliqua donc à. conduire l'heureux naturel de Monseigneur, et laissant aux autres le soin de cultiver les qualités qui dévoient un ' jour. le. faire craiodre, il* ne s'attacha qu'à celles qui dev^QienL le^ £Bdreaimj9r« IMni fit voir que dans la juUe idée qu'on .doit avoir de» Rois , la bonté Remporte sur tout le reste; quee'est principalement à cette marque qu'on reoonnoit eo eus l'image du Dieu vivant ; qu'ils ne sctot jafoais. mieux les, maîtres des autres hommes que lorsqu'ait' ^n sont les véritables pères, et que la domination la. plot sÀre est celle qni commence par assujettir les cœurs. U lui montra, dans l'histoire de saint Louis, quels secourfton tire des vertus chrétiemies au milieu des plus grands malheurs , et dans celle du Roi , comment on peut tes conserver au comble de la gloire et dans le torrent des prospérités. Le Prince, en suivant ces règles et ces modèles, s'est rendu l'objet de l'estime et de l'amour

DE M. L ABBÉ DE POLIfilTÂC. ig

en monde : la sagesse du fils fait le plus grand^ botahenr du père j disons ^aussi que le mërite du distiplefait la plu5 grande gloire du précepteur.

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