DÉMONS
menace ; jetons - nous par Voraison entre les bras de notre bon Père : nous serons à couvert et en assurance ; nous verrons notre ancien ennemi consumer sa rage par de vains efforts; et soulevés sur ces deux ailes du jeune et de Toraison , que nous soutiendrons par raumône, au lieu de succomber aux attaques des esprits rebelles et dévoyés , nous irons remplir les places qu'ils ont laissées vacantes au ciel par leur infâme désertion. Dieu nous en fasse la grâce. Ameu.
iM>^<i^o^»%%»»
SUR LES DÉMOH8. igS
IL' SERMON
POUK
LE I." DIMANCHE DE CARÊME
Quelle est leur pniasance et leur force, leur malice et leurs ruses : ■loyeiis qu^ils emploient pour nous séduire. Avec «quelle facilité nous pouvons les vaincre C*).
Ductus est Jésus à Spiritu in desertnm , ut tentaretur à diabolo.
Jésus fut conduit par VEsfrit dans le désert, pour être tenté du diable, MêlXUiv. i.
On vit dans le ciel un grand changement, lorsque les anges , maintenant ennemis , autrefois enfans et domestiques , ayant quitté le bien commun de toutes les natures intelligentes pour s'arrêter à eux-mêmes et À leur propre excellence y perdirent tout à coup
{*) Ce sermon est au fond le même que le précédent. D. Déforis a tenté , mais sans succès , de les fondre ensemble. Qu'oiqn^ib se rcnemblent beaucoup , chacun néanmoins a son caractère propre, des tours souvent trés-diflerens ; Tun développe ce qui neat qu'ébau* dié dans Tautre ; et d^aiUeurs celui-ci contient des morceaux con<* ndérables rpii ne se trouvent point dans le premier. Nous les donnons donc tous deux tels que Bossuet les a composée. ( EtUtion de yerwmilts.)
196 SVR LES O^HOHS.
la justice dans laquelle Dieu les avoit cr<îes; et n'ayant pins que du faste au lieu de leur grandeur naturelle, des finesses malicieuses au lieu d'une sagesse crïeste , l'esprit de division au lieu d'une charité très-ardente , ils devinrent superbes , trompeurs et jaloux , et réduits justement par leur péchë à une telle extrémité de misère, que nonobstant l'excellence de lenr nature , de pauvres mortels comme nous ne laissent pas de leur faire envie. Changement vraiment épouvantable, lequel si nous méditons sérieusement, il en réussira cette utilité, que ces esprits malfaisans, malgré la haine qu'ils ont contre nous, profiteront néanmoins à notre salut, en nous apprenant à craindre Dieu par l'exemple de leur ruine, et à veiller sur nous-mêmes par l'appréhension de leurs ruses. C'est le fruit que )e m« propose de ce discours, qui étant de telle importance, je ne puis douter du secours d'en-hauL <lans une entrcprisesi salutaire. Qui, mes Frères, le Saint- Esprit descendra sur nous, Marie nous assistera j)ar ses prières; et s'agissaut de combattre les démons, un ange nous prêtera volontiers ses paroles pour implorer son secours. Ave.
C'est le dessein du Fils de Dieu de tenir ses fidèles toujours en action, toujours occupés, et vigilans, et animés, jamais relâchés ni oisifs : et parce que comme de tous les emplois celui de la guerre est le plus actif et qui tient l'esprit le plus occupé, de là vient qu'il nous enseigne , dans son Ecriture, que « notre vie est une milice (0 «', et que comme