‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 3)Chapitre 24 sur 76 · PRÉDICATION · texte numérisé non relu

PRÉDICATION

« est secrète y ditsaimt Atigastin, qa*elle est ëloignëe » des sens de la. chair , cette retraite oik Jâufr<lhrist jbit leçon, cette école où Dieu est le maître ! Falde remota est à semibus camis hœc schola (0. Pour rencontrer cette école et pour écouter cette leçon, il faut se retirer au plus grand secret , et dans le centre du ccsur. Pour entendre prêcher Jésu&<Ihrist, il ne faut pas ramasser son attention au lieu où se mesurent les périodes, mais au lieu où se règlent les Daceurs : il ne &ut pas se recueillir au lieu où se gpùtent les belles pensées , mais au lieu où se pro* duisent les bons désirs : ce n*est pas même assez de se retirer au lieu où se forment les jugemens ; il faut aller à celui où se prennent les résolutions. Enfin s'il y a quelque endroit encore plus profond et plus retiré, où se tienne le conseil du cœur, où se déterminent tousses desseins, où Ton donne le branle à ses mouvemens; c'est là que, sans s'arrêter à la chaire matérielle, il faut dresser à ceMattre invisible une chaire invisible et intérieure , où il prononce se& oracles avec empire. Là quiconque écoute, obéit; quiconque prête l'oreille, aie cœur touché. C'est là que la parole divine doit faire un ravage salutaire, en brisant toutes les idoles, en renversant tous les autels où la créature est adorée, en répandant tout l'encens qu'on leur présente, en* chassant toutes les victimes qu'on leur immole ; et sur ce débris ériger le trône de Jésus-Christ victorieux : autrement, on n'écoute pas Jésus-Christ qui prêche.

S'il est ainsi, chrétiens, hélas ! que Jésus-Christ a

iS^DePrmâ, SS,cap. tiii, n, x3, tom, x, «oA 799.

pea d^auditeurSy et que dans la foule des assistans il 16 trouve peu de disciples ! Où sont-elles ces âmes BoumiseSy que FEvangile attendrit , que la parole de vérité touche jusqu'au cœur? En efièt, ou nous écoutons froidement , ou il s*élève seulement en nous des affections languissantes , foibles imitations des sentimens véritables , désirs toujours -stériles et infructueux, qui demeurent toujours désirs, et qui ne se tournent jamais en résolutions; flamme errante et volage , qui ne prend pas à sa matière , mais qui court légèrement par-dessus , et que le moindre souffle éteint tellement, que tout s'en perd en un instant, jusqu'au souvenir : Filù Ephrem intendentes et mittentes arcum , conyersi sunt m die belii (0 : « Les enfans d'Ephrem , dit David , préparoient » leurs flèches et bandoient leur arc ; mais ils ont » lâché le pied au jour de la guerre ». En écoutant la prédication, ils concevoient en eux-mêmes de grands desseins ; ils sembloient aiguiser leurs armes contre leurs vices; au jour de la tentation ils les ont rendues honteusement. Ils promettoient beaucoup dans l'exercice ; ils ont plié d'abord dans le combat : ils sembloient animés quand on sonnoit de la trompette; ils ont tourné le dos tout à coup, quand il a fallu venir aux mains : Filii Ephrem intendentes et mittentes arcum , conyersi sunt in die belîi.

Dirai-je ici ce que je pense? De telles émotions , foibles, imparfaites, et qui se dissipent en un moment, sont dignes d'être formées devant un théâtre, où l'on ne joue que des choses feintes, et non devant les chaires évaogéliques où la sainte Térité de

(OPi. Lxxrn. 12.

a48 »i)R tA vHÉDicATro?!

Dieu parolt dans sa pureté. Car à cjui est-ce qii il appartient de toucher les cœurs, sinon à laTérité? C'est elle qui apparoUra à tous les cccurs rebelles au dernier jour} et alors on connoîtra combien la vérité est touchante. « Enla voyaut, dit le Sage, ils » seront troublés d'une crainte horrible i> : Videntes turhabuntur Umore horriSilii') : ils seront agités et angoissés; eax-mèraes se voudront cacher dans l'alitme. Pourquoi cette agitation, Messieurs? c'est que la vérité leur parle. Pourquoi cette angoisse? c'est que la vérité les presse. Pourquoi cette fuite précipitée? c'est que la vérité les poui-suit. Ab! te trouverons-nous toujours partout, 6 vérité persécutante? oui, jusqu'au fond de l'ahtoie ils la trouveront : spectacle horrible à leurs yeux, poids insupportable sur leurs consciences, flamme toujours ■ dévorante dans leurs entrailles. Qui nous donnera , chrétiens, que nous soyons touchés de la vérité, de peur d'en être touchés de cette manière furieuse et désespérée ?

O Dieu , donnez eflicace à votre parole. O Dieu , vous voyez en quel lieu je prêche, et vous savez, 6 Dieu , ce qu'il y faut dire. Donnez-moi des paroles sages ; donnez-moi des paroles efficaces, puissantes j donnez-moi la prudence; donnez-moi la force; donnez-moi la circonspection ; donnez-moi la simplicité. Vous savez, 6 Dieu vivant, que le zèle ardent qui m'anime pour le service de mon Roi, me fait tenir à bonheur d'annoncer votre Evangile à ce grand monarque, grand véritablement, et digne par la grandeur de son ame de n'entendre que de grandes

Évi.iraÉLiQir9. a47

choses y qu^on ne lui inspire que de grands desseins pour son salut; digne , par Famour quil a pour la vérité y de n'être jamais déçu. Sire, c'est Dieu qui doit parler dans cette chaire : qu*il fasse donc par son Saint-Esprit , car c'est lui seul qui peut faille un si grand ouvrage j que l'homme n'y paroisse pas ; afin que Dieu y parlant tout seul^ par la pureté de son Evangile^ il fasse dieux tous ceux qui l'écoutent, et particuTièrement Votre Majesté , qui ayant déjà rhonneui^ de le représenter sur la terre , doit aspirer à celui d'être semblable à lui dans Féternité, en le voyant face à face, tel qu'il est, et selon Fimxnensité de sa gloire j que je vous souhaite, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

a48 svit l'A fiéviTEzrcE.

IV* SERMON

POUR

;.£ I." DIMANCHE DE CARÊME

{SUR LA PÉNITENCE

Trab ■ioli£i prMimnn ^ doÎTent exciter les hommes à la pëniience. Yaines idoles que le pêcheur se fiiit de la miséricorde et de la îostice : assurance de la rémÎBsioii pour ceux qui retournent à Dieu. Difficulté de la oonTersion : puissance de Dieu pour Topérer. Ca« ractéres de la yraie pénitence et scflT effets. Prix du temps que Dieu nous accorde : pourquoi les hommes le perdent si aisément : illusions qu^il leur faii. Nécessité dWe pénitence qui ne connoisse point de délais.

mMMt*^^m^^^%M^

Adjuvantes autem exhortamur ne in vacuum gratiam Dei redpiaUs.

Nous vous exhortons^ en vous aiilanty que vous ne rece* vitz point en vain la grâce de Dieu, II. Cor. vi. i .

d*EST avec raison , chrétiens y que nous reprochons aux pécheurs que leur infidélité est inexcusable : car il n'y a grâce , il n'y a remède , il n'y a sorte de secours qu'ils puissent demander à Dieu pour se retirer de Tabîme, qui ne leur soit tous les jours offert par cette miséricorde infinie qui ne veut pas leur mort y mais leur conversion. Four nous en convaincre^

\ SUR LA VÉHITCirCE. lï^g

mesFrères , examinons , je vous prie, attentivement /ce que peut désirer un homme que le remords de sa conscience presse de retournera la droite voie. La première pensée qui lui vient , est celle de ses pé« chés , dont rhorreur et la multitude le font douter du pardon. Sur cela nous lui annonçons de la part de Dieu et de notre Seigneiir Jésns^hrist, qui est notre propitiatenr par sofi sang ; ndus , di&^je , dans lesquels il a plu à Dieu de mettre le ministère de paix et de réconciliation , nous lui annonçons Tindulgence et la rémission de ses crimes. Il commence à respirer dans cette espérance ; mais une seconde difficulté le vient rejeter dans de nouveaux troubles; c*est l'obligation de changer sa vie ou ses inclinations corrompues; et ses habitudes invétérées lui font sentir des empéchemens qu'il ne croit pas pouvoir jamais surmonter. Potir le rassurer de cette train te, nous lui découvrons dans les mains de Dieu, et dans les secrets de sa puissance, des remèdes, premièrement très-efficaces, puisqu'ils guérissent infailliblement tous ceux qui s'en servent , et secondement très-présens , puisqu'on les donne toujours à qui les demande. Ainsi les plus grands pécheurs ne pouvant douter, ni du pardon s'ils se convertissent, ni de leur conversion s^ils l'entreprennent , ils n'ont plus rien à désirer que du temps pour accomplir cet ouvrage : et sur ce sujet , chrétiens , ce n'est pas à nous à leur répondre; mais Dieu se déclare assez par les effets mêmes : car il prolonge leur vie , il dissimule leur ingratitude; et reculant tous les jours le temps destiné à la colère, il fait connoître assez clairement ^-il veut donner du loisir à la pénitende.

aSo SUR LÀ PÉ0ITEir€E.

Par oà il nous montre , mes Frères , qu il ne refuse rien aux pécheurs de ce qoî leur est nécessaire. Ils ont besoin de trois choses ; de la miséricorde divine, de la puissance divine , de la patience divine : de la miséricorde pour leur pardonner , de la puissance pour les secourir , de la patience pour les attendre ; et Dieu accorde tout libéralement. La miséricorde promet le pardon , la puissance of&e le secours , la patience donne le délaL Que reste-t-il maintenant, sinon que nous disions aux pécheurs avec FapÀtre : Adjuvantes auiem exhortamur ne in vaciium gratùun Dei recipiads? « Nous vous exhor- » tons, mes Frères, que vous ne receviez pas en n vain la grâce de Dieu » : ne rejetez pas la grâce de la rémission qui promet d'abolir vos crimes; ne recevez pas en vain la grâce de la conversion du cœur qui s'oiOfre pour corriger vos mœurs dépravées \ enûn ne recevez pas en vain cette troisième grâce si considérable qui vous est donnée pour faii*e profiter les deux autres ; je veux dire le temps , ce temps précieux dont il ne s*écoule pas un seul moment qui ne puisse vous valoir une éternité. Voilà, mes Frères, trois motifs pressans pour exciter les hommes à la pénitence , et c'est le partage de ce discours.

PREMIER POINT

Il est assez naturel à l'homme de se laisser emporter facilement aux extrémités opposées. Le malade pressé de la fièvre, désespère de sa guérison; le même étant rétabli s'imagine qu'il est immorteL Dans les horreurs de l'orage, le nautonnier effrayé dit un adieu étemel aux flots ; mais aussitôt que la

Sun LÀ PÉNITENCE. aSi

mer. est. un peu appai^ée , il se rembarque sans crainte y comme s*il avoit dans ses mains, les vents et les tempêtes. Cet homme qui s*est pensé perdre dans une intrigue dangereuse , renonçoit de tout son cceur. à la Cour; et à peine s*est-il démêlé, qu'il se rengage de nouveau , comme s'il avoit essuyé toute la colère de la fortune. Cette conduite inégale et désordonnée éclate principalement dans les pécheurs y mais d*une manière opposée. Car cette folle et. téméraire confiance par laquelle ils se nourrissent dans leurs péchés , les conduit à la (in au désespoir : ils passent du désespoir à Tespérance : dans la chaleur de leurs crimes y ils ne peuvent croire que Dieu les punisse ; et puis , accablés de leur pesanteur^ ils ne peuvent plus croire que Dieu leur pardonne*, « et ils vont de péchés en péchés comme à » une ritine certaine, désespéréspar leur espérance» : JFeruntur magno impetu , nuHo reifocante^ spe desperatii^).

En effet y considérez cet homme emporté dans Tardeur de sa passion ; il ne trouve aucune apparence qu'un Dieu si grand et si bon veuille tyranniser sa créature, ni exercer sa puissance pour briser un vaisseau de terre : long-temps il s'est flatté de cette pensée , qu'il n'étoit pas digne de Dieu de se tenir offensé de ce que faisoit un néant , ni de s'élever contre un néant. Après , une seconde réflexion lui fait voir combien cette entreprise est furieuse , qu'un néant s'élève contre Dieu. Là il se dit à luimême ce que crioit le prophète à ce capitaine des Assyriens : « Contre qui as -tu blasphémé, contre

CO 5. Aug. Serm. xx, n. 4> ^m. v , coL io8.

S02 SDH LA PÉNITEKCE.

M qui as-tu iHové ta voix et tourné tes regards su- H perbes « ? Quem blasphcmaxti , contra quem exaltasti vacem cuam, et elevasli in excelsum oculos tuos ? Il C'est contre le Saint d'Israël » , c'est contre un Dieu tout-puissant : Contra Sanclum IsraeliO. Sun audace insensée le confond; et lui, qui ne voyoit rien qui pût ifpuiser la mbéricorde, ne voit plus rien maintenant qui puisse appaiscr la justice. Mais voici la cause apparente de cet égarement prodigieux : c'est en elTet, chrétiens, que l'une et l'autre de ces qualités est d'une grandeur infinie, je veux dire la miséricorde et la justice : de sorte que celle que l'on envisage occupe tellement la pensée, qu'elle n'y laisse presque plus de place pour l'autre ; d'autant plus que paroissant opposées, on ne comprend pas aisément qu'elles puissent subsister ensemble dans ce suprême degré 'de perfection : ce qui fait que la grande id^ de la miséricorde fait que le pécheur oublie la justice , et que la |Dstice réciproquement détruit en son esprit la miséricorde; de sorte que l'abattement de sou désespoir égale les emportemens et 4a folle présomption de son espérance.

Il nous faut détruire, Messieurs', ces vainesidoles de la miséricorde et de la justice , que le pécheur aveuglé adore en la place de la véritable justice et de la véritable miséricorde. Tous vous trompez , fi pédieurs, lorsque vous vgus persuadez follement que ces deux qualités sont incompatibles, puisqu'au contraire qUes sont amies. Car, mes Frères, la bonté de Dieu n'est pas une bonté insensible , ni une bonté

C) ir. Jteg. XII. aï.

SUR LÀ PÉNITEirCB. !i53

déraisonnable : le Dieu que nous adorons n'est pas le Dieu des marcionites^ un Dieu qui ne punit pas, 80ufirs»it jusqu'au mépris et indulgent jusqu'à la foiblesse : ce n'est pas un Dieu, dit TertuUien, « sous lequel les péchés soient à leur aise, et dont » Ton se puisse moquer impunément » : Sub çuo deUcia gauderenty cui diabolus illuderet Voulezvous savoir comment il est bon 7 voici une belle réponse de Tertullien : « Il est bon, non pas en souf- » frant le mal , mais en se déclarant son ennemi » : Qui non alias plenè bonus sil, nisi mali œmulus. Sa justice fait partie de sa bonté : pour être bon comme il faut , « il exerce Tamour qu'il a poui* le » bien par la haine qu^il a pour le mal » : Uti boni amorem odio mali exerceat (0. Ne vous persuadez donc pas que la justice soit opposée à la bonté ^ dont elle prend au contraire la protection, et Tempèche d'éti^ eiposée au mépris.

Mais sachez que la bonté n'est pas non plus opposée, à la justice; car si elle lui ôte ses victimes, elle les lui rend d'une autre sorte : au lieu de les abattre par la vengeance, elle les abat par l'humilité \ au lieu de les briser par le châtiment, elle les brise par les douleurs de la pénitence; et s'il faut du sang à la justice pour la satisfaire, la bonté lui présente celui d'un Dieu. Ainsi, bien loin d'être incompatibles, elles se donnent la main mutuellement. Il ne faut donc ni présumer ni désespérer. Ne présumez pas, ô pécheurs, parce qu'il est très-vrai que Dieu se venge; mais ne vous abandonnez pas au

{})Ad%^. Marcion, lib. ii, n. 26.

s54 SVK LÀ PiviTEirCE*

désespoir, parce que , s*il m'est pernûs de le dire, il est encore plus vrai que Dieu pardonne.

Cette vérité étant supposée, il est temps maintenant. Messieurs, que je tâche de vous faire entendre par les Ecritures cette grâce singulière de la rémission des pécha. Comme c'est le fruit principal du sang du nouveau Testament, et l'article fondamental de la prédication évangélique , le Saint- Esprit, mes Frères, a pris un soin particulier de nous en donner une vive idée, et de nous Fexprimer en plusieurs façons, afin qu'il entre en nos coeurs plus profondément. H dit que Dieu oublie les péchés, qu'il ne les impute pas, qu'il les couvre; il dit aussi qu'il les lave, qu'il les éloigne de nous, et qu'il les efface. Pour entendre le secret de ces expressions, et des autres que nous voyons dans les saintes Lettres, il faut remarquer attentivement Feffet du péché dans le cœur de l'homme, et Teffet du péché dans le cœur de Dieu.

Le péché dans le cœur de l'homme est une humeur pestilente qui le dévore, et une tache infâme qui le défigure. Il faut purger cette humeur maligne , et Tarracher de nos entrailles. « Autant que le levant » est loin du couchant, autant éloigne-t-il de nous » nos iniquités » : Quantum distatortus ai occidente, longe fecit à nobis inùfuitates nostras (0 : et pour cette tache honteuse, il faut passer l'éponge dessus, et qu'il n'en reste plus aucune marque. « Israël , » c'est moi qui t'ai fait , ne t*oublie pas de ton Créan teur*, c'est moi qui ai effacé tes iniquités comme

(0 Ps. cil. lî.

SUA LÀ pÉiriTBircs. aS5

» un nuage qui s'évanouit , et comme une légère » vapeur » , qui étant dissipée par un tourbillon , ne laisse pas dans Fair le moindre vestige : Delei^i ut nu-bent inùf idiotes tuas, et quasi nebidampeccata tuai^). Mais y mes Sœurs , à Tégard de Dieu le pv....ié a des effets bien plus redoutables : il fait un cri terrible à ces oreilles toujours attentives , il est un spectacle d*horreur à ces yeux toujours dliverts. Ce spectacle cause Taversion^ et ce cri demande la vengeance. Pour rassurer les pécheurs , Dieu leur déclare, par son Ecriture , qu'il couvre leui^ crimes pour ne les plus voir; qu'il les met derrière son dos, de peur que parcMssant à ses yeux ils ne fassent soulever son cœur; enfin qu'il les oublie, qu'il n'y pense plus. Et quant à ce cri funeste , il en étouffe le son par une autre voix : pendant que nos péchés nous accusent I il produit ce un avocat pour nous 31 défendre , Jésus-Christ, le Juste , qui est la propi- » tiation pour nos crimes W » : il déclare qu'il ne veut plus qu'on nous les impute , ni que nous en soyons jamais recherchés. « Le ciel et la terre s'en » réjouissent , les montagnes tressaillent de joie , » parce que le Seigneur a fait miséricorde » : Laudate, cœli ; jubilate , extrema terrœ ; resonate, montes , laudaUonem; quoniam misericordiam fecit Dominus (3).

Vous voyez donc , mes Frères , la rémission des péchés expliqué^ et autorisée en toutes les formes qu^une grâce peut être énoncée. Hortamùr vos ne in vacuuni gratiam Dei recipiaiis (4) : « Nous vous

(0 /*. XLIT. 23. — (») /. Joan. II. I , a. — * C) Is, xlîv. î3 — (4) //. Cor.

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