Î3 SUB LA PAROLE DE DIEO
teui-s. Que le champ soit bien prt?pavé, ni ïe boK grain^ dI le laboureur, ni la vouée du ciel ne mjtnqueront pas. Que si au contraire vous êtes de ceux qui détournent leur oreille de la vérité, et qui demandent des fables et d'agréables rêveries : ^dfitbulas autem font'ertenf«r{')iDieu commandera àsef nues [de ne point pleuvoir sur vous (^)] ; il retirera la saine doctrine de la bouche de ses prédicateurs, [et TOUS livrera à cette terrible famine de sa parole dont le prophète vous menace]. Il enverra en sa £ireur .des prophètes insensés et téméraires « qui disent : M La paix, oii il n'y a point de paix (^, qui disent: w Le Seigneur , le Seigneur ; et le Seigneur ne leur » a point donné de commission (4) u. Voilà le mystère que je promettois. Ce sont les auditeurs fidèles qui font les prédicateurs évangéliques ; parce que les prédicateurs étant pour les auditeurs, les uns reçoivent d'en-haut ce que méritent les autres : ^oc doctor accipit, çuod meretur auditor (S). Aimes donc la vérité, chrétiens, et elle vous sera anooncée: ayez appétit de ce pain céleste, et il vous sera présenté .- souhaitez d'entendre parler Jésus-Christ, et il fera résonner sa voix jusqu'aux oreUIes de votre cœur. C'est \k que vous devez vous rendre attentifs; et c'est ce que je tâcherai de vous faire voir dans ma seconde partie.
SECOND POINT
Le second rapport, chrétiens, que nous avons remarqué entre la parole de Dieu et l'eucharistie, c'est que l'une et l'autre doit aller au cœur, quoi-
(0 /. Jïjit. iT. 4, — W It. T. « — iJ) Jtrtm. *ni. 1 1. - W £m<A. siii. 6. — (I) S. Pttr. Chrjrtol. ubi tuprd.
que par des voies différentes; Fune par la bouche^ l'autre par l'oreille. C'est pourquoi comme celui-là, boit et mange son jugement , qui approchant du mystère prépare seulement la bouche du corps, et ferme à Jésus-Christ la bouche du cœur; ainsi celuilà reçoit sa condamnation, qui, écoutant parler Jésus-Christ , lui prête l'oreille au dehors, et bouche l'ouïe au dedans à cet enchanteur céleste : Incanr tantis sapienter (0.
Que si vous me demandez ici , chrétiens, ce que c'est que prêter l'oreille au dedans, je vous répondrai en un mot que c'est écouter attentivement.' Mais l'attention dont je parle n'est peut-être pas celle que vous entendez : et il nous faut ici expliquer deux choses; combien est nécessaire l'attentioUj^ et en quelle partie de l'ame elle doit être.
Pour bien entendre. Messieurs, quelle doit être votre attention à la divine parole , il faut s'imprimer bien avant cette vérité chrétienne ; qu'outre le son qui frappe l'oreille , il y a une voix secrète qui parle intérieurement , et que ce discours spirituel et intérieur , c est la véritable prédication , sans laquelle tout ce que disent les hommes ne sera qu'un bruit inutile.. Nous devons donc être auditeurs dans l'intérieur : Inius omnes auditorés sunrns (^}. Le Fils de Dieu ne nous permet pas de prendre le titre de maîtres : « Que personne , dit-il , ne s'appelle maî- » tre ; car il n'y a qu'un seul maîtrç et un seul doc- » teur » : Unus est enim magister vester (3). Si nous entendons cette parole , nous trouverons, dit
(0 Ps. Lvu. 5w — (*) s. ^dug. Scrm. cljlxvl , ir. 7 » (om. y, col. 85; . -.()) AfaU.uxxi.8.
flàitit Avgiistiiit O)*) que nul né IloM peiil «nseigiler qtfe ËHén; iki léÉ liôtilites', ni té» ÀÉtges n^en sdUt point êàpàbléi : ib pe<Nnèlif fciéit ùouft {râtrler nié h T^iië) ils'peàteilty pôtu^ mfw dh-é, k montrer M ddlgt', tHea Mtâ 'là piaat «tiseigtierV parce ifué Itn aeiiïifoui^^ékUré pcNiT discénr^r lèS objets t ce qM nitit ktigv^iïï éditdtét par k coÉûiparrâboti de k ttte. C*est ett vlûù que Fôn désigne dvee le doigt lé^ peintures de cette Eglise; c'est en vâîù qtie Ton re* ihâf qàè k ddttfàtésse dés trdt^ €ft k beanté des eOuleiirs y ait ftoti^e^dëlt tte distingue rien , si le soleil ne répand sa dàrté ié6S0È. Ainsi , pdrûti tant d'objets qui remplissent notre entendement, quelque soin que prennent les hommes de démêler le vrai d'avec le faut , si celui dont il est ëcrit , qu% il éclaire tout » homme venafit au monde W », n'envoie vtué lumière invisible sur les objets et rintelligenée, jamais nous ne ferofïs le discernement. Je puis bien vous montrer au doigt l'objet de la vue et adresser votre vue; puis -je vous doùnér ^es yeux pour les regarder? C'est donc en sa lumière que nous découvrotisià différence de$ choses : t'est lui qui nous donné un certaiù âèns qui s'appelle le « sens dé Jé- » susi-Christ 0) » y fkr lequel nous goûtons Ce qui est de Dieu. C'est lui qui ouvré lé cœur , et qui nous dit au d^edàns : C'est la vérité qu'on vous prêche ; et c'est là, comme je Taidit, là prédication véritable. C'est ce qili à fait dire à saint Augustin : « Voici, mes Frères, un grand secret n : Magnum sacrarrientiun , t'râtrtsi <c Le son de la parole frappe
(0 De peccùt nier, et remUs. Ub. i, n. 37, tom. z , coL ào, ai. •— iS) Joan, 1. 9. — (?) I, Cor, 11. 16.
3«m tA PAKOLB DB DIBV. 345
» les orèiUes, le maître est au dedans » :^ii parle dans la chaire, la prëdkatîon se fint dans le OGenr; Sontis verborum noitrotum uurei pereuiit, magis-' ter intus est (0 : car il n'y a qu'un maitre , qui est Jéf us-Cbrist f et loi seul enseigne les hoonnes« Cest jp&nrqnoi ce mattre cdeste a dit tant de fois : « Qnt /» a des oreilles pour cmïr, qu'il écoute W »• Cer^ tainement , chrétiens , il ne parloit pas à des aourds ^ mais il savoit^ ce divin docteur , qu'il j en a « qu» » en toyant ne voient pas , .et qui en écoutant » ni'é<^outent pas (3) » ; qu'A y a des oreilles 'mté-^, rienres où la voix humaine ne pénètre pas , et oik lui seul a droit de se faire entendre. Ce sont cea oreilles qu'il faut ouvrir pour édonter la prédica-* tion. Ne vous contentez pas d'arrêter vos yeux sur cette chaire matérielle ; « celui qui enseigne les » cœurs a sa chaire au ciel (4) a ) il y est assis ao^ ^près de son Père , et c'est lui qu'il vous feut enten<« dre : Ipsum audiUf.
Ne croyez pas toutefois que vous deviez mépriser cette parole sensible et extérieure que nous vous portons de sa part. Car, comme dit excellemment saint Jean*Chrysost6me (^)^ Dieu nous ayant ordonné deux choses y d'entendre et d'accomplir sa sainte parole , combien est éloigné de k pratique celui qui s'ennuie de l'explication ? quand aura le courage de l'accomplir, celui qui n'a pas la patience de l'entendre? quand lui donnera son cceur, celui qui lui refuse jusqu'à ses oreilles ? C'est une loi éta-
(■) InÈp, Joan, TnuL m y n. i3y fom. m, part ii, eol. S^g, — {•) Mou, an;9. — C<)ll£dL il *<w(jf>A Ang» heo mox ciuoo,^
blie pour tous les mystères du christianisme, qu'en passant a l'intelligence , ils se doivent premièrement présenler aux sensi et il l'a fallu en cett<- sorte, pour honorer celui qui , ^taot iovisible par sa nature, a Toala parottre pour l'amour de nous sous ttne forme senEible. C'est pourquoi nous respectons, et l'eau qui dous lave, et l'huile sacrée qui nous fortifie, et la forme sensible du pain spirituel qui nom nouriit pour la vie «ftemelle. Pour la même raîsoa, chrétieni, vons devez entendre les prédicateurs en bénis^nt ce grand Dieu, qui a tant voulu honorer lés hommes, que, sans avoir besoin de leur secours, il les choisit néanmoins pour être les instrumens de sa puissance. Assistez donc saintement et fidèlement à la sainte prédication. Mais cette assistance extérieure n'est que la moindre partie de notre devoir; il faut prendre garde que de vains discours, ou des pensées vagues, ou une imagination dissipée, ne fassent tomber du cœur la sainte parole. Si , dans la dispensation des mystères , il arrive par quelque malheur que le corps de Jésus- Christ tombe à terre, toute l'Eglise tremble, tout le monde est frappé d'une sainte horreur ; et saint Augustin vous a dit que ce n'est pas un moindre mal de laisser perdre inutilement la parole de vérité. - Et en effet, chrétiens, JAus-Christ qui est la vérité même n'sime pas moins la vérité, que son propre corps : au contraire c'est pour sceller de son propre sang la vérité de sa parole, qu'il a bien voulu sacrifier son propre corps. Un temps il a souffert que son corps fût infirme et mortel , et c'est volontairement qu'il l'a exposé à tant d'outrages : il a
sua LÀ PAaOLB DB BlElt. 347
voulu au contraire que sa yérittf fût toujours im* mortelle et inviolable. Par conséquent il ne faut pas croire qu'il se sente moins outragé quand on écoute sa vérité avec peu d'attention , que quand on manie son corps avec peu de soin. Tremblons donc y chrétiens y tremblons , quand nous laissons tomber à terre la parole de vérité que Ton nous an* nonce; et comme il n'y a que nos cœurs qui soient capables de la recevoir , ouvrons-lui-en toute l'étendue, et écoutons attentivement Jésus-Christ qui parle : Ipsum audiie.
Mais il me semble que vous me dites que nous n'avons pas sujet de nous plaindre du peu d'atten* tion de nos auditeurs ; bien loin de laisser perdre les sentimens, ils pèsent exactement toutes les paroles : non-seulement ils sont attentifs, mais ils mettent tous les discours à la balance, et ils en savent remarquer au juste le fort ou le foible. Pendant que nous parlons, dit saint Ghrysostôme (0, on nous compare avec les autres et avec nous-mêmes; le premier discours avec les suivans , le commencement avec le milieu; comme si la chaire étoit un théâtre où l'on monte pour disputer le prix du bien dire. Ainsi je confesse qu'on est attentif , mais ce n'est pas l'attention que Jésus demande. Oii doitelle être, mes Frères ? où est ce lieu caché dans lequel Dieu parle? où se fait cette secrète leçon dont Jésus- Christ a dit dans son Evangile : « Quiconque a ouï » de mon Père et a appris , vient à moi W » 7 où se donnent ce& enseignemens, et où se tient cette école dans laquelle le Père céleste parle si fortement de
3/f8 Still t* PAROLE DE DTEC
son Fils , où le Fils enseigne riîci promue ment à connoîlre son Père céleste? Ecoulez saint Augustin làdessus dans cet ouvrage admirable de la Prédestination des Saints ; f^atde remota est à sensibus camis Juec schola , in qua Pater attàitur ve l àocet , ut veniattir ad Filium {') : « Que cette e'cole céleste dans >i la(]uelle le Père apprend à venir au Fils, est éloîu gnée des sens de la cliair! encore une fois, nons » dit-il, qi/elle est âoigaée des gens de la cbair, » cette ^ole où Dfea est le maître » ! ^al4e , inçuam j remota est à sensibus camis hat ichola ^ in fmt D«us audîtur et doceU
Mais quand Diea mloM parleroit à l'en teBdeAeaC par la manifestation de la vérité, il faut encore aller plus avant. Tant qne les lumières de OieQ demeurent simplement à l'intelligence , ce n'est pas encore la leçon de Dieu , ce n'est pas l'école da Saint-Esprit} parce qu'alors, dit saint Augustin (3), Dieu ne nons enseigne que selon la loi , et non encore selon la grâce; selon la lettre qui tue, non se* Ion l'esprit qui vivifie. Donc, mes Frères, pour être attentifs la parole de l'Evangile, il ne faut pas ramasser sob attention au lieu où se mesurent les périodes, mais au lien où se règlent les mcsurs : il ne faut pas se recaeillir au lieu où l'oa goûte Us belles pensées, mais au lieu où se produisent les bons désir» : ce n'est pas même assez de se retirer am lieu où se forment les jugemens, il faut aller à celui od ss preùneBt les résolutions. Enfin s'il y a quelqu? endroit eDCore pfais profond et plus retiré où s«
(<] DePntd. SS. n. i3,umi. x, col. j^—WDe Cmt. Chr. n. i5, tam. i,so/. aJ;.
tienne le conseS du cœur , où se déterminent tous ses desseins y où se donne le branle j^ ses mouvemens; c^est là qu^il faut se rendre attentif pour lécoqter Jéjsus-Cbrist. Si vous lui prêtes cette attention , c'est-à-dire si vous pensez à vous-mêmes, au milieu da Mn qui vient à l'oreille et d|3S pensées qui naissent dans Tesprit , vous verrez partir quelquefois comme un trait de flamme q«i viendra tout à coup vou» percer le cœur, et ira droit aux prijQcipes de vos maladies. Car ce n'est pas en vain que saint Paul a dit ('), que « la parole.de Dieu est vive, efficace, » plus pénétrante qu'-uo glaive tranchant des deux » côtj^s.; qu'elle va Jusqu'à la moelle du cœur et )us- » qu'à la .division de l'ame et de l'esprit ; c'est-à- » dire^ comme il l'explique, qu'elle discerne toutes » les pensées et les {dus secrètes intentions du ^^oeur ». Et c'est ce qui fait dire au même apôtre que la prédication est une «^èce de prophétie : Qui pro* phetatj hominibus loquitur ad œdijîcationem , et exhortationem , et consoUnionem ip) : « Celui qui » prophétise, parle aux hommes pour les édifier, » les exhorter et les consoler » 3 parce que Dieu fait dire quelquefois aux prédicateurs je ne sais quoi de tranchant , qui , à travers nos voies tortueuses et nos passions compliquées, va trouver ce péché que nous dérobons et qui dort dans le fond du cœur. C'est alors, c'est alors, mes Frères, qu'il laut écouter attentivement Jésus-Christ, qui con* trarie nos pensées, qui nous trouble dans nos plaisii*s, qui va mettre la' main «ur nps blessures : c'est alors qu'il faut faire ce que dit l'Ecclésiastique :
(») Heb. iT. xa.— W /. Cor. »▼. 3,
35(ï SOR tA PA.IIOLT: DE DIEU.
yerbum sapiens quodcumque aiutierit scias , laudabit et ad se adjiciet (') : n Que l'homme habile en- » tende une parole sage, il la louera aussitôt et il u se l'appliquera ». Si le coup ne va pas encore assez loin , prenons nous-mêmes le glaive et enfon- \ çons-le plus avant. Que plût à Dieu que nous por- | tassions le coup si avant, que la blessure allât jusqu'au vif, que le sang coulât par les yeux , je veux dire les larmes, que saint Augustin appelle si ele'gamment le sang de l'ame W. Miiis encore n'est-ce pas assez; il faut que de la 'componction du cœur naiawnt le&boDS àiixcs, en sorteque les bons dénrt se tournent en résoluticHis d^rmin^ , que les saintes résolutions se consomment par les bonnes œuvres, et que nous écoutions Jésns^^hrist par une fidèle obéissance à sa parole. C'est mon troisième point.
TROISIÈME POINT
Le Fils de Dieu a dit dans son Evangile : « Celui » qui mttnge ma chair et boit mon sang , demeure I* en moi, et moi en lui (3) a : c'est-à-dire, que si nous sortons de la sainte table dégoûtés des plaisirs du siècle , si une sainte douceur nous attache constamment et fidèlement à' Jésus-Christ et à sa doctrine ; c'est une marque certaine que nous y avons goûté véritablement combien le Seigneur est doux. 11 en est de même , Messieurs , de la parole céleste, qui a encore ce dernier rapport avec la divine eucharistie , que comme nous ne conooissons si nous avons reçu dignement le corps du Sauveur, qu'en
iAEecti. «XI. i8.>-(>)&nn. Cccl(, a. •} , tom. v , eoL i356. — {^Joan.Ti.S'J.
8tJE LA PAROLE DE DIEU. 3Sl
nous mettant en ëtat qu'il paroisse qu'un Dieu nous nourrit; ainsi nous ne remarquons que nous ayons bien écouté sa sainte parole^ qu'en vivant de telle manière qu'il paroisse qu'un Dieu nous enseigne. Car il s'élève souvent dans le cœur certaines imitations des sentimens véritables par lesquelles un homme se trompe lui-même; si bien qu'il n'en faut pas croire certaines ferveurs , ni quelques désirs imparfaits : et afin de bien reconnoître si l'on est touché véritablement y il ne faut interroger que ses œuvres ; Ope^ ribus crédite (0 : a Croyez aux œuvres ».
J*ai observé à ce propos, qu'un des plus illustres prédicateurs , et sans contredit le plus éloquent qui ait jamais enseigné l'Eglise, je veux dire saint Jean- Chrysostôme C^), reproche souvent à ses auditeurs, qu'ils écoutent les discours ecclésia^iques de même que si c'étoit une comédie. Comme je rencontrois souvent ce reproche dans ses divines prédications , j'ai voulu rechercher attentivement quel pouvoit être le fond de cette pensée, et voici ce qu'il m'a semblé : c'est qu'il y a des spectacles qui n'ont pour objet que le divertissement de l'esprit, mais qui n'excitent pas les affections , qui ne remuent pas les ressorts du cœur. Mais il n'en est pas de la sorte de ces représentations animées qu'on donne sur les théâtres, dangereuses en ce point, qu'elles ne plaisent point, si elles n*éraeuvent, si elles n'intéressent le spectateur, si elles ne lui font jouer aussi son personnage, sans être de l'action et sans monter sur le théâtre. G^est en quoi ces spectacles sont à craindre , parce que le cœur apprend insensiblement
(0 /(Mil. X. 38. — (*) De $ae€rd. fi&. v, n. i, tom, i, p, 4i5.
3^3 sua LA PAKOLE DE DIE(7.
à se remuer de bonne foi. 11 est donc ému, il est ttaut^toThi., il «e néiiftmt , tt«'anig« .de cJuMes qt» «a fcod sont iadiStraites. Ma* «w «owqae eerUivt ^c OBS newrewwB ae tiennent fm «q p«mr , «*^ qn'ib l'^oBonnsmit ea i^vagouit de tka : gett( fitié ^ni caosoit dM Iwws , «tu eotère (^ uUhflh noitctlee ytm «t i« visage, nVbMWM que des imagat et des .énmlacFes p«r k^qgels h (Xft*u se donne k «xHuédie «n tw-wéme , qwi produNoient toatefois let ■néraes effirts que Jea pesatPM «^Uablesi tast tf ett aisé de nous inposer, tant noiu aimoos à nous joaier uoH^tnéBie^.
fiaÏBt Augoiti* appnâKBde ique « les choiea inaa ttles ne devieiuwot agréaUet » : STe fiant é^ctahilia ifuee sunt inutiiia; contbien plus que les (^ jets ne plaisent, « s'ils sont dangereux ■ : si pericw iosa ('] ! Et on ne veut pas que nous disions que ces représeatattons aont très-dangereuges. ComÛeo de plaisirs et de charmes wagin«-t-K>a dafis la chose dont Tùaitation même est à agréable ! Les impres- ■MttS demewrent des passians du théâtre : celles de la -parole spv'ituelle .sont J»i«i plutôt enlevées , le temporel les étouSe. Ou neus écoutons frojdeinent, ou il s'élève seulement en nous des affectiovs languissantes, ioibles imitations des fieotjjneos véritables, désirs toujours stérile» «t inrruotueux- La forte émotion s'écoule bientôt ; la secrète impressiop demeure., qui dispose le cœur par une certaine pente. L'ÎH^resuon des tersaons qui ne trouve rjen de sensible à qufti eUe puisse se prendre, est bic» plutôt emportée. De telles émotions foibles, imparfaites,
t') De aitim. ag'at wig. Ut. i, n, 3, tom. x , aal- SSg.
qui
SUR LA PAnOLE DE DISU. 3S3
qui se dissipent en un moment , sont dignes d'être formées dans un théâtre où Ton ne voit que des choses feintes, plutôt que devant les chaires évan* géliques où la sainte vérité de Dieu parott dans sa pureté. Quand le docte saint Chrysostôme craignoit que ses auditeurs n'assistassent à ses sermons de même qu'à la comédie; c'est que souvent ils sembloient émus ; il s'élevoit souvent dans son auditoire des cris et. des voix confuses, qui marquoient que ses paroles excitoient les cœurs. Un homme un peu moins expérimenté auroit cru que ses auditeurs étoient convertis; mais il appréhendoit , chrétiens , que ce ne fussent des affections de théâtre excitées par ressorts et par artifices : il attendoit à se réjouir quand il verroit les mœurs corrigées; et c'étoit en effet la marque assurée que Jésus-Christ étoit écouté.
Ne vous fiez donc pas, chrétiens, à ces émotions sensibles, si vous en expérimentez quelquefois dans les saintes prédications. Si vous en demeurez à ces sentimens, ce n'est pas encore Jésus-Ghrîst qui vous a prêché; vous n'avex encore écouté que Thomme; sa voix peut aller jusque-là; un instrument bien touché peut bien 'exciter les passions. Comment saurez-vous, chrétiens, que vous êtes véritablement enseignés de Dieu? vous le saurez par les œuvres. Car il faut apprendre de saint Augustin la manière d'enseigner de Dieu , cette manière si haute , si intérieure. Elle ne consiste pas seulement dans la démonstration de la vérité, mais dans l'infusion de la charité : elle ne £adt pas seulement que vous sachiez
ce qu'il faut aimer, mais que vous aimîesce que vous BossDET. zii. a3
gaves : SidùctrÙMdicemkiesip...aàûu^imê8rSÊi,..M Milnon astgmUataraummodm veràmUm, w&Him irti jin impertiat churiiatemM. De sorte que oeuxqui soM ^riuMeBMBtdfi racole deMMSfChrôty le rnoolveal l^ntôt par km» cmiereB. Et c'est la marque eei<taine ^ua saio^ Paiol soiie deane:, lemqa'il écrit $mt Sdèles de ThcMalaniquo : i^ cAeniaas miMmfrm^ termtati& n/^^nêcà^nhabemmssenberm vobU : «Peur » la chadté fraUraelle^ %ovsolwfeZ' pastbesoia qw n Ton voiiaei^ parte »• : ipsi enm vms à £ho éiâ^ qistis ml diiifffUit immemt : « car i^oM^ aves yw»^ » mêmes apptis de Dieu: h vomi aimer les wê» Usé » autres » ; el il eD doiiae anssitiAtla prmn^ : « en » effet vous le pratiquez fidèlemmit eD^r» les filtres » de Macédoine »' : etenm illud/koiiis (s). Ainsi k marque très-assurée que le FUs de Dieu; vous ea» seigne , c*est lorsque vous pratiquez ses enseigne* mens; c'est le caractère de ce- divin MatCre. Les hommes qui se mêlent d'enseigner les antre» ^ leur montrent tout au plus ce qu'il faut savoir; il n'appartient qu'à ce divin Maître y que Ton nous ordonne d'entendre, de nous donner tout ensemble et de savoir ce qu'il £siut ^ et d'accomplir ce qu'on sait : Sinud donans et qjuid agant scite , et quod sekmi agere (^). Si donc vous* voulea^ être de ceux qui Técoutent, écoutes-le véritablenàent^et obéissez à ses paroles : Ipsum- audite. Ké vous contentes pae de ces affections stériles et iniructueuses y qui ne se toui^nent jamais en< r^ohitions déterminées > de ces fleurs qui trompent toujours les espérances , qm ne
(0 th Grau Chr. n. i^, tom, x, , ooL a36. — W l. Thcu. it. 9, lo.