SUR^LES RECHUTES
QocIIe doit être la fidélité da pécheur réGoncilié : tendrfsee de son Dieu pour lui : malheur de ceux qui en abusent, en retournant à leurs premiers crimes. Qualités de la pénitence : dispositions pour la recevoir aTCc fruit Constance de la justice chrétienne : déplorables effets des rechutes.
'Et fiunt novissima hominis illius pejora prioribiis.
Et cet homme, par ses rechutes, ton/lbe en pire état qu'auparafant. Luc. xi. ^6.
Il s*agit ici y chrëtieDS, de faire , s*il se peut, trembler les pécheurs y que la facilité du pardon endurcit dans leurs mauvaises habitudes , et de leur faire sentir combien ils aggravent leurs crimes y combien ils irritent la bonté de Dieu y combien ils avancent leur damnation par leurs rechutes continuelles : matière certainement importante , et digne d'être traitée avec toute la force et l'autorité que donne l'Evangile aux prédicateurs. Et pour parvenir à iciette fin, f emploie trois raisons excellentes tirées df trois qualités de la pénitence : c'est une récon-
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cUiation , c*est un remède , c^est un sacrement. Pour entendre jusqu'au fond ces ti^ois qualités sur^ lesquelles est appuyé tout ce discours , il faut remarquer avaixt toutes dioses trois maBieurs que le péché produit dans les hommes. Le premier de tous les malheurs y et qui est la source de tous les autres, c'est de les séparer d'avec Dieu« «Vos iniquités, dit p l^ Seigneur , ont mi^ la division entre moi et » vous (0 ». Et de là naissent deux autres grands maux; car Famé étant séparée de Dieu, qui est le principe de force et de sainteté, de saine elle devient* languissante, etde sainte elle devient profanée. « Gué» p vissez mon ame, 6 Seigneur, dit David , parce que » j'ai péché contre vous (^) » : donc le péché le rendoit malade. Mais ce n'est pas une maladie ordinaire ; c'est une lèpre spirituelle , qui porte impureté et profanation y et qui non-seulement afibiblit les hommes, mais les met au rang des choses immondes.
Ainsi donc le péché apportant ces trob maux, il paroit que la pénitence a dû avoir trois biens opposés. Le péché nous séparant d'avec Dieu, il faut que la pénitence nous y réunisse ; et c'est la première de ses qualités, c'est une réconciliation. Le péché en nous séparant , nous a faits malades; par conséquent il ne suffit pas que la pénitence nous réconcilie, il faut encore quelle nous guérisse ; et de là vient que c'est un remède. Et enfin comme le péché ajoute la profanation et l'immondice aux infirmités qu'il apporte, une maladie de cette nature ne peut être déracinée que par un remède sacré qui ait la force de sanctifier comme de guérir; et de là
(«) Is. tix. a. — C») Ps. XL. 4.
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îent que la pénitence est un sacrement. D*où je re trois raisons solides pour montrer le malheur xtréme de ceux qui abusent de la pénitence en résumant à leurs premiers crimes , et il est aisé de entendre. Car s'il est vrai que la pénitence soit une éconciliation de Thomme avec Dieu, si c*est un re« lède qui nous rétablisse , et un sacrement qui nous anctifie , on ne peut sans un insigne mépris rompre ine amitié si saintement réconciliée, ni rendre inuîle sans un grand péril un remède si eflicace, ni ioler .sans une prodigieuse irrévérence un sacrelent si saint et si salutaire. Et voilà trois moyens ertains par lesquels fespère conclure invinciblelent ce que le Fils de Dieu a dit dans mon texte i [ue « Tétat de ceux qui retombent devient toujours » de plus en plus déplorable » : Fiunt novissima horUnis illius pejora prioribus.
Qui enim mortui sumus peccato ^ çuomodo ad^ me 'vwemus in illo (0. « Etant une fois morts au • péché , comment vivrons - nous encore dans le » péché » ? Celui-là est bien infidèle, qui manque à ine amitié si saintement réconciliée ; et celui-là est )ien malheureux, qui prodigue sa santé, si difficilenent et si miraculeusement rétablie; et celui-là >st bien aveugle , qui ne respecte pas en lui-même R grâce de Finnocence, et la souille dans de nouvelles ordures.
PREMIER POINT
Pour entrer d'abord en matière, posons pour rondement de tout ce discours , que s'il y a quelque diose parmi les hommes qui demande une fermeté
(0 Mom. vt- a*
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inébranlable , c'est une amitié réconciliée. Je sais que le nom d^amitié est saint ^ et ses droits toujoun inviolables dans tous leâ sujets où elle se rencontre;' mais je soutiens^ que la liaison ne doit famais être plus étroite qu*èntre des amis réconciliés , et je le prouve par cette raison que vous trouverez convaincante. Deux choses font une amitié solide , Taffection et la fidélité. L*afiection commence à unir les cœurs: Jonathas et David s*aimoient; leurs âmes, dit TEcriture , étoient unies : Anima Jonaikœ comglutinata est animas Dai^id (0 : « L'ame de Jona- » thas s*attacha étroitement à celle de David » : voilà le fondement de Tamitié. Mais d^autant que Tamitié n'est pas une affection ordinaire , mais une espèce de contrat par lequel on s'engage la foi l'un à l'autre , que dit l'Ecriture sainte ? Inierunt autem Davfid et Jonathas fœdus (^) : « David et Jonathas » firent un traité » : donc la fidélité doit intervenir comme le sceau ^ l'affermissement du traité et de l'affection mutuelle. Or je dis que ces deux qualités de l'amitié y d'où dépendent toutes les autres , doivent se trouver principalement entre les amis réconciliés : l'affection doit être plus forte; la fidélité est plus engagée ; si l'on y manque , le crime est plus grand : Fiunt nos^issima pejora prioribus.
Que l'amitié doive être plus forte, prouvons -le solidement en un mot , pour descendre bientôt au particulier de la réconciliation de l'homme avec Dieu. Je ne veux rien laisser sans preuve évidente , parce que je prétends , si Dieu le permet , que tous les esprits seront convaincus. Ce que l'on fait avec
(0 /. Reg. xviii. I. — C") Ibid. 3.
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contention , on le fait aussi avec eflicace ; et les eliéts sont d'autant plus grands, que la^ause est plus appliqua. Qui ne voit donc qu'une affection qui a pu se réunir malgi-é les obstacles, qui a pu oublier toutes les injures, qui a pu revivre même après sa mort , a quelque chose de plus vigoureux que celle qui n'a jamais fait de pareils efforts? Oui , oui , cette amitié autrefois éteinte , maintenant refleurie et ressuscitée, se souvenant du premier malheur, jettera de plus profondes racines, de peur qu'elle ne puisse être encore une fois abattue; lescoeurs se feront euxmêmes des nœuds plus serrés : et comme les os se rendent plus fermes dans les endroits des ruptures, à cause du secours extraordinaire d'esprits que la nature envoie aux parties blessées; de même les amis qui se réunissent, envoient, pour ainsi dire, tant d'affection pour renouer l'amitié rompue, qu'elle en devient k jamais mieux consolidée.
Il doit être ainsi, chrétiens; tu le vois, la raison en est évidente : mais, hélas! tu le vois inutilement, et tu ne le mets pas en pratique avec (on Dieu. Il t'a fait de ses amis , il l'a dit lui-même : Jam non tlicamvos servos ;■.. vos aulem dixi amicos meosi*) : « Je ne vous appellerai plus serviteurs ; mais je vous » ai appelés mes amis » ; vous êtes, dit-il , mes chers amis. Mais , ô amitié mal conservée ! vous l'avez rompue par voscrimes. Ah! il n'y devroit plus avoir de retour ; il devroit punir votre ingratitude par une éternelle soustraction de ses grâces. Mais c'est un ami charitable; il n'a pu oublier ses miséricordes » il s'est réconcilié avec vous dans le sacrement de
(OJoon. XT. iS.
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pL'nilence une fois, deux fois, cent fois. Ah! sa bouté ne s'est point lassée ; il a toujoui's eu pitié de votre foiblesse. Où est donc ce ledoublement d'affection que vous lui deviez? oîi est cette première condition d'une amitié réunie ? De sa part, chrélicns, il l'a obseivée très-exactement : je m'assure que vous prévenez déjà ce que je veux dire. Il n'y a page dans son Evangile où nous ne voyions une tendresse extraordinaire pour les pécheurs convertis, plus que pour les justes qui persévèrent, n II se u réjouira plus, dît TcrtuUien, de votre retour, B que de la solide sagesse d'un autre » : Magùçue lie régressa tuo , quant de alterias sobrietate lœtabitur ('). Qui ne sait que Madolfine la pénitente a été sa fidèle et sa bien-aimée, que Pierre après l'avoir renié , est choisi pour confirmer la foi de ses frères, qu'il laisse tout le troupeau dans le désert pour courir aprèï sd brebis perdue , et que celui de tous ses enfans qui émeut le plus sensiblement ses entrailles, c'est le prodigue qui retourne? Je ne m'en étonne pas, dit Terlultien; n il recouvre un fils qu'il avoit » perdu , le plaisir de l'avoir trouvé le lui rend plus n cher a : Filium enim invenerat çuem amiserat, chariorem senserat quem lucrifeceratW. Il redouble envers lui son alTection : pourquoi ? c'est qu'il s'est réconcilié; c'est qu'il veut soigneusement observer les lois de l'amitié réunie , Iniquicst au-dessus des lois, lui qui est l'olTensé , lui qui pardonne , lui qui se relâche : et toi , à qui l'on remet toutes tes dettes , toi dont l'on oublie toutes les injures, tu ne te crois pas obligé de redoubler ton amour ! Tu le dois cer- {•) Tert. dt Fora. n. 8. — t") Uùl.
tatneraent.
SUK LES KECHOTES. ^9l
tâinement, pédieur converti : tu dois à Jésus pins d'affection que le juste qui persévère; et Jésus-Christ s'y attend.
Ecoute comme il parle dans son Evangile à Simon le pharisien. « Un homme avoit deux dëbi- » teurs, dont l'un lui devoit cinq cents écus, et » l'autre cinquante : n'ayant de quoi payer ni l'un » ni l'autre , il leur remit la dette à tous deux ; le- » quel est-ce qui le doit plus aimer >>7 Quù ergo etim plut 401^1 Et le pharisien répondît : « C'est » celui à qui il a quiué la plus grande somme >> : ^sUmo ^uia i>, ciu pbts donavit : Et Jésus lui dît : (I Tu as bien jugé » : RecA judicasti (■). 11 est vrai , celui-là doit beaucoup plus d'amour , à qui l'on a pardonné plus de péchés : voilà une juste sentence; ce ne sont point tes hommes qui l'ont prononcée , c'est une décision de l'Evangile. Pécheur converti, l'ezécutes-tu ? toi , qui en sortant de la confession retournes à tes premières ordures ; qui , au lîeu de redoubler ton amour env^fs Jésus-Christ , redoubles tes affections illégitimes ; au lieu d'ouvrir largement tes mains sur les misères des pauvres, non -seulement tu resserres tes entrailles , mais tu multiplies tes rapines? Ah! tu abus» trop indignement de l'amilié réconciliée; ton audace ne sera pat impunie : Fient novissimn hominis iUius pejorapriorUnts. Si le pécheur justifié, qui retombe après la pénitence, manque ii l'aflèctioa qu'il doit à Dieu en vertu de cette réconciliation , son crime est beaucoup plus grand conU-e la fidélité qu'il lui a vouée. Je vous prie, renouvelez vos attentions pour écon- (>)£>«:. TU. 41, 4». 43.
BOSSVKT. ZII. 3l
^2 BDIt LES SECtlUTEa.
ter celte doctrine ; elle me'ritc d'être entendue. Je dis donc qu'encore quil soit véritable que le baptême est un pacte et un traité solennel par lequel nous engageons notre foi à Dieu; néanmoins nous entrons par la pénitence dans une alliance plus étroite et dans des engagemens plus particuliers.
Pour e'iablir solidement celle vérité , je remarque deux alliances que Dieu a contractées avec ranci(?Q peuple durant le vieux Testament. Le premier [ traité ] est écrit au long dans le chapitre vingtneuvième du Deutérononie, oit en exécution de ce qui avoit été commencé en l'Exode , et continué eo f>lusieurs rencontres. Moïse assemble le peuple peut leur proposer les conditions sous lesquelles Dieu les recevoit en son alliance- Le peuple déclare qu'il Iw jioceptc ; et Moïse leur déclare de la part de Dieu, que comme ils l'avoient choisi pour leur souverain, il les choisissoit pour son héritage : Dominum elegisU hodiCj ui sit tibi Deux ;.... et Oominut clegit te hodie, ut sis ei poputus {')^\oi]d les termes du premier traité que Dieu fit avec son peuple par l'inlcrventioD de Moïse, qui étoit son plénipotentiaire : fftec sunt verba fœderis t çuod prœçepit Dominus Mojsi , ut feriret cum Jiliis Israël C'). Le second traité d'alliance, chrétiens, est t'apporte. au neu- .vième chapitre du second livre d'Elsdras, et se fait Bur la rupture du premier traité après la captivité' de Babylone. Les termes de ce traité et les formalités sont très-remarquables. Le premier traitéy est .énoncé comme le traité fondamental de l'alliance, tt Vous êtes descendu , ô Seigneur , sur la montagne
(OZ>«ner.uTi. 17, 18.— C'ii&ù^.xxn, t.
SUR LES BECHVTB8. 4^3
» de Sinat , et vous avez parlé du ciel avec nos pères » : LocuUas es cum eis de cœlo (0 : « et vous leur avez a> donné des jugemens droits , et la loi de vérité , et » des cérémonies , et des préceptes par la main de » Moïse votre serviteur » : Dedisti eis judicia recta etlegem veritatis, cœremonias etprœccpta bona,.,,, in manu Mojrsi ser^i tui (2). Après avoir énoncé cette première alliance y ils racontent au long les diverses cohtraventions : « Ils ont ^ disent-ils , péché contre a vos jugemens, ils se sont endurcis contre vos » paroles et ils n'ont pas obéi » : nos rois, nos princes, etc. Ipsiverb superbe egerunt....et dedenmt humerum recedentem , el cer\ficem suam indurai^e^ runt nec audieruni (^). Après les contraventions , ils rapportent les justes châtimens : « Et vous les avez , 3> disent -ils, livrés aux mains des gentils » : Et tradidisti eos in manu populorum (4). Ils ajoutent néajimoins que <c Dieu se souvenant de ses inGnies » miséricordes au milieu de ses vengeances, ne les )> avoit pas entièrement détruits » : In misericordiis autem tuis plurimis non fecisti eos in consumptio^ nem (^). Cest pourquoi ils s'humilient devant lui, ils confessent ses justices, ils adorent ses miséricordes : Et tujustus es in omnibus quœ venerunt super nos (^). Ils le prient de les recevoir en sa grâce au milieu de tant de calamités ; et sur toutes ces choses ensemble, c'est-à-dire sur ce premier traité fondamental, sur les contraventions qu'ils y ont faites, sur les justes châtimens de Dieu , ^ur sa miséricorde qu ils lui demandent, ils font avec lui un
(0 //. Eiar. a. i3 — (») Ihid. - (3) Ihid. 29. — (4) IhiJ. 3o. —
. jj- ■
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Second traite d'alliance , et lui engagent de nonveaa leur fidâitë : « Sur tontes ces chpses , disent-ils , » nous - inénies ici présens ^^ nous faisons un pacte » avec iànÉ , et ndHâ récrivons ] et nos princes , et )i nos lévites , et àos prêtres j souscrivent » : Super omÂibus ergô hù nos îpsi pètcUtimùs foédus ^ et scri'^ hinihi, et signant principes HosUi, lèi^iUé nosiri^ et sacerdotes hàstrii*).
Voilà ddiic deux traités du peuplé àVee Dieu énoncés formellëinent dans TEcriture; le premier essentiel et fondamental , le second sur la rupture de FàtltH de là fnaii Au peuple^ Lequel des deiu , ïxi^È Vi^teÈ^ porté utl engagement plus étrdil? les jurisconsultes le décideront. Il est clair, Selon leurs maximes, que les traités les plus forts, ce sont ceux qui interviennent sur des procès, sur des contraventions aux pFétoierS contrats , sur des difficultés qui en sont nées : et cela est bien appuyé sur la.raison, parce qu'alors la bonne foi est engagée dans des circonstances plus fortes. En effet l'Ecriture le fait bien entendre; car au lieu que dans le premier traité le peuple se contente simplement d'accepter les conditions de vive voix , ici il les écrit et les signe. Nous, disent-ils, préséns personnellement, les écrivons et les soussignons, et y obligeons nous et les nôtres ; reconnoissànt sans doute que traitant avec Dieu sur des contraventions, ils dévoient s'obliger en termes plus forts. Aussi voyons-nous , par leur histoire , qu'après avoir violé le premier ti^aité, Dieu usa encore envers eux de miséricorde : mais ayant contrevenu au second, il commença à les mépriser,
CO //. £sdr. IX. 38.
sua LES hechutes. 4^^
1 retira peu à peu ses grâces j ils n'eurent plus ni niracles, ni prophéties , ni aucuns témoignages dinns ; et enfin a été accompli ce qu avoit prédit Jérémie : « lis'ne sont pas demeurés dans mon alliaqce; »i et moi y je les ai rejetes, dit le Seigneur ». Tant il est Trai , mes Frères ^ que cette seconde espèce d'alliance devoit être beaucoup plus sacrée.
Mais appliquons tout ceci à notre su\e\ , et raisonnons du nouveau Testament par les figupes de Tancien. Sachez donc et entendez , péclieurs convertis/que vous avez contra<^é deux sortes d'alliances avec Dieu votre Créateur par Fentremise de lësus- Christ votre Médiateur et son Fils : 1^ première dans le saint baptême, 1^ seconde dans le sacrement de la pénitence. L'alliance du saint baptême est la première et fondam^iitaley dans laquelle que vous puis*je dire des biens qui vous ont été accordés? la rémission des péchés , l'adoption et la liberté des enfans de Dieu ^ ^'espérance de Théritage et de la gloire céleste ; aux conditions néai)aioins que vous soumettriez de votre part vos entenderoens et vos volontés à la doctrine de TËvangile. Vous avez manqué à votre promesse; vous avez contrevenu à l'Evapgile par vos désobéissances criminelles; vous avez affligé le Saint-Esprit ^ foulé aux pieds le sang du Sauveur , renoué votre traité avec l'enfer qui avoit été rompu par sa mort. Lâches et infidèles prévaricateurs y je vous l'ai déjà dit, vous ne méritiez plus de miséricorde , voici néanmoins un second traité , voici le pacte sacré de la pénitence qui vient au secours de la fragilité humaine. Par ce
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traité de la pénitence , vous rcnliprcz. Dieu vons ic promet i car il ne veM point la ntort du pécheur, mais qn'il se convertisse, et qu^l\îve; vous reotreres dans tons les droits de la première alliance , nonobstant vos contraventions ; mais aussi vous «Dtrerez envers Dieu dans des oljligations pks étroites; et ù vmis i^nquez encore à votre parole, le ToQt-puissant s'en vengera, et vou^ seres en pire état qu'auparavant : Fiunl novissima hominù illius pejora priorihus.
Pour vous en [convaincre,} mesFrères, je laisse les ralsonnemens .recherchés, et je me contente de Tous rapporter de quelle sorte a été fait ce second traité. Un pécheur , pressé en sa conscience , voit la main de Dieu armée contre lui; la cognée est à la racine : il voit déjà l'enfei' ouvert sous ses pieds pour l'engloutir dans ses abîmes : quel spectacle ! Dans cette frayeur qui le saisit, se voyant le cou sous la cognée toute prête à ii-apper le dernier coup, il s'approche de ce trône de miséricorde qui jamais n'est fermé à la pénitence. Ah! il n'attend pas qu'on l'accuse ; il se rend dénonciateur de ses propres crimes ; il est prêt à passer condamnation pour prévenir l'arrêt de son juge. La justice divine s'élève; il prend son parti contre soi-même; il confesse qu'il mérite d'être fa victime , et toutefois il demande grâce au nom du Médiateur Jésus-Christ. On lui propose la condition de corriger sa vie déréglée, de renoncer à ses amours criminelles, à ses | intelligences avec l'ennAni; il promet, il accepte I tout ; Faites la loi , j'obéis. !
Sun LES hechdtks. 4^7
. Vous l'avez fait, mes Frères, souvenez-vous-en, ou jamais vous n'avez fait pénitence, ou votre confession a été sacrilège. Vous avez fait quelque chose de plus; vous avez donné Jésus-Christ pour caution de votre parole; car étant le Médiateur , il est aussi le dépositaire et la caution des paroles des deux parties. Il est caution de celle de Dieu, par laquelle il promet de vous pardonner : il est caution de la vôtre , par laquelle vous promettez de vous amender. Voilà le traité qui a été fait; et pour plus grande confirmation , vous avez pris à témoin son corps et son sang, qui a scellé la réconciliation à la sainte table: et après la grâce obtenue, vous cassez un acte ai solennel. Vous vous êtes repentis de vos péchés, et vous vous repentez de votre pénitence ; vouS aviez donné des- larmes à Dieu , vous les retirez do ses mains ; vous désavouez vos promesses , et Jésos- Christ qui en est garant , et son corps et son sang ^ teystère sacré et terrible,- lequel certes ne devoit pas être employé en vain : et après avoir manqué tant de fois & cette seconde alliance , si ferme, si authentique , si inviolable , vous allez encoi'e la tête levée. Ah! mon Frère, j'ai pitié de vous; vous ne sentez pas votre malheur, ni le terrible redoublement de vengeance qui vous attend en la vie future : Fieat novitiima hominù illius pejora prioribm. C'est ce que j'avois à vous dire dans ma première partie. Mais n'y a-t-il point de remède? il y en a, n'en doutez pas , UD très-efficace ; c'est le remède de la pénitence : mab vous en avez tant de fois abusé, que bientôt il ne sera plus remède pour vous. C'est m» seconde partie.
483 sun LES aEceoTSs.
SECOND POINT
OtiTRï le mépris que vous faites de l'amitié réconciliée , ce (jui aggrave votre faute dans vos rechutes, c'est le mépris du remède; car celui qui méprise le remède , il touche de près à sa perte , et il deviendra bientôt incurable. Pour vous taire sentir vivement, 6 pénitent qui retombez, combien vous méprisez ce remède, remarquez, avant toutes ciioses, que le remède <le la pe'nitence a deux qualités ; il guérit le mal pastié, il prévient le mal à venir. Ce n'est pas Mulement un remètée, mais c'est une précaution. Encore que cette vérité MÙtbien connii*, nâtomoini pour TOUS en donner une grande idée, repreaons^a jusqu'en son principe, et disons que la police céleste, avec laquelle Dieu régh les hommes, l'obhge à leur faire conncïtre qu'il déteste inân'uncnt le péché ; autrement , dit Tertullien , ce seroit un Dieu trop patient et bon déraiscmnablement ; IrraUonaliter éonum ('}; un Dieu bon jusqu'au Di^pris, et indulgent jusqu'à la foiblesse : « un Dieu , ^t-jl dans le n même endroit , sous lequel les féthéa «roient à w leur aise , et dont on se moqueroit itI^>uaé(nent n : Deutn sub çuo ■delicta gauderent, cui tbaiolus iUuderet (i). Voilà une bonté bien méprisable : telle n'est pas la bonté de notre Dieu. « 11 est bon , dit M Tertullien , en tant qu'il est ennemi du mal , non » en souffrant le mal » : Non aîiàs ptenh i>omts sit , nui malt œntulus (3). Pour être bon comme il faut, il exei'ce l'amour qu'il a pour la justice par la haine qu'il a contre le pédié; il se montre défenseur de