‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 3)Chapitre 52 sur 76 · C- Ady.Maràim.ia.u,n.6.-'\*)Uid.n.li.-'l?)Ibid.lih,i,tt.-a · texte numérisé non relu

C- Ady.Maràim.ia.u,n.6.-'\*)Uid.n.li.-'l?)Ibid.lih,i,tt.-a

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la vertu en attaquant son contraire : Ud boni amorem odio malt exerc^at, et boni UUeiçm eayHtgnatione maliimplaati*).

ïi s'ensuit de cette doctrine, que Dieu déteste le péché nécessairement. Mais s'il est ainsi, cbrtftiens, il est assez malaisé d'entendre de quelle sorte il le pardonne. Voici en effet un grand embarras ; laisser le pédié impuni , c'est témoigner peu de haine de notre injustice; le punir toujours rigoureusement, c'est avoir peu de pitié de notre foibtesse. Mes Frères, quediron&-nous?Dienoubltei'a-t-ilsefimiséricordesI Dieu onhliera-t-il ses jifttioes7 vengera-t-il toujours le péché ? le laissera-t-il régner à spo aise 7 ni l'un , ni l'autre, Messieurs. 11 envoie aux hommes la pénitence pour concilier ces difficultés, et il partage pour cela les temps : il pardonne ce qui est pa^se , 11 donne des précautioBS pour l'avenir : il institue un remède, qui soit tout ensemble: un présârvatif qui ait la force et de guérir le mal présent et da jH-évenir le mal futur. Par l'an il coftteote sa Biisé< ricorde , il pardonne ; et par l'autre U satisfait l'a* version qu'il a du péché, il le défend. Voilà donc deux qualitésde la pénitence;.toutes deux également saintes , toutes xlenx également nécessaires : car si 3>teu n'uie jamais de miséricorde , que ferons-nous , BHsérablesî nous périrons sans ressource; et s'il pardonne sans précaution, ne semble-t- il pas approuver les crimes?

Comme donc ces deux qualités de la pénitence sont nécessaires en même degré , il ne te sert de rien, A pédiew, de la recevoir en la première, si WAdf. Mv^m. lit. I, n. 36.

tu Ift violes dans la seconde. Tu prends quelque soin de laver tes crimes ; et après tu te rel&ches et tu te reposes / comme st tout Touvrage étoit aidievë. La pénitence se plàinc de toi : JTai , dit-^lie ; * deux qualités; je guéris et je préserve; je nettoie et je fortifie; je suîs également établie y et j>dur ôter les péckés commis , et pour empêcher ceux ^*on peut comfiièttt^ : ' atitrement elle ne feroit que flatter le vice. Tii m%onores en qualité de remède , tu me. méprises en qualité de préservatif. Ces' deux fonctiom sotit inséparables ; pourquoi me véux^u diviser? ou jniéndis-moi toute , ou laissé- mot toute. Ghrâiens , qtiè répohdronMioiis à ce reproche? Il e&t ^oste , il est juste y reconnoissons-le; nous avons méprisé la pénitence y parce que nous n'avons pas honoré sts deux qualités.

Mais pour profiter de ce reproche et mettre cette doctrine en pratique , remarquons , s'il vous plait^ Messieurs , que comme la pénitence a deux vertus, nous devons avoir aussi deux dispositions : la disposition pour là recevoir comme guérissant le passé, c est la douleur des fautes commises ; la disposition pour la recevoir comme prévenant l'avenir, c'est la crainte des occasions qui les ont fait naître. Qui pourroit assez exprimer combien cette: crainte est salutaire ? Sans la crainte , dit saint Cyprien , on ne peut garder l'innocence , parce qu'elle en est la garde assurée : Timor innocentiœ custos (0. Sans la crainte , dit Tertullien , il n'y a point de pénitence, parce qu'on n'a pas , dit-il , cette crainte qui est son instrument nécessaire : Nec pœnùentiam €idim^

CO Epist. I , ad Donat. pag. a.

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