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» l'Etre divin , et qu'ainsi nous devons par une vue » plus claire élever notre intelligence , au - deàsuj a même de ces grandes idées, comme elles s'élèvent u en quelque manière au-dessus de celles qui nous » paroi&sent trop inférieures » : Cùm ■verô verha •omnia, quibus humana coUotfuia conseruniur^ iliius sempilerna ■virtus et divinilas mirabiliter of^w incunctanter excédai, quiàf/uid de illo kiimanîler diçilur , quod ciiam liominibus aspernabile videalur, ipsa humana admonetur infirmitas , etiam illa çua congrurnter in Scripturis sanctis de Deo dicta existimat,humance capacilati aptiora esse quàm divinœ sublimltati ; ac per hoc etiam ipsa transcendenda esie sereniurts inteiieciu j sivut ùta ifuaiicujiupia transccnsa sunt.
On peut juger aisément ^ae pour renverser cei idoles [ dont nous avons parlé } et adorer Diea en vérité, il n'y a rien déplus nécessaire que de bien connoitre ce qu'il est; et c'est pourquoi le Sauveur reprenant la Samaritaine, el instruisant les fidèles^ a dit dans notre Evangile : k Vous adorez ce que » vous- ne connoissez pas, et nous adorons ce que » nous connoissons (■) » ; par oîi il nous prépare la voie à cette adoration en vérité, que je dois tâcher aujourd'hui de vous faire entendre.
Concluons donc nécessairement qu'il faut connottre celui que nous adorons ; mais surtout il en faut connoitre ce qui est nécessaire pour l'adorer, que je réduis, cbrétiens, à ces trois vérités principales : que Dieu est une nature parfaite et dès-là incompréhensible; que Dieu est une nature souve-
(■} Joaa. iT. aa. . :.
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raine; que Dieu est une nature bienfaisante. Voilà comme les trois sources et les trois premières nolions qui portent l'homme à adorer Dieu ; parce que nous sommes portés naturellement à révérer ce qui est parfait, et que la raison nous enseigne à dépendre de ce qui est souverain, et que nos besoins nous inclinent à adhérer à ce qui est bon.
Cette profonde pensée de la haute incompréhensibilité de Dieu est une des causes principales qui nous portent à l'adorer. Nous aimons Dieu , dit saint Grégoire de Nazianze (<), parce que nous le connoissons, mais nous l'adorons, poursuit- il, parce que nous ne le comprenons pas ; c'est-à-dire , ce que nous connoissons de ses perfections fait que notre cœur s'y attache comme à son souverain bien -, mais parce que c'est un abime impénétrable que nous ne pouvons sonder , nous nous perdons à ses yeux , nous supprimons devant lui toutes nos pensées, nous nous contentons d'admirer de loin une si haute majesté, et nous nous laissons, pour ainsi dire, engtoutir par la grandeur de sa gloire; et c'est là adoi-er en vérité.
Voilà l'idée véritable; voyons maintenant l'idole que l'homme abusé se forme. Je ne veux pas dire, Messieurs , que nous pensions pouvoir comprendre la Divinité. 11 y a peu d'hommes assez insensé pour avoir une telle audace. Mais celui que nous confessons être inconcevable dans sa nature , nous ne laissons pas toutefois de le vouloir comprendre dans ses pensées et dans les desseins de sa sagesse. Quelques- (■)Onu.uuTUi, «.11,(01)1. !,/>. 616.
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uns ont ose reprendre l'ordre du monde et de la nature. Floûe^rs se veulent bîre conseillers de Dieu, du moins en ce qui r^arde les choses hamaÎBcs ; mais tous ^ |»:«sqae sans exception , lai denuDdent raison pour enx-mâDies, et veulent comprendre sec «lesseins en ce qui les touche. Les hommes se sont fonnë une certaine idole de foitnne que noos accnsooB tons de nous être injoste , et sous le nom de la fortune, c'est la sagesse divine dont nons accBSons les conseils, parcequenonsneposTons pas en savoir le fond. Mous voulons qu'elle se mesare h nos int^^ .Têts et qn'elle se renfenne dans &o» pensées. Fotble et petite partie du grand ouvrage de Dien, non prétendons qu'il nous détache du dessein total , pour nous traiter à notre mode , au gré de nos fantaisies; comme si cette profonde sagesse composoit ses desseins par pièces à la manière des hommes, et nous ne concevons pas que si Dieu n'est pas comme nous , il ne pense pas non plus comme nous, il ne résout pas comme nous, il n'agit pascomme nous; tellement que ce qui répugne à notre raison s'accorde nécessairement à une raison plus haute que nous devons adorer, et non tenter vainement delà comprendre.
Après avoir bien connu que Dieu est nne nature incompréhensible, il faut connoître encore, en second lieu, que c'est une nature souveraine, mais d'une souveraineté qui supérieure infiniment à celles que nous voyons, n'a besoin pour se soutenir d'aucun secours tiré du dehors et qui contient toute sa puissance dans sa seule volontô. 11 ne fait que jeter un regard , aussitôt toute la nature est épouvantée ,