SUR LES JUGEMENS H€HAINS
qui accable ce Dieu-homme : voyez le ciel et la terre conjurant sa perte , les hommes furieux , son Père implacable , Fenfer déchaîné contre lui. O quel excès de rigueur! C'est par-là quil a mérité de vous pouvoir traiter doucement.
Le croyiez - vous , pauvres âmes , lorsqu^il vous parloit si obligeamment ^ croyiez -vous que cette douceur lui coûtât si cher? Vous croyiez peut-être alors qu'il vous faisoit une grâce qui ne lui coûtoit autre chose que d ouvrir seulement son cœur, trésor inépuisable de compassion : et il faisoit un échange; et pour fah'e luire sur vous un rayon de faveur dime y il se dévouoit intérieurement à des rigueurs infinies y à des duretés intolérables. A vous donc toute la douceur y à lui toutes les amertumes; à vous les consolations , à lui les délaissemens ; à vous la facilité y le pardon, la condescendance, à lui les foudres , à lui les tempêtes , et tout ce que peut inventer une colère inflexible et inexorable. Mes Frè<^ res, c'est à ce prix que Jésus nous est indulgent. Pouvons -nous après cela arrêter les yeux sur les bontés qu'il exerce , sans avoir le cœur pénétré de ce que lui coûtent nos crimes? Autant de grâces qu'il nous donne , autant de péchés qu'il nous remet, autant de fois qu'il nous dit, Je ne te condamnerai pas, et il nous le dit à chaque moment ; nous devons croire ^ mes Frères, qu'il étale autant de fois à nos yeux toutes les rigueurs de sa croix et toute l'horreur du Calvaire. Et comme à chaque moment son enfer devoit s'ouvrir sous nos pieds , autant d'instans qu'il nous accorde pour prolonger
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le lemps de la pénitence, autant nous dit-il de fois: Vois, je ne te condamne pas, puisque je t'altenilsi je ne te condamne pas, puisque je t'invite; je ne te condamne pas, puisque je te presse, et que je ne cesse de te dire; Retourne, prévaricateur, et tu vivras; retournez, enfans perfides; retournez, épouses déloyales: » et pourquoi voulez-vous périr, mail » son d'Israël [') » ? Donc , mes Frères, autant de momens que Jésus nous attend à la pénitence, autant de fois , non sa voix mortelle , mais ce qui est beaucoup davantage, sa bonté, sa miséricorde , sa patience déclarée, son sang, sa grâce, son Saint-Esprit nous disent au fond du cœur : Je ne te condiinine pas; va, et désormais ne pécbe pl«s. Et tout cet excès de niise'iicordes dont nous ressentons le fruit, nous rappelle aux rigueurs borribles qui en ont été la racine. Donc, ô Jésus, ô divin Jésus! que vos miséricordes sont pressantes ! ali! dans le moment que je les ressens, je vois toutes vos plaies se rouvrir, tout votre sang se déborder. Il faut pleurer du sang, pour le mêler avec celui que vos tendresses et mes duretés, que vos bontés et mes ingratitudes vous ont fait répandre.
Laissons-nous toucher , chrétiens, à cet excès de miséricorde , et apprenons aujourd'hui à voir toute l'horreur de nos crimes dans la grâce qui nous le< remet. « Gardez -vous d'affliger et contrister l'F^s- •) jtiit de Dieu a : JS'oUte contrisCarc Spiriliiin sanclum (a). Cette affliction ne marque pas tant l'injure qui est faite à sa sainteté par notre injustice, que ^f)JEitch. xxxin. 1 1 . — [i) Epket. it- Îo.
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violence que souffre son amou^ méprisa et sa Doe volonté frustra par notre insistance opiniâ-- !. Afliiger le Saint-Esprit , c'est-à-dire l'amour
Dieu opérant en nous pour lui gagner nos cœurs T sa bonté. Il se mesure avec nous par les tenesses de son amour , par les empressemens de sa iséricorde. Combien la dureté est-elle inhérente, elle ne s'amollit pas, etc.
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ABRÉGÉ D'UN SERMON