‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 134 sur 189 · IIL- JOUR · texte numérisé non relu

IIL- JOUR

Layement des pieds. Puissance de Jésus^Christ; son humilité. Joan. xiu. i-— 5.

Comme il a^foit toujours aimé les siens ^ il les aima usquà la fin (0. En ce moment de son passage, orsqu il les alloit quitter , il les aima plus que |anais y et leur donna des marques plus sensibles de on amour. G'étoit la consolation qu'il leur vouloit aisser en les quittant. En effet, tout ce qu il leur lit est plus tendre, tout ce qu'il fait plus rempli Tamour ; témoin l'eucharistie qu'il leur va donqer. liais voici par où il commence. Apres le souper, le iiahle ajrant déjà mis dans le cœur de Judas , fils ie Simon Iscariot, le dessein de le liurer : Jésus lacJumt que son Père lui €woit tout mis entre les nains , et quil étoit sorti de Dieu, et quil y retourtoit; il se leua de table , quitta ses habits , et mit \in Unge déviant lui; puis ayant versé de Veau dans un hassin , il commença à lasser les pieds de ses disciples j et les essuya ay^ec le linge quil ai^oit attaché autour de lui W. Voilà notre lecture d^aujourd^hui. Qu'elle est belle ! qu'elle est ravissante ! Mon Sauireur, vous me remplissez de consolation par la lecture de votre Evangile ! En quelque endroit que je rouvre, j'y trouve partout ces consolations, et des paroles de vie éternelle ; mais je ne sais si j'y ai lu rien de plus touchant que cet endroit. Mon Sau-

(s) Joun.xui. I. -.- («) lUd. a, 3, 4> ^-

vcur^ augmentez ma joie dans cette sainte lecture, afin que la chaste délectation dont elle me remplit, m'ôte tout le goût des joies du monde. ^lais pour cela il faut peser toutes les paroles.

Apres le souper (0 : saint Jean va parler d'an autre souper, oh il étoit couché sur le sein de Jésus; où Jésus donna à Judas le morceau trempé (>]. Voilà donc un autre souper. Il y en eut deux, dont le dernier se fit après le lavement des pieds ; et ce fat celui où il institua Teucharistie : souper de cérémonie, qui peut-être fut précédé du souper de Fagaeén pascal. Je n'entre pas dans ces questions, je ne cherche qu*à modifier : et il me suffit d'entendre que le festin où Teucharistie fut instituée, fut on festin particulier, qui fut tout plein de mystère, comme nous le verrons bientôt. Que le premier donc soit celui où Ton satisfit au besoin. Voilà Jésus qui se lève , et qui sort de table; et pour préparer ses disciples au mystérieux festin qu'il leur préparoit, il leur lave les pieds.

Jésus sachant que son Père lui woit tout remis entre les mains ^ et qu'il étoit sorti de Dieu ei retournoit à Dieu (3). Arrêtons-nous : saint Jean eil ici tout occupé des grandeurs et de la puissance de Jésus; et il nous veut remplir de cette idée, afin que la peinture qu'il nous va fkire de son humilité' et de son amour, soit plus vive. Arrêtons-nous donc, encore un coup , et goûtons cette première parole: Son Père lui a \tout remis entre les mains . selon ce qu'il a dit lui-même : Tout a été mis entre mes mains

ÇO Joan. XIII. a. -. [^') ïhid, a3, 26. — W Ihid. xjn. 3.

SUR L^ÉVAirOILC. 4^3

par mon Père (0. Et ailleurs: La toule-puissance m est donnée dans le ciel et dans la terre (s). £t quoique cette puissance lui appartint naturellement^ parce que dès le commencement il ëtoît Dieu, toujours résident en Dieu, et inséparable de lui, et qu'il étoit ce Verbe Dieu , par qui Dieu a tout tiré du néant ; le Père par ce moyen ne pouvant avoir aucune créature qui ne soit la créature du Fils j et ne lui doive le même hommage , conformément à cette parole : Tout ce qui est à moi^ est à vous; et tout ce qui est h vous, est à moi ^): néanmoins cette puissance lui venoit de son Père, qui la lui ayant dé)à donnée par son éternelle naissance , la lui donnoit au temps de sa passion d'une façon particulière ; parce que c'étoit par sa passion qu'il devoit tout acquérir y et avoir à titre d'achat et d'acquisition y ce qu'il avoit déjà naturellement , et par le droit de sa naissance. Et celui à qui tout est dotorié d'une manière si excellente , c'est celui qui nous va laver les pieds. Voilà oîi saint Jean en veut venir. Humilions-nous donc de notre côté. O Jésus ! je me soumets à votre empire ; à celui que vous avez sur moi j comme créateur , à celui que vous avez comme rédempteur : vj^us êtes mon souverain Seigneur , otion doux et unique Maître : Vous êtes le Fils de Dieu, vous êtes le roi d'Israël (4). Quelle obéissance ne vous dois- je pas, étant à vous à tant de titres^ et par des titres de cette nature ^ si authentiques ^ si immuables y si aimables ^ si divins?

(0 Maah. m. »7. — W IM. xxtiii. i3. — \?) Jtmn. vru. lo. — (4) Ibid, 1. 49.

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