XVIII.- JOUR
Etendue de la perfection chrétienne. Matth. v.
ExAMiiTEz-vous sur ces trois degrés : aimer, faire du bien , prier. Qu'est-ce çu aimer ceux qui nous aiment? Les publicains le font bien, Qu est-ce que saluer ceux qui vous saluent? Les païens le font bien» Ce n*est pas pour rien qu'on vous propose un héritage éternel, et une immuable félicité : ce n'est pas pour vous laisser demeurer à l'égal , ou même au-dessous des païens. Dites-vous la même chose, ô chrétien! dans tout le reste de votre conduite? Quelle récompense méritez -vous, -femmes
(0 Matth. V. 42.
chrétiennes ) si vous méprisez les vaines parures? Les païennes Tont bien fait. Quelle sera votre gloire y si vous méprisez les richesses 7 Les philosophes Tont bien fait. Dites-vous la même chose sur la chasteté ; les vestales Tout bien gardée : sur la cordialité ; les païens ^ les sages du monde en ont fait gloire. Portez donc plus haut vos pensées , et soyez parfaits W. Mais comme qui? Comme les philosophes; comme les païens; comme les Juifs , ou comme les pharisiens, et les docteurs de la loi^ qui étoient les plus parfaits d'entre les Juifs ? Non : Jésus-Christ vous a dit, que vous n aurez point de part à son royaume, si votre justice ne surpasse la leur (^}. Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait (^). Et comme vous ne pouvez jamais régaler , croissez toujours pour vous approcher de cette perfection. L'entreprise est grande; mais le secours est égal au travail : Dieu qui vous appelle si haut y vous tend la main : son fils, qui lui est égal , descend à vous pour vous porter. Dites donc avec saint Paul : Courage , mon ame : Je puis tout ai^ec celui qui me fortifie (4).
O chrétien , qui es si loin de la perfection de ton état, quand commenceras-tu à surmonter ta nonchalance ?
Que chacun se dise à soi-même dans le fond du cœur : Çà je veux apprendre à être chrétien. Arrêtez-vous partout à ces mots : On a dit aux an' ciens : et moi Je vous dis. Qui est celui qui nous a donné cette loi nouvelle 7 Jésus-Christ , le Fils de
(0 Mauh. V. 48. — (») llnJ. 20. — \}) Ibid. 48. — M) PhiUp. IV. i3.
SUR l'évangile. Si
Dieu en personne^ la lumière et la yénié étemelle, ie mattre qui nous est envoyé du ciel pour nous enseigner , mais en même temps le Sauveur qui nous aide y et qui^ comme on vient de voir, mesure ses grâces au travail qu'il nous impose. Disons donc avec saint Paul (0 : Si la loi oui a été donnée aux anciens Juifs par le ministère des anges ^ est demeurée ferme; et que toute transgression etdésohéissance contre cette loi ait reçu un juste châtiment; tomtnent l'éviterons - nous , si nous négligeons une iùctrine aussi salutaire que celle qui nous est ensei-puêe par Jésus-Christ, qui, ayant pris son commencement par V explication qu'il en à faite lui-même, nous a été confirmée par ceux qui l'ont ouïe de sa propre bouche : Dieu y rendant témoignage par tant de signes , par tant de miracles, par Usait de prodiges : et enfin par l'effusion manifeste de son Saint-Esprit? Et encore avec le même saint Paul C^) : Si, lorsqu'on a^^oit violé la loi de Moïse, qui n*étoit que le serviteur , onpérissoit, sans miséricorde , sur la déposition de deux ou de trois témoins ; quel supplice mériteront ceux qui ont foulé aux pieds le Fils de Dieu; qui ont tenu pour profane le sang de l'alliance par lequel ils ont été sanctifiés , et qui auront fait outrage à l'esprit de la grâce ? Car nous savons combien puissant est celui qui dit : A moi appartient la vengeance , et je la saurai bien faire. Et encore: Le Seigneur jugera son peuple. Il est horrible de tomber entre les mains du Dieu ^vivant.
0) Heb. IL a, 3, 4 W Ibid. x. a8, 29, 3o, 3i.
Sa MÉDITATIOirS