XIX.« JOUR
Rechutes. Luc. xi. ai, 26. S. Paul. Hebr. vi« 4» 9. II. Petr. II. 20 y 21, 22.
Pour nous afTermir contre les rechutes, appuyons ^ur ce qui est dit dans saint Luc àafort amié (0.
Le fort armé , c*est le démon. Considérez ces paroles : Ce quil possède est en paix. Songez à la malheureuse paix dont jouissent les pécheurs. La conscience assoupie, ou se voit périr de sang fr-oidy et sans s'émouvoir : les sens nous enchantent , ^t le -démon règne tranquillement. Jésus-Christ a chassé ce fort armé, quand il a ébranlé ce cœur endurci, et qu'on a fait pénitence. Mais ce n'est pas tout , et il ne quitte pas prise : il revient avec sept démons plus méchans que lui. Pesez tout : ces esprits immondes souUlent de nouveau la maison que la pénitence a nettoyée, et ils y établissent leur demeure; Et le dernier état de cet homme est pire que le pre^ mier (^). Si toujours à chaque rechute, Fétat devient pire, si le joug du démon s'aggrave, si l'on s'enfonce de plus en plu^dans le mal, si les forces diminuent sans cosse, où en sera -t- on à la fin ^ et comment sortir de cet abîme ? Dieu peut nous en tirer ; je le sais : mais s'il n'y a rien à désespérer, tout est à craindre.
// est impossible à l'homme^ dit saint Paul C^), selon le cours ordinaire des choses humaines , et il
(0 Luc, XI. ai , etseq^. — W Luc. xi. aC. -* i?) Htb, vi. 4» ^ *««V..
SUR l' ÉVANGILE. 53
n'y a que Dieu qui le puisse faire par un effort , pour ainsi parler , de sa toute puissance : // esC impossible , dis - je , que ceux qui ont une fois été xUuminés par la grâce du baptême ; qui ont goûté h don céleste , et ont été faits participans du Sainte Esprit j et qui ensuite sont déchus j soient renouvelés. Si saint Paul parle ainsi de ceux qui ont violtf la sainteté du baptême : que doivent craindre ceux qui ont ajouté à cette profanation^ celle de la pénitence ^ si souvent réitérée, et si-souvent méprisée? Ia terre qui boit soui^nt la pluie qui tombe sur elle, et qui ne produit que des épines et des chardons^ est « la veille d'être maudite , et enfin on y met le feu (0.
Il n^y a rien à expliquer ici : les paroles sont assez claires , et il n'y a qu'à les méditer les unes après les antres avec attention. Après que ces paroles vous auront rempli de frayeur , relevez votre espérance par les suivantes ; et croyez: que toute TEglise vous dit avec saint Paul : Nous espérons de vous de meilleures choses (2).
Après avoir ouï saint Paul, écoutons encore saint Pierre (3) : // vaudroit mieux n avoir pas connu le chemin de la justice , que de retourner en arrière : comme un chien qui ravale ce quil a vomi ; et comme un pourceau qui se vautre de nouveau dans la boue. Cela fait horreur seulement a entendre ; et ces expressions soulèvent le cœur : mais la chose est bien plus horrible , et ce qu'on voit faire à ce» animaux est au-dessous de ce qui arrive au pénitent opi retombe.
(0 Heb. VI. 7,6.— W /&«</. g. — C^) //. Pet. u. ai , aa.