‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 143 sur 189 · XVI.* JOUR · texte numérisé non relu

XVI.* JOUR

Ce trouble étoit volontaire en notre Seigneur H

nécessaire pour nous, Ibid.

Comment s^accorde ce trouble , cette agitation, et pour tout dire à la fois , cette profonde tristesse de Tame de notre Sauveur , avec la parfaite union du Verbe , et la bienheureuse jouissance qu'elle attiroit avec elle? C'est un mystère, qu'il ne faut pas espérer de pénétrer en cette vie. Il nous suffit de penser que comme l'union de l'ame avec le corps a ses règles y qui font que l'ame , selon ses divers rapports et ses diflférens objets , a des sentimens, reçoit

SUR L*ÉyA.lfGILE. 49^

-des impressions y forme des pensées contraires en ■quelque façon les unes aux autres ^ ce qui donne lieu non-seulement aux philosophes , mais encore à Fapôtre même y de distinguer rame d'auec l'esprit (0 , c*est-à-dire , de distinguer Famé comme en deox parties , et la partie animale d^avec la spirituelle et la raisonnable ; ce qui souffre encore plusieurs autres subdivisions, en sorte qu*il semble quelquefois qu il y ait plusieurs hommes dans un seul homme , tant ces 'sentimens différens sont véritables et vifs des deux côtés : ainsi Tnaioa du Verbe avec l'ame , et par Famé avec le corps , et encore celle du Verbe &it homme avec les fidèles qui sont ses membres , et avec tout le genre humain qu*il porte en luimême, ont leurs règles prescrites par le Verbe même y qui demeurant toujours immuable, excite dans Tame qui lui est unie et appropriée de ccftte admirable manière qui la fait être véritablement Tame d'un Dieu, des sentimens différens, selon les divers rapports qu'elle a avec lui, avec son corps naturel, avec son corps mystique, avec tous ses membres, et en un mot avec tous les hommes : en Aorte qu'il a dû souffrir par rapport à nous, et, conune parlent les Pères , par économie , par dispensation , par condescendance , ce qui n'eût point convenu à son état s'il n'eût été qu'une personne ordinaire et particulière : d'où aussi il est arrivé , que sans aucune diminution de la force qui le tenoit invinciblement et inviolablement uni à la volonté de fl|p^' ^^ ^^ Verbe qui régloit tous ses mouvemens; par le ministère quil excrçoit de chef, de

{*) Heb, IV. la.

^g4 UÉDITATIOH8

victime y de modèle du genre hmnain > il a dû sonf* frir les délaissemens et les foiblesses , que demandoient Texpiation de nos pêches , Texemple qoH nousdevoity et les grâces quil falloit nous mériter par ce moyen. C'est pour nous que sans déroger k h vérité de cette parole : Je ne suis pas seul, car mon Père demeure avec moi (0, il n'a pas laissé de s'écrier : Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi ïïn'an^ez" vous délaissé (^). C'est pour nous, que tout heureux qu'il étoit dans la haute partie de lame , par la jouissance du Verbe qu'il ne pouvoit pas ne pas posséder, puisqu'il faisoit avec lui une seule et même personne y il a fallu qu'il pût dire selon la partie inférieure : Je suis triste jusqu'à la mort, et encore : L'esprit est prompt , mais la chair est infirme 0) : et le reste que nous trouverons dans la suite. Car ces peines intérieures faisoient partie de ce qu*il devoit souffrir pour le péché : ces foiblesses faisoient partie du remède qu'il devoit apporter aux nôtres , et de l'exemple qu'il nous devoit donner pour les soutenir et pour les vaincre. Il falloit qu'il y eût en loi des infirmités y des détresses ^ des désolations , des délaissemens auxquels nous pussions nous unir pour porter les nôtres. C'est par-là qu'il est dei^enu ce pontife compatissant, qui sait nous plaindre dans nos maux, à cause qu'il les a expérimentés ^ et qu'il a passé par toute sorte d'épreuves ; tenté j comme dit saint Paul (4) , ainsi que nous., ^en toutes choses^ à la réserve du péché.

C'est pour toutes ces raisons ^ et sans doiMPbar

(0 Joan, XVI. Sa.— l») Matth, xjlvii. 46 (^ Ibiâ, xxri. Î8,

4i. — \^) Heh, iT. i5. V. a, 8.

svR L'évÀvaiLE. 49S

beaucoup d^autres, qui ne sont pas encore révélées, que Tame de Jésus^Christ a été livrée par le Verbe -aux horreurs y aux troubles, aux foiblesses, aux délaisseinens, que nous avons vus; qu'elle s*y est livrée elle-même volontairement ^ en s'appliquant âux objets capables de les exciter, et se mettant dans des dispositions qui y étoient le plus convenables : ce qui fait dire à saint Jean, quil éloit troublé à la vérité , mais aussi qu'il se troublait bii-même (0 , n*y ayant rien de forcé dans le trouble qu'il soufTroit, et au contraire tout y étant dirigé €t ordonné par le Verbe qui présidoit dans cette personne adorable, et par l'amequi s'abandonnoit à cette conduite, de toute sa volonté et de toute SSL pensée.

Cest par une intime participation' de ces états du Sauveur, que des âmes saintes, au milieu du trouble des sens y et parmi des angoisses inexplicables y jouissent dans un certain fond , d'un imperturbable repos , où elles sont dans la jouissance autant qu'on y peut être en cette vie. Elles n'ont donc qu'à s'unir au trouble, aux infirmités, aux délaissemens de Jésus*, pour , par ce moyen , trouver leur soutien dans l'union intime qui le tenoit si inséparablement attaché à la divinité, et aux ordres de la sagesse

incréée.

Ainsi, le saint homme Job poussé en quelque façon de deux esprits opposés , pendant qu'il dispute avec Dieu , pour soutenir devant lui son innocence; qu'il fulmine , pour ainsi dire, contre lui, et qu'il lui fait son procès, comme à celui qui l'a condamna

(0 Joan, zii. 37. zi. 33.

496 MéDITiiTIOirS

par un jugement inique, et par une espèce dTopi pression et de calomnie (0 : pénétré en même temps de sa souveraine justice , il lui demande pardon avec une humilité admirable , et reconnoit en tremblant, qu'il n*y a point de sainteté irrépréhensible à ses yeux (2) : et pendant que les objets affreux que Dieu lui met dans Fesprit , même durant son sooh meil , sans lui vouloir laisser aucun repos , semblent lui faii% perdre tout courage , jusqu^à dtt*e qu'il est au désespoir, quil en est réduit au cordeau, et à se défaire lui' même (^) j dans le fond de sa conscience il jouit du repos des justes, et pousse la confiance jusqu'à dire : Quand il me tueroie^J'esvérerai en lui ': et encore : Mon témoin est dans le ciel , et celui qui me justifie dans les lieux hauts : mes amis sont des discoureurs : c'est devant vous que mes yeux répandent leurs larmes (4).

XVII/ JOUR

J'ai désiré d'un grand désir de manger cette pdque, Jésus-Christ notre pdque, Luc. xxii. i5/

Pendant que Jésus parloit à ses disciples de celui qui le devoit trahir, ils continuoient le souper : et le Fils de Dieu voulant établir la nouvelle pâque par rinstitution de Teucharistie , la commença par ces paroles : J*ai désiré d'un grand désir de manger

(0 Job.X. 3. XIII. 3. XYI. 18. XVIT. 2. XIX. 6. XXIII. 3, 4» ^y ^'"^

(«) Ibid. IX. i5y et seq. ^ i}) Ibid. yii. i4» i5. — C4) Ibid, zui. i5. xvi. ao, ai.

cette

SUR l'éva^ngile. 497

cette pdçue a^ec 'vous , devant que de souffrir (0 : ce qui fut suivi, comme on verra, de Tinstitution de Teucharistie : et cette institution , et ce grand désir qu*il nous témoigne en ce lieu, de faire avec nous cette pâque , avant que de souffrir , fait partie de Tamour immense dont Jésus , çui ayoit toujours aimé les siens , les aima, comme dit saint Jean, jiisçuà lajin('^).

Pour donc entrer dans son dessein , et dans des dispositions convenables aux siennes, souvenons*' nous que la pâque , la sainte victime d'o& devoit sortir le sang de la délivrance , devoit , comme beaucoup d'autres victimes de Tancienne alliance , nonseulement être immolée, mais encore mangée, et que Jésus-Christ voulut se donner ce caractère de victime , en nous donnant à manger à perpétuité ce même coi^s , qui devoit être une seule fois oifert pour nous à la mort : et c*est pourquoi il disoit : J'ai désiré avec ardeur de manger avec vous cette pdgue ayant que de mourir (^). Ce n'étoit pas la pâque légale, qui alloit finir, que Jésus - Christ désiroit avec tant d^ardeur de manger avec ses disciples : il Tavoit souvent célébrée et mangée avec eux : et une autre pâque faisoit ici Fobjet de son désir : et c'est pourquoi quand il dit : J'ai désiré avec ardeur de manger avec vous cette pdque, la pâque de la nouvelle alliance ; c'est de même que s'il disoit : J'ai désiré d'être moi-même votre pâque , d'être l'agneau immolé pour vous, la victime de votre délivrance; et par la même raison que j'ai désiré d'être une vie-

(0 Luc. XXII. i5. — (>) Joan. xiii. i. — (3) Luc. xxii. i5. BOSSUET. IX. 'il

^gg MÉDITATIOHS

lime véritablement immolée , j^ai désiré aussi d'étit une victime véritablement mangée : ce qu*il accomplit par ces paroles : Prenez , mandez : ceci est mom corps donné pour vous (0: c'est la pâque d'où doit soi*tir le sang de votre délivrance. Vous sortiret dé TEgypte, et vous serez libres aussitôt après que ce sang aura été versé pour vous : il ne vous restera plus qu à manger à l'exemple de l'ancien peuple^ la Victime d'où il est sorti. C'est ce que vous accomplirez dans l'eucharistie y que je vous laisse en mouraot| pour être éternellement célébrée après ma mort Manger les chairs de l'agneau pascal , étoit au Israélites un gage sacré qu'il avoit été immolé pour eux. La manducation de la victime étoit une manière d'y participer ; et c'étoit en cette sorte qu'<m participoit aux sacriGces pacifiques, ou d'actions de grâces , comme il est marqué dans la loi (^). Saint Paul dit aussi , que les Israélites qui mangeoient k victime^ par-là étoient rendus participons de tautd et du sacrifice j et s'unissoient même à Dieu à quiU étoit offert; de même que ceux qui mangeaient Us victimes offertes aux démons y èntroient en sociéU avec eux &, Si donc Jésus est notre victime , s'il est notre pâque , il doit avoir ces deux caractères : l'un d'être immolé pour nous à la croix , l'autre d'être mangé à la sainte table comme la victime de notre salut. Et c'est ce qu'il désiroit , avec tant d'ardeur y d'accomplir avec ses disciples. L'un et l'autre caractère devoit être également réalisé en sa personne : conune il devoit être immolé en son propre

(0 MatUi. XXVI. a6. Luc. uui. 19. — (*) LcAU m. 7. -« \}) L Cor- X. 18, 19, do, ai.

SUR L^ÉTANGILE. 499

corps y et en sa propre substance , il falloit qu'il fût mange de même : Prenez , mangez : ceci est mon corps /iVre pour vous : aussi véritablement mangé qu'il est véritablement livré; aussi présent à la table où on le mange , qu'à la croix où on le livre à la mort , où il s'offre épuisé de sang pour l'amour de vous.

Entrons donc, comme dit saint Paul (0^ dans les mêmes dispositions oU a été le Seigneur Jésus. S*il a désiré avec tant d'ardeur de célébrer cette pftque avec nous , ayons le même désir de faire la pâque avec lui. Cette pâque est la communion ; Jésus a faim pour nous de cette viande céleste ; il désire d'être mangé , et par ce moyen d'être en tout point notre victime. Ayons la même ardeur de participer à son sacrifice , en mangeant ce divin corps immolé pour nous. S'il est notre victime , soyons la sienne. Offrons nos corps, comme dit saint Paul , éunsi quune hostie viuante , sainte et agréable (^}. Mortifions nos mauvais désirs : éteignons en nous iOiUe impureté, toute avarice, tout orgueil (^) ; humilions-nous avec celui çui se sentant égal à Dieu , n'a pas laissé de s'anéantir lui-même, en se rendant oiéissant jusquà la mort , et à la mort de la croix (4). Prenons des sentimens de mort : si nous sommes à Jésus-^Christ , si nous le mangeons, em- ■ ci/ions notre chair avec ses vices et ses convoitises (^). C'est là notre pâque : notre pâque , c'est d'être unis avec lui , pour passer de cette vie à une meilleure y des sens à l'esprit, du monde à Dieu.

(>) PhOip, II. 5 (*) Ihm. zu. X. — i}) Coloss. lu. 5. — W Philip.

u. 6, 8. ^ C^) GaL y. a4.

5oO MÉDITATIONS

C'est à ce prix , que nous pourrons nous rendre dignes de manger avec Jésus -Christ la pâque qull a tant désii'ée , et de nous nourrir de la chair de son sacrifice.

XVIIL* JOUR.

JésuS'-Christ mange la pâque avec nous : nous devons la mang'er avec lui.

Lisez les mêmes paroles de saint Luc^ xxii. i5, i6 ; et appuyez sur ces mots : jivec vous : devwû que de souffrir,

Jésus y qui nous a institué un baptême, a vonla le recevoir lui-même : Jésus , qui nous a institué Teucharistie pour être notre pâqùe , a voulu avant toutes choses la recevoir avec nous. Il est notre chef, comprenons-le bien ; car c*est là le grand mystère de notre salut. Il est notre chef, et ce qui est fait pour nous, il le prend lui-même. Il cornmence en sa personne Tusage du baptême : il commence aussi en sa personile Tusage de Feucha* ristie. Quand il est baptisé, nousr sommes baptisés en lui : nous recevons aussi en lui Feucharistie qu il reçoit. Il ne faut donc point douter qa*ea rinstituaht il ne la reçoive : il ne faut, dis-je, point douter quMl n*ait mangé ce qu'il a présenté à ses disciples. Quoi donc , anra-t-il mangé sa propre chair? cela fait horreur. Homme charnel, que crai* gnez-vous, et jamais ne cesserez-vous d*écoater vos sens? Ignorez •vous le pouvoir de celui qui vous

SUR L*£VANGI1.E. 5oi

parle? S'il se donne lui-même à manger aux siens, d*ane manière qui loin de leur faire horreur, leur inspire de la confiance, du respect et de Famour; qui doute qu il n^ait pu se manger lui-même en cette sorte? Sans quoi il n auroit pas dit : Toi dé^ siré av^ec ardeur de manger avec vous cette pdçue (0. Or cette pâque, cet agneau pascal, nous avons vu que c'étoit son propre corps. Il le mange donc d*une manière aussi réelle, et tout ensemble aussi élevée au-dessus des sens, qu*il nous le donne : et c*est là sa pâque et la nôtre; c^est son passage et le nôtre. Je m'en vais, dit-il, ye monte vers mon Père et vers le vôtre, vers mon Dieu et vers le vôtre (^). Je monte vers lui, parce qu'il est mon Père et mon Dieu : vous y monterez aussi avec moi ; parce qu il est, quoique d'une autre manière, votre Père et votre Dieu. Nous avons donc vous et moi à accomplir ce passage, où nous passons du monde à Dieu. Mais quand Jésus retourne à Dieu, il retourne au sein de son Père, au lieu de son origine, à son lieu natal , pour ainsi parler, où il est toujours , et qu il ne peut jamais quitter : il retourne à son propre bien , à sa propre gloire : il retourne en quelque façon à lui-même : il vit de lui-même. La vie étoit en lui , comme elle étoit dans le Père : il est lui-même la vie : il est la nôtre , il est la sienne : il est la nôtre, et nous avons besoin de le manger; il est la sienne, et il n'a besoin, pour ainsi parler, que de se manger lui-même. C'est le mystère qu'il accomplit par cette pâque, qu'il désiroit tant de manger avec ses disciples. Nous le mangeons, nous vivons de lui :

(«) Luc. XXII. i5. — (») Joan. xx. 17.

il se mange , il vil de lui-même , et il retourne à son P,ère , pour jouir dans son sein de cette vie ; et c'est pourquoi il ajoute : Je vous dis en vérité^ que je ne mangerai point de cette pdque si désirée , jusqu'à et que le mystère en soit accompli dans le royaume de Dieu (0. Dans ce bienheureux royaume ma pâqoe sera accomplie ^ parce que j*aurai passé du monde à mon Père. Mais ma pâque^ c'est aussi la vôtre; et parce que je suis votre chef, et que vous êtes mes membres , il faut que vous fassiez le même passage. Mangez donc la victime du passage : mangez mon corps y et passez à Dieu avec moi : commencez à j passer en esprit : vous y passerez un jour en personne et selon le corps , lorsque vous ressusciterez par la vertu de mon corps, qui aura sanctifié le vôtre. Alors la pâque sera accomplie en vous, comme elle le va être en moi : vous passerez à ma gloire : votre corps y passera comme votre ame , et il sera revêtu d'immortalité : et tous ensemble , le chef et les membres, nous jouirons de la gloire et de la félicité de notre passage; et il n'y aura plus rien à désirer pour le parfait accomplissement de notre pâque. Célébrons-en donc, en attendant, le sacré symbole dans l'eucharistie, et mangeons avec Jésus- Christ la pâque si désirée.

Mon Sauveur, par combien de prodiges y signalez-vous votre amour envers nous ? C'est vous qui nous donnez ce sacré banquet. Vous êtes la vùinde qu'on y mange : vous êtes celui qui la mangez, puisque ceux qui la mangent sont vos membres, c'est-à-dire, sont d'autres vous-mêmes. Remplissons-

(0 Lue, xzii. 10.

SUR L^ÉVÀNGILE. 5o3

nous donc de Jésus -Christ : on lui est uni dans ce banquet corps à corps , ame à ame, esprit à esprit. Qui est digne de cette union , (*) [ sinon celut qui peut dire avec l'apôtre ; Je vis, non plus moi; mais Jésus-Christ vit en moi (0 : ] qui est déjà en quelque façon un Jésus-Christ , pour le devenir encore davantage en s'y unissant 7 Qu'il n'y ait donc plus rien d'humain en nous. Mei^étons-nous, comme dit saint Paul (2), de notre Seigneur Jésus-Christ , de sa bonté ^ de sa douceur , de son humilité , de sa patience , de son zèle, de son immense charité : ne respirons que le ciel , o& Jésus-Christ est assis à la droite de son Père : qu'il n'y ait plus que notre corps qui soit sur la terre ; mais que* nous vii^ions dans le ciel (3) , comme en étant citoyens. Soyons affamés de Jésus - Christ , de son royaume , de sa justice : car il est aussi aSamé de nous : il désire d'un grand désir de manger avec nous cette pâque; de nous unir à lui , et d'agir sans cesse sur nous et en nous par son esprit y pour nous rendre de plus en plus conformes à lui, jusqu'à ce qu'en nous mettant entièrement avec lui, nous lui soyons tout-àfait semblables, en le voyant face à face, et tel qu'il est (4). Et c'est là cette pâque qu'il accomplira dans le royaume de Dieuj dans le texte que nous méditons. Amen , amen.

(*) Les mots placés entre deux [ ] ne sont pas dans Toriginal.

(0 GaL II. 20. — (0 jRom. xui. ili^''^{^) Philip. m» 10.— 'C^J/./oan. jii. a.

5o4 MÉDITATIONS

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