XXIII.* JOUR
Fruit de Veucharistie : vi\fre de la vie de JésuS'*
Christ Ibid.
Mojf ame , tu as établi le fondement ; tu as cru en simplicité, par un simple acte. Epanche-toi maintenant , dans la méditation d'un si grand bienfait :
(OZuc. XIII. la.
Sas MÉDITATIONS
développe-toi à toi-même tout ce qu*il contient; tout ce que Jésus t'a donné par ce peu de mots. Vous êtes donc ma victime , ô mon Sauveur! mail si je ne faisois que vous voir sur votre autel et snr votre croix , je ne saurois pas assez que c^est à mo^ que c'est pour moi que vous vous offrez. Mais anîourd'hui que )e vous mange, je sais , je sens, pour ainsi parler, que c'est pour moi que vous vous êtes et fert. Je suis participant de votre autel, de votre croiz^ du sang qui y purifie le ciel et la terre, de la vii> toire que vous y avez remportée sur notre ennenùi sur le démon , sur le monde ; victoire qui vous ùit dire: Le monde vous affligera; mais, prenez courage; fai vaincu le monde (0^
Si vous vous êtes offert pour moi , donc vous m*ai* miez : car pour qui donne-t-on sa vie, â ce n'est pour ses amis ? Je vous mange en union avec votre sacrifice; par conséquent avec votre amour : |e}Ouis de votre amour tout entier , de toute son inunensite ; je le ressens tel qu'U est : j'en suis pénétré. Vous venez vous-même me mettre ce feu dans les entrailles , afin que je vous aime d'un amour semblable au vôtre. Ah ! je vois maintenant , et je codnois y que vous avez pris pour moi cette chair humaine ; que vous en avez porté les infirmités pour moi ; que c'est pour moi que vous l'avez ofièrte ; qu'elle est à moi. Je n'ai qu à la prendre , à la manger, à la posséder, à m'unir à elle. En vous incarnant dans le sein de la sainte Vierge, vous n'avez pris qu'une chair individuelle : maintenant vous prenez la chair de nous tous, la mienne en particulier: (O/oo/i^xYi. 33u
SUR L*ÉVANOILE. 5a3
TOUS VOUS Tappropriez y elle est à vous : vous la rendrez comme la vôtre par le contact, par Tapplication de la vôtre ; premièrement pure, sainte , sans tache; secohdement, immortelle, glorieuse : je recevrai le caractère de votre résurrection , pourvu que j*aie le courage de recevoir celui de votre mort. Venez, venez , chair de mon Sauveur; charbon ar* dent, purifiez mes lèvres, brûlez -moi de Tamour qui vous livre à la mort. Venez , sang que Tamour a fait répandre : coulez dans mon sein , torrent de flamme. O Sauveur ! c'est donc ici votre corps , ce même corps peroé de plaies. Je m*unis à toutes ; c'est par-là que tout votre sang s'est écoulé pour moi. Vous languissez , vous mourez , vous passez ; c'est ici votre passage : je passe , j'expii^ avec vous^ Que m'est le monde ? rien du tout. Je suis crucifié au monde , et le monde à moi. Il ne me plait pas, et je ne veux pas lui plaire. Il ne me goûte pas : tant mieux pour moi, pourvu que je ne le goûte pas aussi. La rupture s'est faite de part et d'autre : ce h*est pas comme quand l'un aime et l'autre hait : |e ne puis souffrir le monde , qui de son côté ne me peut souffrir : tel qu'est un mort à l'égard d*un mort , tel est le monde pour moi , et moi pour le monde. Heureuse rupture ! Mais le monde dira ceci, dira cela ; le monde dira que je veux encore lui plaire dans ma séparation : qu'importe qu'il dise? Je*suîs attaché à la croix avec Jésus - Christ : je vis^ non plus moij mais Jésus-Christ en moi : et ce que j* ai de vie dans la chair , je l'ai en la foi du Fils de jyieu, qui m* a aiméj et s'est livré pour moi (0^ (0 G(U» u. 19, ao. Ti. ]4>
5a4 MÉDITATIONS
Si je suis encore touché d'un amour humain , je vis encore : si je hais celui qui me hait , |e vis encore : si je ressens les injures , je vis encore : à je suis touché du plaisir , je vis encore : si la douleur me pénètre , je vis encore. Adieu , adieu ; )e m'en vais ; je ne suis plus de rien ; je ne. suis plus moi^ c*est pour Jésus-Christ que je vis ; c'est Jésus-Chrisî qui vit en moi. C'est ainsi qu'il fandroit être : c'est le fruit de l'eucharistie : ha , que j'en suis loia ! mais je n'y viendrai que par elle.
XXIV/ JOUR
Par la communion , lefidkle consommé en un avec JésuS'Christ. Matth. xxvi. a6.
Ceci est mon corps (0 : c'est donc ici la consommation de notre union avec le Sauveur : son corps n'est pas à lui , mais à nous : notre corps n*est pas à nous ,■ mais à Jésus-Christ. C'est le mystère de la jouissance : le mystère de l'Epoux et de l'Epouse. Il est écrit : Le corps de l'Epoux n est pas en sa puissance, mais en celle de l'Epouse W. Sainte Eglise, chaste Epouse du Sauveur ; ame chrétienne , qui l'avez choisi pour votre Epoux dans le baptême , en foi y «et avec des promesses mutuelles ; le voyez-vous ce corps sacré de votre Epoux ; le voyez* vous sur la sainte table oik on le vient de consacrer ? Il n'est plus en sa puissance , mais en la vôtre : Prenez-le^ dit - il , il est à vous : C'est mon corps livré pour
(0 Matth. xxTi. 26. — C») /. Cor. vu. 4,