VI
Qui mange ma chair çt boit mon sang demeure en moij et moi en lui (0. Le grand don après lequel soupirent les chrétiens, est celui de la persévérance, qui uous assure la couronne, qui nous unit, qui nous incorpore à Jésus-Christ , pour nous faire éter* nellemeùt un avec lui, sans jamais en pouvoir être séparés. Voilà le grand don de Dieu ; celui qui est joint à sa prédestination éternelle : et Jésus «Christ nous apprend qu*il y a dans Feucharislie une grâce particulière pour nous Fobtenir. Si donc nous voulons persévérer dans la vertu ; il faut communier, et communier souvent ; car c^est le plus puissant moyen qui nous soit donné, pour obtenir la persévérance W : c'est le pain des chrétiens, leur nourriture ordinaire , et de tous les jours. O mon Dieu , que les chrétiens ont le cœur dur , puisqu'ils vienpcnt si rarement à la sainte table. ! S'ils goûtoient Jésus-Christ crucifié, ils viendroient célébrer souvent le mystère de cette mort. On est touché le Vendredi ^aint, à cause qu'on y célèbre la mémoire de la mort du Sauveur. Venez, mes enfans, c*est tous les jour^ le Vendredi saint; tous les jours on érige le Calvaire sur le saint autel. Venez, et souvenez-vous de cette mort qui est votre vie; venez recevoir un sacrement,
(0 Joan, VI. 57. — (») Ihiéi a4> ^7»
SUIl L^ÉVÀVGILB. 6oi
oùTon apprend à demeurer en Jésus-Christ, oîi Ton reçoit l^ force , le courage , la grâce d*y demeurer.
Mais aussi on doit trembler, quand on retombe dans ses fautes après la communion ^ puisque Jésus- Christ ne dit pas: Celui qui mange ma chair, est ^/i moi (0 ; mais il y demeure attaché : ni Je suis en lui; mais J*y demeure y et je ne le quitte jamais. Jésus est fidèle ; il ne nous quitte jamais le premier. Il yient bien à neus le premier ^ mais jamais il n est le premier qui quitte : c'est nous qui le quittons, quand nous tombons dans le péché. Malheureux ! nous devons bien craindre de ne Tavoir pas reçu comme il faut : car nous serions 4<sincuré$ en lui : et hélas ! nous l'avons quitté. Le recevoir cqmme il faut, c'est le recevoir en détestant ses péchés , en éloignant les occasions de le commettre ; en cherchant dans Teucharistie le soutien de notre foiblesse et de notre instabilité.