‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 21 sur 189 · XXVIIL- JOUR · texte numérisé non relu

XXVIIL- JOUR

Du Jeûne. Matth. vi. i6, 17, i8.

Jésub-Christ joint ici la doctrine du jeûne à celle de loraisùti et de Vaumône. Ce sont trois sacrifices qui vont ensemble y selon cette sentence de Tobie (0 : Voraison est bonne ai^ec le jeûne et raunïone. Par Faumôney on sacrifie ses biens: par le jeune ^ on immole son corps : par Toraison , on offre à Dieu les affections y et, pour ainsi dire, le plus pur encens de son esprit.

Ce qui est dit ici du jeûne, est semblable à ce qui est dit de Toraison et de Taumône ; qu'il ne faut le faire que pour Dieu seul , et à ses yeux , sans 9ucune vue des hommes. Lors pourtant qu on a mal édifié l'Eglise, en négligeant ce qu'on devoit obsei*ver; il est bon de l'édifier sans affectation par des observances plus sévères. Mais cela demande beaucoup de précaution , et il y faut éviter l'ostentation , comme la peste des bonnes œuvres.

Par le jeûne , il faut entendre toutes les autres austérités par où l'on mortifie son corps. Il les faut soigneusement cacher , et n avoir, pas un air triste comme les hypocrites : mais oindre sa tête et lax^er sa face : témoigner à tout le monde de la douceur et de la joie : n'être pas comme ceux qui portant impatiemment les austérités, semblent s'en prendre à tous ceux à qui ils parlent ^ en les traitant du-

(0 Tob, XII. 8.

fj(y MÉDITATIONS

rement, et leur devenant fôcheux. L'austérité qu^on a pour soi-même doit rendre plus doux , plus Irai* table; corriger , et non exciter la mauvaise humeur. C'est ce que signifie cette onction de la tête, et ce visage lavé : c'est la douceur et la joie.

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