‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 33 sur 189 · XLIV.' JOUR · texte numérisé non relu

XLIV.' JOUR

Demander par Jésus-Christ : Qualités d'une parjaii$

prière. Joan. xvi. 23, 3j.

Il faut apprendre à demander par Jésus-ChrisL Demander par Jésus-Christ, c'est demander ce qu*il commande ; c'est demander sa gloire ; c'est interpo» ser le nom du Sauveur; c'est mettre sa confiance ea ses bontés, et aux mérites infinis de son sang. Ce qu'on demande par le Sauveur doit regarder principalement le salut; et le reste comme un accessoire. En demandant en un tel nom, auquel le père ne peut rien refuser, on est assuré d'obtenir; car Jésus- Christ Ta promis : et douter, c'est faire Jésus-Christ men leur. En vérité , en vérité je vous le dis : Si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom , il x^ous le donnera (0.

Quand donc on n'obtient pas, il faut tenir pour assuré qu'on a mal prié, selon ce que dit saint Jacques (^) : fous demandez^ et n obtenez pas, parce que vous demandez mal, pour avoir de quoi satisfaire vos maui^ais désirs.

(0 Joan. XVI. a3. — C») /ac. iv. 3.

SUE L^ÉVÀNGILE. 98

Demander mal, cesi demander sans foi, comme dit le même saint Jacques (0 : Si vous a%^ez besoin de la sagesse^ demandez-la; mais demandez-la av^ec faisons hésiter: sans craindre, en croyant certailement que vous obtiendrez si vous demandez bien , si vous demandez avec foi , si vous demandez avec persévérance.

Le Sauveur ne nous donne pas ce que nous demandons contre notre salut. Demandons notre con- Tersion : attachons- nous à cela : nous Tob tiendrons.

Ame religieuse ! le fruit de la doctrine de Jésus- Christ sur la prière , doit être principalement d*étre fidèle aux heures qu^on y consacre. Fussiez- vous distraite au dedans y si vous gémissez de Tétre , si vous souhaitez seulement de ne Tétre pas , et que vous demeuriez fidèle , humble et recueillie au dehors ; l'obéissance que vous y rendez à Dieu , à FCglise , et à la règle , en conservant les génuflexions, les inclinations , et tout le reste de l'extérieur de la piété , conserve l'esprit de prière. On prie alors par état , par disposition , par volonté : mais surtout , si oa shumilie de ses sécheresses et de ses distractions. 0 que cette prière est agréable à Dieu ! Qu'elle mortifie le corps et l'âme 1 Qu'elle obtient de grâces, et qu elle expie de péchés !

(0 Jac, I. 5 , 6.

i! MÉDITATIONS

XLV/ JOUR

jibrégé de la morale chrétienne^ et h quoi elle si termine. Mattb. vu. la, ao.

Faites comme vous voulez qu'on vous fasseéSim de plus simple que ce principe : rien de plus étendi dans la pratique : toute la société humaine y est ren fermée. La nature même nous enseigne cette règle Mais Jésus-Christ l'élève, en ajoutant : C'est ici lak elles prophètes (0. C'en est le précis^ et Fabrégé d toute justice. La racine en est dans ce précepte Vous aimerez votre prochain comme vous-même (^!

Efforcez-vous (3). Le salut ne doit pas être entn pris aveo mollesse. La porte est étroite par la mort fication , la pauvreté , et la pénitence. Le chemi est large dans la licence. Le gi^and nombre , le peti nombre : sujet infini de méditer , et inépuisable cor solation pour les humbles.

Un bon arbre porte de bons fruits : un mauvm arbre en porte de mauvais (4) : Cest ce qui fait dis cerner la bonne pénitence d'avec la mauvaise.

Etrange état d*une créature raisonnable y qu faute de porter de bons fruits, n'est plus propi^ qu pour le feu.

Vous connottrez les bons arbres par leurs fruits {^) et non par leurs feuilles; c'est-à-dire, par leurs œu

(0 Afatth. VII. la. — (») lùid, xxii. Sq. — 0) Ibid. vu. i3, i4* vO Ibid, I7y i8y 19. — t^) IU<L 20.

SUR L ÉVANGILB. gS

vreSy non par leurs paroles. Le figuier que Jésus- Christ maudit avoit des feuilles :' mais parce qu*il navoit pas de fruits ^ Jésus-Christ le rendit sec. Que jamais fruit ne naisse de toi (0. Par punition d^étre infructueux , il le devient encore davantage. Si on ne produit des fruits dans le temps, et lorsque le maître en attend ^ il vient un temps qu'on n'en peut produire aucun.

Un sage confesseur doit demander kson pénitent èa fruit et non des feuilles. Il ne faut pas se contenter de l'apparence d un bon arbre dans ses £ipilles y ni des fruits commencés dans la fleur. Il faut de vrais fruits : autrement il a raison de douter que la pénitence soit sincère.

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