‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 47 sur 189 · VII.' JOUR · texte numérisé non relu

VII.' JOUR

Caractère d'humiliation dans le triomphe même du Sauveur. Jalousie des pharisiens. Joan. xii. 18, etsuiv. Matth. xxi. i5, 16. Luc. xix. 89, 4^.

Le règne du Sauveur devoit être glorieux et éclatant, quoique d'une autre gloire et d'un autre éclat que celui que les Juifs charnels s'étoient imaginé. Nous avons même vu que Jésus satisfaisoit en quelque façon j même à cette attente grossière d'une royauté sur la terre j par la pompe de ce jour ; et leur montroit que rien ne lui étoit plus aisé que de se faire reconnoitie pour roi par tous les peuples , et qu'il y avoit à cela des dispositions merveilleuses. Mais afin de ne point sortir de ce caractère d'humiliation et de persécution , qui devoit le suivre partout jus-

CO /. Cor, III. 16, 17. — V») IbiJ. Yi. 19.

l5s MÉDITATIONS

qu au dernier jour, il falloit qu'il y eût de la contradiction dans son triomphe ; et ce caractère y parott dans I4 jalousie des pontifes, des pharisiens, et des docteurs.de la loi. Cette jalousie nous est expliquée par cette parole de saint Jean ; pendant que tont le monde alloit au-devant du Sauveur , et lui applandissoit , les pharisiens se disoient les uns aux autres: Que ferons-nous : tout le monde court après Ziu (07 C'est ce qu'ils ne pouvoient souffrir ; et c'est ce qui leur fit dire deux paroles qui sont marquées dans les Evangiles.

La jalousie les dévoroit; et pendant que jusqu'aux enfans , tout crioit qu'il étoit le fils de David , ils lui disoient : Maître , réprimez vos disciples. En' tendez 'VOUS bien ce çuils disent? Il leur répondit deux choses : Tune , N'aidez - vous jamais lu ce q\d est écrit : Vous auez tiré la louange la plus parfaite de la bouche des petits enfans ^ et de ceux qui sont à la mamelle W? Vous devez-vous donc étonner, si dans un âge plus avancé les enfans rendent à Dieu en ma personne des louanges et un témoignage plus éclatant? Si vous £^viez la simplicité et la sincère disposition d'un âge innocent , vous loueriez Dieu comme eux ; comme eux vous honoreriez celui qu'il envoie : mais votre envie, votre fausse gloire, votre hypocrisie et votre fausse politique vous en empêchent. Dépouillons-nous de tous ces vices , et revétons-nous de l'innocence et de la simplicité des enfans, pour chanter sincèrement et purement les louanges de Jésus-Christ.

(0 Joan, xn, 19. — (0 Luc. xix. 39. 3fatth, xxi. iS, >€L Ps, VIII. 3.

sua l'évahgile. i53

L*aatre réponse du Sauveur sur ce reprocbe des pontifes et des docteurs de la loi : Si ceux - ci se taisent, leur dit -il (0, fe^^ pierres mêmes crieront, Dieu est assez puissant, disait Jean - Baptiste W ^ pour /aire naître même de ces pierres, les enfans Jt Abraham ; et des cœurs les plus endurcis , en fiure de vrais fidèles. Le temps devoit venir ^ et DftoitTenUy que la gloire de Jésus -Christ retentiroit si hautement par toute la terre y que les gentils s'assembler oient à cette voix ; et que Dieu seroit adore par un peuple ^ qui jusqu'alors ne le connoîssoit pas y et qui dormoit endurci dans son péché. O ]tterreSy ô cœurs endurcis , éveillez-vous , attendrissez-vons à cette parole du Sauvetu*.

VIII/ JOUR. Le même sujet. Ibid.

Psif DÀKT que les peuples applaudissoient au Sauveur, et en portoientles louanges jusqu'au ciel , ses ennemis , non contens de faire paroitre dans leurs paroles y leur envie qu'ils ne pouvoient retenir, faisoient de secrètes menées pour le perdre, et y étoient même animés par la gloire d'un si beau jour. C'étoit encore un trait de ce caractère de persécution qui le devoit suivre, et qui le suivit en elfet jusqu'à la fin.

Contemplons ici les efiets de la jalousie : c'est une des plus grandes plaies de notre nature. Jésus-Christ ,

(») léUc XIX. 4o. — W Matth. m. 9.

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qui étoit venu pour la guérir, en devoit sentir te la malignité ; et les souffrances que Tenvie lui voit causer, dévoient servir de remède à son vei L'envie, c*est le noir et secret effet d'un org foible, qui se sent ou diminuer^ ou effacer pa moindre éclat des autres^ et qui ne peut sont la moindre lumière. Cesl; le plus dangereux v< de l^amour- propre y qui commence par consu celui qui l,e vomit sur les autres, et le porte attentats les plus noirs. Gai* Torgueil naturellen est entreprenant , et veut éclater : mais Tenvi cache sous toute §orte de prétextes , et se platt {dus secrètes et aux plus noires menées. Les m sances déguisées , les calomnies , les trahisons , les mauvais artifices en sont Toeuvre et le part Quand par ces tristes et sombres artifices elle a gné le dessus, elle éclate, et joint ensemble co le juste, dont la gloire la confond, Tinsulte e moquerie , avec tonte Tamertume de la haine , e derniers excès de la cruauté. O Sauveur ! ô Ju ô le $aint des saints ! c'est ce qui devoit s'accom en votre personne.

Déracinons Tenvie : et dans le moindre de effets que nous ressentirons dans notre cœur , i cevons toute la malignité çt toute Thorreur < tel poison.

' SUR L ÉVANGILE. iSS

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