‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 49 sur 189 · XI^ JOUR · texte numérisé non relu

XI^ JOUR

Suivre Jésus h Vhumiliation, à la mort. Joan. xn. a6«

Celui qui me veut sentir ^ qu*il me suivie (0 ; qu'A m'imite y qu il soit avec moi y qu'il passe par les mêmes voies : mon Père Vhonorera à ce prix, comme il m'a honoré moi-même. Il a fallu tout perdre, tout abandonner, tout prodiguer, tout haïr. Marche après moi, chrétien, si tu veux anùver oJli j'arrive. Marchez, Jésus, je vous suis. En aurai-je le courage? Hélas! vous me dites comme à Pierre :' 2i«, ne peux pas encone me suiure : mais tu me suivras dans la suite (^}. O Sauveur ! je ne dirai pas que je vous suivrai partout : je n'ose le dire : je sens flia foiblesse. J'en ai le désir : aidez ma volonté foible : inspirez-moi une volonté forte et courageuse.

Voyez comme Jésus donne lui-même à son entrée triopiphante le caractère de mort. C'étoit sa coutuige : dans la gloire , il rappeloit toujours la mort. Ainsi dans le Thabor même, où il ifut enlevé et transfiguré d'une manière si admirable. Moïse et Élie qui étoient venus l'honorer en cet état, et s'entretenoient avec lui, ne lui parloient que àe la manière dont il devoit sortir de ce monde dans Jé^ rusalem (^) , en accomplissant toutes les anciennes prophéties, et toutes les figures de la loi. Et en sortant de cette gloire, il n'est plein que de sa mort^ et il défend à ses disciples de parler de ce qu'ils

CO Joan. XII. 26, — (») Ibià. xiu. 3C. — (3) Luc. ix. 3i,

avoient

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moieni VU, jusifu à ce çu il JiU ressuscité des moris (0. II fidloit donc mourir : et c est ce qu'il vouloit que Ton comprit bien, afin qu'on vît le chemin quon avoit à suivre après lui, pour arriver à la résurreotioa et à la gloire,

ÀGGOutumons-nouSy à l'exemple de Jésus, dans tout ce qui nous flatte de rappeler toujours en notr^ e^it y le plus vivement que noua pourrons , la pensée de la mort. Mais accoutumons-nous à join'»dre toujours ces deux idées : gloire et plaisir de la tore y étemelle confusion; et encore ces deux-ci^ croix et mortification , gloirje et félicité éternelle* Cest à force d'y penser souvent^ qu*on joint en-^ semble des idées qui paroissent à éloignées l'une de l'autre : mais plutôt c'est à force d'entrer dans cette pratique. Il faut faire autant qu'on peut violence aux sens , de peur qu'ils ne prévalent et ne nous sédttiaent.

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