‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 50 sur 189 · XII.- JOUR · texte numérisé non relu

XII.- JOUR

Caractère d'humiliation et de mort dans le triomphe de Jésus. Le trouble de son ame est notre instruc-^ tion, et notre remède. Ibid. 27 , 28.

Jésus continue à donner à son entrée glorieuse le Caractère d'humiliation et de souffrance. Maintenant mon ame est troublée ip). Quoi, troublée de 'Votre gloire, 'dont vous venez de dire : L'heure est 'venue que le Fils de l'homme va être glorifié (3) ?

(0 MaUh. XVII. g. — (») Joan, xii. 27. — P) Ibid, a3. BOSSUET. IX. I I

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Pourquoi ? sinon , parce qu'il voyoit ^ comme oi vient de dire , sa gloire unie à son supplice : supplice si rigoureux et si plein d'opprobre, qu'il dit lui-même à son approche : Maintenant mon amt est troublée. Voici le commencement de ison agonie : de cette agonie qu il devoit souffrir dans le jardin des Olives : de ce combat intérieur où il devoit combattre contre son supplice y contre son Père en quelque façon , et contre lui-même. Mon Père, d QH>iis voulez : s'il se peut : non ma volonté, mais le vôtre (0. Voilà donc k ce coup une volonté dans le Fils y opposée en quelque façon à la volonté de son Père. Elle lui cède, il est vrai ; mais elle est : elle se fait sentir au Sauveur : elle se déclare jusqu'aux yeux du Père céleste.

- O Jésus , mon ame est troublée de votre trouble! A qui sera notre recours, si vous êtes troublé vousmême, vous que nous réclamons dans notre infirmité? C'est le mystère : il nous porte en soi : il transporte sur lui-même notre trouble , et le porte dans sa sainte ame. Notice infirmité est passée à lui : et c'est ainsi qu'il nous fortifie; premièrement, par l'exemple qu'il nous donne ; secondement , par la force qu'il nous mérite.

Par l'exemple ; car s'il n'avoit senti cette répugnance naturelle à la mort, et cette horreur naturelle de la douleur et du supplice , nous n'apprendrions pas de lui à dire dans nos douleurs : f^otre volonté soit faite, et non la mienne. Cette instruction nous manqueroit.

Par le mérite : s'il ne souffioit pas , il n'offriroit

(0 3latth, xxTi. 39. ■

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p«nt de sacrifice , ou le sacrifice ne lui coùteroit rien ; et ainsi il ne seroit pas un vrai sacrifice.

O mon Sauveur ! par le trouble de votre sainte ame, guérissez le trouble de la mienne. Votre trouble , ni ne venoit du pëché , ni ne portoit au pëché. Cétoit un trouble volontaire et mystérieux. Vous portiez en vous le mystère de la puissance perfec^ thnnée dans l' infirmité (0. C'est le grand mystère delà grâce chrétienne, qui se commence dans le dief y et s'accomplit dans les membres.

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