‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 62 sur 189 · XXXII/ JOUR · texte numérisé non relu

XXXII/ JOUR

'Les pauvres et les infitmes sont les confiés au/estùu Forcez-les d'entrer. Matth. xxu. 8, g. Laczzr. AI y a3.

Lb festin est prêt : mais ceux çuijr étaient inyùés, n'en ont pas été jugés dignes. Où trouvera-t*OQ dès convives? Allez dans les coins des mes, et amemez' moi tous ceux que vous trouv^erez (0; les bens, les mauveds > les ptsuxfres, les estropiés j les aveugles et les boiteux (^}.... Je né suis pas venu t^peler les justes, mais les pécheurs (?). Les pharisiens et ks docteurs de la loi^ qui présumoient de leur )u&« tice f ont été exclus' : car ils se sont heurùk contre la pierre , et Us ont trébuché, en venant à moi^ non point par la foi, mais comme par leurs œuvres (4), et par leurs pi*opres mérites ; en recherchant , non point un médecin qui les guértt, et un Sauveur qui les délivrât^ mais un flatteur qui applaudit à leur fausse vertu. Je n*en veux point : ils s^en iront vides y ceux qui viennent à moi comme pleins et comme riches par eux-mêmes : divites diicisit »▲- MBS, comme chante la sainte Vierge (^). Amenezmoi les premiers venus : s'ils sont vides ^ )e les remplirai; s'ils sont pauvres, je leur ferai part de mes richesses; )e les redresserai, s*ils sont boiteux; je les éclairerai, s'ils sont aveugles; je leur ouvrirai

(0 Mauh, XXII. %y Q..— (>) Lue. xiv. ai. — \?')Âîûttk. vl, i3.-« (4) Boni. IX. 3a, 33. — \^) Imê, l ^3.

SUR l'évâhgile. an

roreille, s*îls sont sonrds : c'est pour cela qae \6 suis venu. Lisez-le dans saint Matthieu : Je suis venu j afin que ceux qui né voient ptis soient éclairés ,, et que ces superbes clairvoyans qui s'imaginent tout voir par eux-mêmes , et sans ma lumière / soient m^eugtés (0. Venez , foibles; venez, pécheurs; ne rougissez pas d'apporter ici tos pieds engourdis , et vos membres tors : la grâce de Jésus<!hrist vous redressera.

Les pharisiens ne se laissoient approcher que de ceux qu'ils croyoient justes ; ils disoient, Ne me tour diez pas , ne m'approchez pas : «Si celui^i étoit un pro^ phhte , il sauroit que celtefemme qui Rapproche, et qui lui baise les pieds, est pécheresse (3). Mais il n'en ëtoit pas ainsi de Jâus-Ghrist et des apôtres : ils amenoîent au festin tous ceux qu'ils trouvoient , bons et mauvais; les bons pour les confirmer, les mauvais pour les convertir : et c'est ainsi qu'ils remplirent la maison de Dieu.

Forcez-les d'entrer (3). S'il n*y avoit pas dans la grâce une espèce de violence , Jësus - Christ ne diroit pas : Personne ne vient à moi que mon Père ne le tire. Et encore : Quand f aurai été enlevé de terre , je tirerai tout à moi (4).

Les' prédicateurs de TEvangile doivent user au dehors d'une espèce de force : Pressez, priez, reprenez, corrigez, non-seulement ai^ec toute patience et toute doctrine, mais encore ai^ec tout empire : parlez a propos , et hors de propos : ne souffrez

C») Maûh. XI. 5, i5. XY. 3o, 3i. Luc, ly. i8. Joan. ix. Sq. — W £ttc vu. 39. — ^') ihid. XIV. 23. *- C^) Joén, Tl. 44* «"• 32.

âia MÉDITATIONS

pas qu*on vous méprise (0. Cette force est salutaîi^, et la foiblesse humaine en a besoin.

Les fidèles ^ grands et petits , se doivent servir da pouvoir qu ils ont , avec prudence toutefois et modération, pour réprimer les scandales , et abattre le règne de Tiniquité. Les hommes veulent quelquefois être forcés y et une douce violence prépare les esprits à écouter.

Enfin forcez -vous vous-même : n'agissez point mollement : employez tout pour dompter votre corps rebelle , et vous engager dans la voie étroite;, en sorte y s'il se peut, que vous ne puissiez reculer.

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