XLI. JOUR
Immortalité de famé ; résurrection des corps.
Luc. XX. 37 , 38.
Or que les morts ressuscitent. Moïse même vous Va dit (^). Il va à la source , et il leur allègue les paroles du législateur , et le fondement de l'alliance. Je serai ton Dieu, dit Dieu à Abraham (4) : et c'est sur cela que l'alliance est fondée. Et depuis il s'est toujours appelé le Dieu d Abraham^
(») //. Cor. iT. 18. - (>)Z>A. V. 3, la. — (3) Xifczz.37.- W Gc/i. XVII. 7,8.
SUR t/évaitgile. aSg
Dieu à'Isaac , le Dieu de Jacob, Et c*est ainsi 'il se qualifia , quand il apparut à Moïse pour Qvojer \ son peuple : Je suis le Dieu de ton re , le Dieu d'Abraham , le Dieu d'Isaac y le 'eu de Jacob. Et après : Va , dit-il y et dis aux fans d Israël : le Seigneur Dieu de "vos pères; Dieu d'Abraham j le Dieu d'Isaac , le Dieu de cob : c'est là mon nom à jamais , et c'est là m tnémorial j et le titre sous lequel je veux être nnu de génération en génération (0. Or Dieu ist pas le Dieu des morts i'^)^ ni le 'Dieu de ce li n'est plus. Les morts ^ à les regarder comme orts, dorment dans le sépulcre; le Seigneur ne m souvient plus , et ils ne sont plus sous sa ain (3). Mais il n'en est pas ainsi des âmes saintes , îs âmes des amis de Dieu : car s'ils sont morts à fgard de Thomme^ ils sont vitrons pour Dieu. Ils fUi vii^ans sous ses yeux et devant lui; et encore: r sont vi^ans pour lui (4). S'ils ont perdu le repart'qu'ils avoient à leurs corps et aux autres ommes , ils avoient un autre rapport à Dieu , qui sa faits à son image, et pour en être loué. Ce rapon ne se perd pas : car si le corps se dissout et 'est plus animé de Tame , Dieu pour qui l'ame a Lé faite y et qui porte son empreinte , demeure >ujours. Ainsi les amis de Dieu subsistent toujours ar le rapport qu'ils ont à Dieu. Et c'est Jiouruoi il se dit leur Dieu, non-seulement durant leur ie, mais encore après leur mort. Car leur vie a té trop courte pour donner à Dieu une dénomi-
(0 Ex. m. 6, i5. — (») Luc. xx. 38. — 'X Ps. (.xxxvii. C. — 0 Luc, XX. 38.
St/^O MÉDITATIONS
nation éternelle. Or le titre de Dieu d* Abraham, d'Isaac et de Jacob , est éternel. Dieu donc se dit leur Dieu y parce qu'ils vivent toujours devant lui, et qu'il les tient sous sa face : et comme dit Ta* poire saint Paul (0 : Dieu ne rougit pas de iétp^ peler leur Dieu, parce quil leur a bdtt une ville permanente , et qui avoit des fondemens étemelsm Autrement, comment n'auroit-il pas honte de s*appeler leur Dieu, s*il les avoit abandonnés, et ne leur eût laissé pour demeure cpi'un tombeau? Ds sont donc vivans devant lui : et ce qui leur convient, convient à tous les enfans de Dieu; puisque c'est le fondement de Falliance , à laquelle par conséquent tout le monde a part. Car ce même Dieu qui se dit le Dieu d'Abraham, se dit en même temps le Dieu de nos pères , et en disant à Abraham : Je serai ton Dieu, il a ajouté: et de ta postérité après toiip). Il leur a donc également destiné cette demeure éternelle.
On dira que Jésus ne prouve que l'immortalité des âmes, et non pas la résurrection des corps. Mais la coutume de l'Ecriture est de regarder une de ces choses comme la suite de l'autre. Car, si on revient à l'origine, Dieu avant que de créer Tame, lui a préparé un corps. Il n'a répandu sur nous ce souffle de vie, c'est-à-dire, l'ame faite à son image, qu'après qu'il a donné à la boue, qu'il manioit si artistement avec ses doigts tout-puissans, la forme du corps humain. Si donc il a fait l'ame pour la mettre dans un corps, il ne veut pas qu'elle en soit éternellement séparée. Aussi voulut->il d'à-
(0 Heb, XI. 10, i6. — C») Gtn.xyii. 7.
bord
SUR L*ÉVÀITGILÉ. 24I
bord qa*elle y fût unie éternellemétit , puisqu'il avoit fait rhomme immortel , et que c'est par le péchë que la mort a été introduite sur la terre. Mais le péché ne peut pas détruire à jamais Foéfavré de Dieu : car le péché et son règne doit être luimême détruit. Alors donc fhomme sera rétabli danb son premier état : la mort mourra ; et Tàme sera réanie à son corps , pour ne le perdre jamais. Cfir lé péché qui en a causé la aésunion ne sera plus, lia donc prouvé aux sadducéens plus qu'ils ne vou^ loienty puisqu'il leur a prouvé non - seulement la r^un^ection des corps ^ mais encore la subsistance étemelle des ames^ qui est la racine et la cause fondamentale de la résurrection des coi-ps , puisque l'ame à la fin doit attirer après elle le corps , ^'on lui a donné dès son origine pour son éternel Compagnon.
Que reste^t-il donc après cela, sinon de nous t'éjouir avec les pharisiens, de ce que Jésus a fermé ia bouche aux sadducéens (0, qui ne vouloient croire ni la résurrection, ni la subsistance des âmes après la mort. Le Sauveur les a confondus : il est allé d'abord à la source de Terreur, en leur prouvant l'immortalité des âmes. Joignons-nous donc à ces docteurs de la loi , qui , ravis de ce qu'il venoit de dire, s'écrièrent avec une espèce de transport : Mattre^ vous avez bien dit (^). Mais ce n'est pas de vains applaudissemens que Jésus cherche. S'il â bien dit , profitons de sa doctrine. Vivons comme
devant étemelleihent vivre : ne vivons pas comme #
(0 MatL XXII. 34, — W Luc. XX. 39.
devant mourir, pour terminer tous nos soins à cette vie : songeons à cette vie qui nous est réserva éternellement devant Dieu , et pour Dieu. Commençons donc dès à présent à vivre pour lui , puisque c*est pour lui que nous devons vivre dans Fétemité. Yivons pour lui : aimons-le de tout notre cœur : c*e8t ce qu^il nous va enseigner dans la lecture suivante.